LOCALES 2007
L'opposition bloque le processus électoral
Ce camp a refusé de désigner
ses représentants aux structures de la Cénap, en
raison de la application effective de
l'ordonnance portant modification de certains
dispositions de la loi électorale, dépouillée
avant-hier, à l'Assemblée nationale des éléments
relatifs à la biométrie.
L'OPPOSITION gabonaise bloque
le processus en vue des élections locales 2007
lancé depuis deux semaines, en refusant de
désigner ses représentants aux structures
chargées de l'organisation de cette consultation
visant le renouvellement des conseils municipaux
et départementaux du pays.
Dans une correspondance datée
du 18 octobre 2007 portant les signatures de
Jules Aristide Bourdes Ogouliguendé (CDJ), Léon
Mbou Yembi (FAR), Sylvestre Ratanga (UGDD,
Auguste guembhyt (PGP- Mouity), Richard Moulomba
Mombo (UPG) et autres, parvenu à notre
rédaction, ce camp s'est dit, pour l'heure, dans
l'impossibilité de répondre favorablement à la
demande formulée par le président de la
Commission électorale nationale autonome et
permanente, René Aboghé Ella. Lequel, à la suite
de la nomination des présidents des commissions
résidents souhaite obtenir des camps de la
majorité et de l'opposition les noms de leurs
membres devant siéger au sein de la plénière de
la Cénap et dans les bureaux des commissions
électorales locales.
Ses leaders s'insurgent
effectivement contre la non application de
l'ordonnance du 19 août 2007 élaborée à l'issue
de la concertation politique tenue en 2006 et
2007 autour du président de la République, chef
de l'Etat entre la majorité et l'opposition qui
se sont accordées sur l'introduction de la
biométrie dans le fichier électoral et
l'établissement de nouvelles listes électorales
valables à partir des élections locales à venir.
Estimant qu'ils participeront à l'organisation
des élections que sur la base des textes en
vigueur, dont fait partie l'ordonnance en
question signée du président de la République.
Or, cette ordonnance,
élaborée dans le but de codifier cette avancée
majeure pour la démocratie dans notre pays,
était précédée, dans le cadre des débats ouverts
sur l'instauration de la biométrie adoptée par
consensus de la classe politique gabonaise, d'un
chronogramme fixé par le ministère de
l'Intérieur. Celui-ci a été arrêté pour la mise
en oeuvre de ce processus, qui jusque-là, n'a
pas été respectée, contrairement à leur voeu.
L'opération d'inscription sur les listes
électorales prévues n'ayant pas non plus été
lancée.
SERIEUX DEBAT • Une
situation de blocage qui gêne aux entournures
les responsables de la Cénap, qui ont déjà reçu
de la part de la majorité ainsi que des
ministères techniques impliqués dans la phase
d'organisation des opérations de votation, leurs
représentants au sein des organes concernés.
Elle l'est d'autant plus, explique-t-on du côté
de la cité de la Démocratie, que la question
relative à l'application de l'ordonnance ne peut
trouver une réponse du côté de la cité de la
Démocratie, siège de la Cénap. Mais plutôt, du
côté de la Représentation nationale et du
ministère de l'Intérieur, engagés dans le cadre
de la navette dans un sérieux débat exigé par la
phase législative de ratification du texte pris
pend ai! r la période d'intersession
parlementaire.
Effectivement, après son
renvoi au gouvernement, à la suite de l'audition
du ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur,
André Mba Obame, devant la commission des Lois,
laquelle lui a demandé un projet de loi
protégeant les libertés individuelles, en appui
du dispositif juridique sur la biométrie
suscitant de vifs débats dans l'opinion
nationale. Le texte a été réexaminé, il y a deux
jours, au palais Léon Mba, au fond, notamment,
article après article. Il s'ensuit que les
dispositions (article 48), notamment les
éléments de biométrie (empreintes digitales et
photo) ont été rejetés au grand dam des députés
de l'opposition. Lesquels ont vécu ce rejet
comme étant l'expression du diktat du fait
majoritaire au sein de cette chambre du
Parlement. Et aussi et surtout, comme étant ni
plus ni moins qu'une violation des décisions
prises par consensus autour du président Omar
Bongo Ondimba, sous l'égide duquel s'est tenu le
dialogue politique majorité-opposition destiné à
renforcer le dispositif électoral.
Alors que dans le camp de la
majorité parlementaire, on estime avoir fait
respecter le jeu parlementaire exigeant, avant
toute ratification, un débat de fond sur la
teneur de l'ordonnance en question. Certains de
ses membres ont accusé l'opposition de se
complaire dans des manoeuvres politiciennes
destinées tout juste à s'attirer la sympathie de
l'opinion sur une question largement débattue à
l'Assemblée nationale. Où l'absence de Pierre
Mamboundou, leader de l'Union du peuple gabonais
(UPG), lors des ébats ouverts, pourtant, sur
l'instauration de la biométrie qu'il avait
fortement défendu en 2006, s'est fortement fait
remarquer. Alors même que le député de la Dola
avait été associé dans la phase préparatoire par
le ministère de l'Intérieur.
RETARD. D'autres
dispositions portant sur la durer du contentieux
électoral (article 124 nouveau), les déclaration
de candidatures (article 17 nouveau). relatives
à la période de révision des listes électorales
(articles 37 nouveau) fixée à 45 jours, avec
prorogation de 15 jours, en conciliation avec
l'article 3, qui interdisait toute cette année
électorale, ont suscité de long débat et amené
la Commission à procéder, parfois au vote. Au
point qu'il a fallu se résoudre à admettre le
principe d'une révision des listes électorales
de 45 jours, laquelle pose, par ailleurs, le
problème de son organisation avant la date
butoir d'organisation de cette consultation
fixée au 13 janvier 2008. Nous touchons
quasiment à la fin du mois d'octobre et il est
probable, même s'il est question de revoir
l'ancienne liste électorale, que l'on arrive à
la mi décembre pour l'organisation de cette
seule opération de toilettage du fichier
électoral.
Une perspective qui n'arrange
pas forcément le, choses. La crainte d'un plu,
long retard dans le processus déjà bloqué par
les partis poli tiques de l'opposition,
s'amplifiant au vu de la lente l'évolution de la
situation. En ce sens que si la plénière de la
Cénap n'est pas rapidement convoquée pour
arrêter le calendrier électoral, (date dépôt de
déclaration des candidatures, convocations du
collège électoral, etc), ainsi que les dates de
prestation de serment des membres de ses
démembrements locaux devant la juridiction
constitutionnelle, avant leur déploiement dans
les circonscription électorales qui seront mise
en jeu, les conditions de transparence
recherchées ne pourront guère être totalement
remplies, laisse entendre une source au fait du
dossier. Estimant que la classe politique devra
porter l'entière responsabilité des manquements
et autres ratés qui en découleraient.