ASSEMBLÉE NATIONALE/RENTRÉE
POLITIQUE DU GROUPE PARLEMENTAIRE PDG
"La
gabonisation de l'économie gabonaise est une
affaire de sécurité nationale"
Charles Mba qui a essuyé les
plâtres dans la série de conférences-débats
organisées par les parlementaires du groupe PDG,
s'est employé à démontrer la nécessité de
consommer les produits locaux.
APRÉS le mot d'ouverture du
président du groupe parlementaire PDG à
l'Assemblée nationale, Luc Marat Abyla, qui, une
fois de plus, a rappelé les objectifs visés a
travers l'organisation des conférences-débats
lors de la rentrée parlementaire , le ministre
délégué auprès du ministre de l'Economie, des
Finances, du Budget et de la Privatisation,
Charles Mba, a été invité par le président de
séance, Emmanuel Laté, à venir présenter le
"Bilan de la gabonisation de l'économie
gabonaise".
Bien qu'il ait refusé de se
mettre dans une posture d'imposteur en se
faisant attribuer l'étiquette de professeur,
comme l'a malencontreusement fait le modérateur,
le ministre Charles Mba n'est pas moins pourvu
des qualités d'un universitaire. Tant son exposé
ressemblait à un cours magistral qui mêlait
clarté, prestance et méthodologie.
Devant les parlementaires non
moins aguerris en matière d'économie et de
finances publiques, l'orateur a décliné la trame
de sa réflexion par rapport au sujet proposé. Si
en introduction Ie membre du
gouvernement s'est borné à
aire l'historique de la gabonisation de
l'économie, qui selon lui avait pris son envol
au tout début des années 70, mais qui s'est
accélérée à la suite de la crise économique du
milieu des années 80, dans le débat de fond il a
présenté les objectifs de celle-ci, les
instruments de sa mise en oeuvre, les résultats
obtenus et en dernier ressort les facteurs de
blocage et les réformes en cours tout en
définissant ce qu'il entend par gabonisation de
l'économie.
D'emblée, il a fait savoir
que la gabonisation de l'économie ne signifie
nullement le fait de remplacer les anciens
colons par les nationaux dans les postes de
responsabilité, mais plutôt le fait de permettre
la prise en main par les Gabonais du processus
de développement économique et social, en
mettant fin au contrôle des secteurs clés de
l'économie par des capitaux étrangers, en
favorisant la promotion des Gabonais à des
fonctions de responsabilité dans les entreprises
et en encourageant de quelque façon que ce soit
l'éclosion d'une classe d'entrepreneurs
gabonais.
VOLONTE POLITIQUE•Pour
atteindre ces objectifs qui ne cachaient
nullement la volonté politique des autorités,
notamment du chef de l'Etat de créer une élite
entrepreunariale dans notre pays, il fallait
avant tout mettre en place un cadre Juridique
"protecteur". Caractérisé
notamment par l'élaboration
d'une batterie de lois, d'ordonnances et de
décrets pour justement permettre aux Gabonais de
facilement créer des entreprises.
Cette mise en place du cadre
juridique a été suivie par la création des
institutions et instruments financiers et de
conseils à l'image de la BGD, la BNCR, le Faga,
le Fodex..., pour ce qui est des instruments
financiers, de Promo-Gabon et l'APIP en ce qui
concerne les instruments de conseils.
A côté des mesures
susmentionnées, l'orateur a également mis en
exergue les actions directes entreprises par l'Etat.
Lesquelles se mesurent en terme d'investissement
important consenti dans le système de formation
et l'attribution des bourses d'études, pour ne
citer que ces deux exemples.
En dépit de cette volonté
politique, les mesures d'accompagnement et
d'incitation semblent avoir été timides sinon
inopérantes, d'autant qu'à l'aune des résultats
de cette gabonisation de l'économie, il n'y a
nullement lieu de se gargariser : moins de 500
entreprises créées par an de 1986 à 2000, plus
de 1000 entreprises créées de 2000 à 2005 et
plus de 2000 entreprises de 2005 à 2008. tout en
incluant, statistiques aidant, le fait que 60%
de ces entreprises disparaissent avant 3 ans.
Aussi l'orateur souligne-t-il que dans le
dernier exemple, au moment des fêtes tournantes,
beaucoup d'entreprises se créent puis
disparaissent sitôt l'argent perçu.
Inutile de dire qu'à la suite
des propos du membre du gouvernement un échange
à travers les questions-réponses s'est ensuivi.
Et comme innovation, le public a été invité à
poser des questions. La journée d'aujourd'hui
qui sera également celle de la clôture de cette
rentrée politique sera marquée par les
conférences- débats autour de deux questions de
grande importance l'assurance-maladie et la vie
chère. Le public est à cet égard invité à venir
nombreux.