ÉLECTIONS LOCALES 2008 / DÉBAT
SUR LA BIOMÉTRIE
Me Ndaot
Rembogo ne partage pas l'idée de blocage du
processus électoral
Le leader du PGP ne s'est pas
aligné sur la position des autres partis de
l'opposition qui ont refusé de désigner leurs
représentants aux structures de la Cénap,
l'application de l'ordonnance portant
modifications de certaines dispositions de la
loi électorale n'ayant pas été effective. Une
démarche qu'il juge distrayante.
AYANT
jusque-là gardé le mutisme sur la question
inhérente à l'instauration de la biométrie dans
le système électoral gabonais et son application
ou non lors des prochaines joutes électorales,
les locales en l'occurrence, le président d'une
des tendances du Parti gabonais du progrès (PGP);
Me Ndaot Rembogo, a décidé de rompre le silence
en donnant dernièrement son sentiment sur cette
question qui divise actuellement l'opposition et
la majorité autant qu'elle nourrie les débats
dans les quartiers populaires et les salons
feutrés.
L'appli cation de la
biométrie définitivement compromise pour les
prochaines élections locales, a fait naître une
controverse au sein de la classe politique.
Alors que l'on s'attendait à ce que le leader du
PGP soutienne fort logiquement ses
coreligionnaires, il s'est montré plutôt très
critique envers l'opposition de même qu'envers
le pouvoir qui pour lui "distraient le
peuple"' autour d'un débat qui n'en est pas un.
Les uns et les autres font de la biométrie un
sujet de débat politique alors que des sujets
plus importants pouvant au mieux contribuer à
faire avancer le processus démocratique ne sont
nullement abordés aussi bien par le pouvoir que
par l'opposition dont le comportement frise
chaque jour qui passe la politique spectacle.
Du point de vue du maire de
Port-Gentil en tout cas, "ce qui pose
problème ce n'est pas l'identification des
électeurs, mais c'est davantage la
manipulation de cette identification par
les politiques de tout poil qui veulent souvent
fausser le jeu démocratique". II cite
les exemples du Sénégal et de la RDC qui, tout
en expérimentant la biométrie, n'ont pas moins
vu leurs élections être contestées. Dans
l'esprit du leader du PGP, la manipulation
électorale, les fraudes et toutes les autres
dérives antidémocratiques font partie de la
nature humaine.
RENCONTRES À GRANDE ECHELLE
• Il revient, à partir de ce moment-là, à la
classe politique de mettre en place des outils
de régulation à même de corriger les erreurs
commises en amont par les acteurs politiques. Ce
qui n'est nullement le cas si l'on s'en tient au
constat qu'il a établi. Le leader du Parti
gabonais du progrès préconise, plutôt que d
orienter les débats sur des sujets
superfétatoires, d'opérer des réformes des
organes de régulation des élections pour
véritablement parvenir à la transparence
électorale. Une question pourtant essentielle
dans son entendement, mais que ne souhaite pas
aborder l'opposition qui semble se gargariser de
ces rencontres à grande échelle médiatique avec
le Chef de l'État au palais de la présidence de
la République.
Une autre proposition faite
par Séraphin Ndaot Rembogo a trait au découpage
électoral. S'il n'est pas le premier à avoir
ouvertement posé ce problème, le défunt Pierre
Louis Agondjo Okawé et le président du RPG, le
père Paul Mba Abessole l'ayant fait avant lui,
il reste que depuis quelque temps, il passe pour
être le seul homme politique à le rappeler assez
souvent. Pour Me Ndaot Rembogo, il n'est pas du
tout normal que des députés soient élus avec
moins d'un millier d'électeurs dans certains
circonscriptions tandis que d'autres ont affaire
à plusieurs milliers d'électeurs. Un rédécoupage
électoral est donc à envisager pour rendre les
élections plus justes et plus obérantes. Le
reste, à son avis, n'est que pure distraction.