SÉMINAIRE NATIONAL SUR LA
DÉCENTRALISATION
Le
conclave débouche sur plusieurs recommandations.
C'est le ministre de
l'Aménagement du Territoire et de la
Décentralisation, Dieudonné Pambo qui a présidé
hier la cérémonie de clôture au Centre des
métiers Jean Violas (Owendo).
OUVERT avant-hier mercredi 24
octobre 2007, au palais Omar Bongo Ondimba,
siège du Sénat, par le Premier-ministre, chef du
gouvernement, Jean Eyéghé Ndong, le séminaire
national sur la relance de politique de la
décentralisation au Gabon, a pris fin hier.
C'est le ministre de
l'Aménagement du Territoire et de la
Décentralisation, Dieudonné Pambo qui a présidé
la cérémonie de clôture en présence des
parlementaires, des partenaires au développement
et autres experts des ministères et de la
Société civile concernés par la question de la
décentralisation dont l'application est toujours
attendue.
C'est la raison qui a
d'ailleurs motivé les assises qui s'achèvent, au
cours desquelles, trois ~ours durant de travaux
et d'intenses débats, il aura été question
d'examiner et de redessiner la nature des
rapports entre l'Etat et les Collectivités
locales et l'apport desdits Conseils communaux
et départementaux en tant que relais au niveau
local du développement socio-économique conçu et
impulsé par l'Etat.
Autrement dit, sur la base
d'un constat de plus d'une décennie de pratique,
il s'agissait de définir les différents contours
d'une approche plus réaliste de la
décentralisation, pour sortir autant que faire
se peut de l'impasse actuelle. En définitive, il
s'est agi de discuter avec les différents
acteurs concernés par la décentralisation des
principaux oints de révision de la loi 15/96 y
relative, qui avaient été adoptés parle
gouvernement, en Commission interministérielle
érigée à cet effet, en septembre 2006.
Les différents participants
sont satisfaits. Pour eux, les assises qui
s'achèvent ont permis de diffuser et de valider
l'essentiel du contenu du projet de réforme du
gouvernement en matière de décentralisation. A
ceci près que les différentes modifications
ainsi apportées à la loi 15/96 ont mis en
évidence la volonté partagée de rendre plus
opérationnelle la politique de décentralisation.
Ces modifications, selon le
ministre Dieudonné Pambo, mettent l'accent sur
un certain nombre d'attentes relatives: à une
plus grande participation des citoyens à la
gestion des affaires sociales, à un changement
de comportement des populations qui, désormais,
doivent apprendre à compter sur elles-mêmes et à
un renforcement des populations autour d'un
objectif de développement par leur participation
active aux décisions de la collectivité. Et,
enfin, à une ouverture plus marquée vers la
coopération décentralisée dont les contenus ont
été définis.
AUTRES SOUHAITS. Les
participants ont formulé, entre autres
recommandations, la mise en place urgente des
organes de la décentralisation (comité
technique, commission nationale et commission
provinciale), le transfert des budgets de
compétence à transférer auprès des collectivités
locales, le transfert de la construction des
écoles qui accompagne
l'élaboration de la carte scolaire, le
renforcement des pouvoirs des gouverneurs des
provinces dans l'exercice du pouvoir de tutelle
etc.
Ensuite, la création d'un
crédit mutuel entre collectivités locales et
partant leur dotation en équipements alimentée
par un prélèvement sur le budget général de l'Etat
à hauteur de 10%. Et puis l'affectation à ces
collectivités, d'une dotation annuelle de 50
milliards de nos francs au titre des fêtes
tournantes. Nonobstant la mise en place d'un
budget d'investissement et d'équipement à
allouer aux mairies d'arrondissement. Sur ce
point, il a été proposé la prévision d'un
article dans l'avant-projet de loi mentionnant
la mise en place de ce budget.
Notons que les collectivités
locales doivent désormais élaborer des plans
locaux de développement et des plans
d'investissements communaux à même de servir de
plaidoyer auprès des partenaires au
développement. L'obligation leur est fa ite
d'ailleurs de disposer dorénavant d'un plan
d'action présentant les objectifs, les priorités
et les recherches de financements.
Les autres recommandations
émises concernent la création d'une association
des présidents des Conseils départementaux, à
l'instar de celle déjà existante des maires et
communes du Gabon. L'intégration
de l'emploi dans les domaines à transférer aux
collectivités locales : politique de promotion
de l'emploi par celles-ci. La codification des
rémunérations des maires et présidents des
Assemblées départementales. L'implication des
populations locales à l'élaboration de la
nomenclature des emplois locaux. La création
d'un Institut de formation des agents et élus
locaux par le canal de la direction générale de
l'assistance aux municipalités du ministère de
la Ville.
AUTRES POINTS ET OPACITE
• Le séminaire national sur la relance de la
politique de la décentralisation concernait
aussi la révision d'un certain nombre de points,
portant, entre autres, sur la mise en place de
la poli ce municipale. Après un long débat, les
séminaristes ont proposé de substituer cette
appellation par «sécurité municipale» pour
éviter la confusion avec la police nationale.
Les travaux de l'atelier sur
les ressources financières des collectivités
locales ont permis toutefois de relever un
certain nombre de préoccupations émises par les
élus locaux, à savoir : l'insuffisance des
subventions, l'opacité des ristournes et
l'identification des domaines sur lesquels ces
ristournes doivent s'appliquer. Cette opacité
concerne également la taxe sur l'eau et
l'électricité et la taxe sur le trafic aérien.
Il a été pour cela mentionné la nécessité du
suivi, dans le cadre d'une association entre
agents de recouvrement et élus locaux pour
garantir la transparence.
Toutes choses pour mettre,
certainement, un terme à la confusion qui est
entretenue par bon nombre des gestionnaires des
collectivités locales, entre l'argent de l'Etat
et celui de leurs poches.