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Le quotidien l'Union du 09 Octobre 2008

 

ASSEMBLÉE NATIONALE/RENTRÉE POLITIQUE DU GROUPE PARLEMENTAIRE PDG

"La gabonisation de l'économie gabonaise est une affaire de sécurité nationale"

Charles Mba qui a essuyé les plâtres dans la série de conférences-débats organisées par les parlementaires du groupe PDG, s'est employé à démontrer la nécessité de consommer les produits locaux.

APRÉS le mot d'ouverture du président du groupe parlementaire PDG à l'Assemblée nationale, Luc Marat Abyla, qui, une fois de plus, a rappelé les objectifs visés a travers l'organisation des conférences-débats lors de la rentrée parlementaire , le ministre délégué auprès du ministre de l'Economie, des Finances, du Budget et de la Privatisation, Charles Mba, a été invité par le président de séance, Emmanuel Laté, à venir présenter le "Bilan de la gabonisation de l'économie gabonaise".

Bien qu'il ait refusé de se mettre dans une posture d'imposteur en se faisant attribuer l'étiquette de professeur, comme l'a malencontreusement fait le modérateur, le ministre Charles Mba n'est pas moins pourvu des qualités d'un universitaire. Tant son exposé ressemblait à un cours magistral qui mêlait clarté, prestance et méthodologie.

Devant les parlementaires non moins aguerris en matière d'économie et de finances publiques, l'orateur a décliné la trame de sa réflexion par rapport au sujet proposé. Si en introduction Ie membre du

gouvernement s'est borné à aire l'historique de la gabonisation de l'économie, qui selon lui avait pris son envol au tout début des années 70, mais qui s'est accélérée à la suite de la crise économique du milieu des années 80, dans le débat de fond il a présenté les objectifs de celle-ci, les instruments de sa mise en oeuvre, les résultats obtenus et en dernier ressort les facteurs de blocage et les réformes en cours tout en définissant ce qu'il entend par gabonisation de l'économie.

D'emblée, il a fait savoir que la gabonisation de l'économie ne signifie nullement le fait de remplacer les anciens colons par les nationaux dans les postes de responsabilité, mais plutôt le fait de permettre la prise en main par les Gabonais du processus de développement économique et social, en mettant fin au contrôle des secteurs clés de l'économie par des capitaux étrangers, en favorisant la promotion des Gabonais à des fonctions de responsabilité dans les entreprises et en encourageant de quelque façon que ce soit l'éclosion d'une classe d'entrepreneurs gabonais.

VOLONTE POLITIQUE•Pour atteindre ces objectifs qui ne cachaient nullement la volonté politique des autorités, notamment du chef de l'Etat de créer une élite entrepreunariale dans notre pays, il fallait avant tout mettre en place un cadre Juridique "protecteur". Caractérisé

notamment par l'élaboration d'une batterie de lois, d'ordonnances et de décrets pour justement permettre aux Gabonais de facilement créer des entreprises.

Cette mise en place du cadre juridique a été suivie par la création des institutions et instruments financiers et de conseils à l'image de la BGD, la BNCR, le Faga, le Fodex..., pour ce qui est des instruments financiers, de Promo-Gabon et l'APIP en ce qui concerne les instruments de conseils.

A côté des mesures susmentionnées, l'orateur a également mis en exergue les actions directes entreprises par l'Etat. Lesquelles se mesurent en terme d'investissement important consenti dans le système de formation et l'attribution des bourses d'études, pour ne citer que ces deux exemples.

En dépit de cette volonté politique, les mesures d'accompagnement et d'incitation semblent avoir été timides sinon inopérantes, d'autant qu'à l'aune des résultats de cette gabonisation de l'économie, il n'y a nullement lieu de se gargariser : moins de 500 entreprises créées par an de 1986 à 2000, plus de 1000 entreprises créées de 2000 à 2005 et plus de 2000 entreprises de 2005 à 2008. tout en incluant, statistiques aidant, le fait que 60% de ces entreprises disparaissent avant 3 ans. Aussi l'orateur souligne-t-il que dans le dernier exemple, au moment des fêtes tournantes, beaucoup d'entreprises se créent puis disparaissent sitôt l'argent perçu.

Inutile de dire qu'à la suite des propos du membre du gouvernement un échange à travers les questions-réponses s'est ensuivi. Et comme innovation, le public a été invité à poser des questions. La journée d'aujourd'hui qui sera également celle de la clôture de cette rentrée politique sera marquée par les conférences- débats autour de deux questions de grande importance l'assurance-maladie et la vie chère. Le public est à cet égard invité à venir nombreux.

 

Source : Journal L'Union Plus du 09/10/2008

 



   

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