FAIT DIVERS
Le
déclarant en douane était un escroc
Embauché il y a quelques
années par le responsable de l'entreprise
Equator Transit International, SyIvestre Nzé a
"remercié" son employeur en le délestant de plus
de 20 millions de F CFA, avant de prendre la
poudre d'escampette. Récit éclairé par le
témoignage de la Direction de la PME qui a
porté plainte.
DÉFIANCE (ou méfiance) est
mère de sûreté. Entendez par là' Il ne faut
pas être trop confiant si l'on ne veut pas être
trompé". Pour avoir oublié ou ignoré ce
proverbe, le responsable de Equator Transit
International (ETI) l'a appris à ses dépends.
La petite et moyenne
entreprise gabonaise spécialisée dans le transit
a, en effet, dernièrement été victime des
desseins égoïstes et opportunistes d'un de ses
employés.
Un certain Sylvestre Nzé, âgé
de 42 ans qui n'a eu aucun scrupule à délester
son employeur de plus de 20 millions de F CFA,
avant de disparaître dans la nature.
Pourtant, lorsque le
responsable de ETI l'engage il y a quelques
années en qualité de déclarant en douane, il est
loin de se douter que ce compatriote qu'il
connaît depuis de nombreuses années lui
exprimera sa reconnaissance de la plus
inélégante des façons.
Il faut dire qu'au départ,
aux dires du responsable de la jeune PME,
Sylvestre Nzé affiche l'image d'un employé
appliqué, mettant toute sa compétence et son
expérience pour trouver des clients, traiter les
opérations en douane et remplir toutes les
formalités administratives auxquelles la société
doit faire face.
Son comportement au travail
le fait ainsi apprécier du responsable de la
société pour lequel il se présente comme un
proche collaborateur dans tous les domaines.
Très rapidement, il met en confiance son patron
qui lui confie même les codes et mots de passe,
en principe secrets, permettant de procéder aux
opérations de dédouanements des marchandises
importées par avion ou par bateau, et arrivant
au port d'Owendo ou à l'aéroport de Libreville.
Face à la concurrence dans ce
secteur, la société a des difficultés pour
trouver des marchés. Mais grâce à ses relations,
car il est du métier et a déjà travaillé dans le
secteur depuis plusieurs années, Sylvestre Nzé
amène quelques affaires permettant de réaliser
un chiffre d'affaires pour couvrir les charges
d'exploitation.
Cependant , au fil du temps,
le comportement de l'intéressé devenait un peu
moins bon, notamment sur le plan de l'assiduité.
Rien ne laisse supposer qu'il est en train de
préparer un coup pour détourner une importante
somme d'argent en peu de temps, avant de prendre
la fuite pour profiter de son magot.
Il se met donc en rapport
avec quelques clients, desquels il obtient des
commandes. Ce sont en général des étrangers
oeuvrant dans l'import-export, et en particulier
des commerçants syro-libanais ou ouest-africains
qui importent des véhicules d'occasion.
En deux mois, il réalise
ainsi plusieurs opérations d'importations et
encaisse directement les recettes fui auraient
dues êtres versées dans la caisse de la société,
pour un montant de plus de 20 millions de F CFA.
Pour accomplir ses forfaits, il s'associe à un
certain Noël Kassa, lequel devient son complice.
La supercherie ne sera
découverte que quelques semaines plus tard
lorsque la banque débite le compte de la Jeune
entreprise des liquidations douanières.
Sommé par sa direction de
s'expliquer, le déclarant en douane affirme que
la société a sans doute été victime d'un agent
indélicat qui aurait usurpé le code
informatique. Mais très rapidement, les
vérifications de la hiérarchie montrent
clairement que les documents douaniers sont
signés de sa main, et que certains clients qui
ont pu être retrouvés, ont délivré des reçus au
nom de Sylvestre Nzé.
Se sentant découvert,
l'intéressé disparaît. Joint au téléphone, il
déclare qu'il est malade et qu'il est allé se
faire soigner à Ndjolé. Depuis, il n'a plus
donné signe de vie et reste introuvable.
Entre-temps, ETI qui a, par
ailleurs fait passer il y a quelques semaines
dans nos colonnes, un avis de recherche et
licenciement à son encontre, a porté plainte,
non seulement contre lui, mais également contre
les bénéficiaires de ces détournements de fonds,
parmi lesquels Noël Kassa.
Ce, pour que le déclarant en
douane escroc et son complice, voire le(s)
receleurs) répondent de leurs actes devant la
justice et remboursent à la PME gabonaise les
sommes détournées.