CONSOMMATION
Véritable pied de nez
Ils sont bien nombreux ces
opérateurs économiques qui visiblement défient
le gouvernement. Parmi eux, les vendeurs
de ciment qui s'obstinent à ne pas se soumettre
à l arrêté ministériel qui fixe le prix d'un sac
de cette matière pulvérulente fabriquée
localement et celui importé à 5100 et 5300
francs, selon qu'il s'agit du type CPJ 35 ou CPJ
45.
LE projet de société du
président de la République, Omar Bongo Ondimba
sur la base duquel il a été reconduit à la tête
du pays en 2005, met un accent tout particulier
sur le volet social. Des exemples parlent
d'eux-mêmes : la gratuité de la scolarité et des
soins dans (es hôpitaux publics, la distribution
gratuite des manuels scolaires, etc.
Dans cette optique, sur les
instructions de la plus haute autorité de
l'État, le gouvernement jean Eyéghé Ndong a
rendu public, le 6 septembre dernier, un arrêté
soumettant certains articles de la consommation
courante au régime de liberté contrôlée des
prix. Le texte, indique-t-on, a pour objet de
fixer, pour une durée de six mois, les prix de
vente maxima des articles tels que l'huile de
palme raffinée, les laits concentrés sucrés, les
matériaux de construction et le contre-plaqué
Okoumé petit forma.
Dans la cité pétrolière,
voire ailleurs, on observe que les propriétaires
des espaces spécialisés dans la vente .du ciment
font comme une nique aux pouvoirs publics en
refusant de se conformer aux directives du
gouvernement. Lesquelles arrêtent le prix du sac
de ciment de 50 kg applicable à Libreville et
Port-Gentil à 5100 et 5300 F selon les marques.
Dans les différentes
quincailleries de la place, de Grand-Village à
Salsa en passant par banco, Balise, Matanda,
Miniprix, Bac Aviation, etc., le sac du ciment,
quelle qu'en soit l'origine, est toujours écoulé
à 7000 francs ni plus ni moins. Essayer d'en
débattre le coût n'est que partie perdue
d'avance pour s'entendre dire à peu près ceci :
"Monsieur, mon ciment se vend à ce prit là,
c'est à prendre ou à laisser':
Une phrase lâchée
discourtoisement l'autre jour par un des
propriétaires de ces établissements à un client
dans le besoin.
L'homme, visiblement
désemparé, qui avait déjà fait le tour des
différents points de vente, a fini, envers et
contre tout, par s'approvisionner de dix sacs de
ciment sans pour autant obtenir le reçu qu'il a
exigé. Il semble clairement que c'est le
faux-fuyant que ces opérateurs économiques ont
trouvé pour éviter de s'exposer aux agents du
service provincial de la concurrence et de la
consommation auxquels le document peut servir
d'élément de preuve en cas de poursuite.
Un tel entêtement s'explique
forcément. On apprend que les deux principaux
grossistes vendent toujours le sac du ciment à
6500 francs. "Moi, je me procure le sac à
6500 F. Si dans la palette il a un sac détruit,
c'est le bénéfice del3 sac qui s'envole";
nous a confié, dimanche dernier, un commerçant
installé au Grand-Village.
Selon ce dernier, les
grossistes, s'appuyant sur leurs différentes
charges, auraient donné la preuve aux autorités
locales la semaine dernière qu'ils ne peuvent
pas appliquer les prix édictés par le
gouvernement, au risque de fermer boutique. Si
tant est que leur argumentaire est recevable,
faut-il croire alors que la décision
ministérielle a été prise au pied levé, sans une
étude préalable ?
C'est la grande question qui
brûle les lèvres de beaucoup de résidents à
l'heure qu'il est dans la capitale économique.
Au gouvernement d'y voir de plus près pour faire
bénéficier les populations des bienfaits de
cette mesure. Le temps continue de courir ! Plus
que quatre mois et elle arrive à expiration. 1