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Le quotidien l'Union du 24 Octobre 2007

 

CONSOMMATION

Véritable pied de nez

Ils sont bien nombreux ces opérateurs économiques qui visiblement défient le gouvernement. Parmi eux, les vendeurs de ciment qui s'obstinent à ne pas se soumettre à l arrêté ministériel qui fixe le prix d'un sac de cette matière pulvérulente fabriquée localement et celui importé à 5100 et 5300 francs, selon qu'il s'agit du type CPJ 35 ou CPJ 45.

LE projet de société du président de la République, Omar Bongo Ondimba sur la base duquel il a été reconduit à la tête du pays en 2005, met un accent tout particulier sur le volet social. Des exemples parlent d'eux-mêmes : la gratuité de la scolarité et des soins dans (es hôpitaux publics, la distribution gratuite des manuels scolaires, etc.

Dans cette optique, sur les instructions de la plus haute autorité de l'État, le gouvernement jean Eyéghé Ndong a rendu public, le 6 septembre dernier, un arrêté soumettant certains articles de la consommation courante au régime de liberté contrôlée des prix. Le texte, indique-t-on, a pour objet de fixer, pour une durée de six mois, les prix de vente maxima des articles tels que l'huile de palme raffinée, les laits concentrés sucrés, les matériaux de construction et le contre-plaqué Okoumé petit forma.

Dans la cité pétrolière, voire ailleurs, on observe que les propriétaires des espaces spécialisés dans la vente .du ciment font comme une nique aux pouvoirs publics en refusant de se conformer aux directives du gouvernement. Lesquelles arrêtent le prix du sac de ciment de 50 kg applicable à Libreville et Port-Gentil à 5100 et 5300 F selon les marques.

Dans les différentes quincailleries de la place, de Grand-Village à Salsa en passant par banco, Balise, Matanda, Miniprix, Bac Aviation, etc., le sac du ciment, quelle qu'en soit l'origine, est toujours écoulé à 7000 francs ni plus ni moins. Essayer d'en débattre le coût n'est que partie perdue d'avance pour s'entendre dire à peu près ceci : "Monsieur, mon ciment se vend à ce prit là, c'est à prendre ou à laisser':

Une phrase lâchée discourtoisement l'autre jour par un des propriétaires de ces établissements à un client dans le besoin.

L'homme, visiblement désemparé, qui avait déjà fait le tour des différents points de vente, a fini, envers et contre tout, par s'approvisionner de dix sacs de ciment sans pour autant obtenir le reçu qu'il a exigé. Il semble clairement que c'est le faux-fuyant que ces opérateurs économiques ont trouvé pour éviter de s'exposer aux agents du service provincial de la concurrence et de la consommation auxquels le document peut servir d'élément de preuve en cas de poursuite.

Un tel entêtement s'explique forcément. On apprend que les deux principaux grossistes vendent toujours le sac du ciment à 6500 francs. "Moi, je me procure le sac à 6500 F. Si dans la palette il a un sac détruit, c'est le bénéfice del3 sac qui s'envole"; nous a confié, dimanche dernier, un commerçant installé au Grand-Village.

Selon ce dernier, les grossistes, s'appuyant sur leurs différentes charges, auraient donné la preuve aux autorités locales la semaine dernière qu'ils ne peuvent pas appliquer les prix édictés par le gouvernement, au risque de fermer boutique. Si tant est que leur argumentaire est recevable, faut-il croire alors que la décision ministérielle a été prise au pied levé, sans une étude préalable ?

C'est la grande question qui brûle les lèvres de beaucoup de résidents à l'heure qu'il est dans la capitale économique. Au gouvernement d'y voir de plus près pour faire bénéficier les populations des bienfaits de cette mesure. Le temps continue de courir ! Plus que quatre mois et elle arrive à expiration. 1

Source : Journal L'Union Plus du 24/10/2007

 

 



   

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