PETIT ANGLE
Comme un
air de mépris
LA route : on en parle et on
en reparle. Mais les promesses sans cesse faites
et les décisions souvent prises pour doter le
Gabon d'un système routier fiable, praticable en
toutes saisons ont du mal à connaître une
traduction effective sur le terrain. De sorte
qu'aujourd'hui, la population et les usagers
véritables dindons de cette mauvaise farce - ne
croient plus véritablement à la volonté des
pouvoirs publics de doter, à court et voir à
moyen terme, le Gabon d'un réseau routier
national fiable.
Une attitude négative qui
résulte du caractère atonique dont font montre
les pouvoirs publics, et particulièrement le
département ministériel concerné par cette
problématique de la route qui constitue aux yeux
de nombreux concitoyens l'autre plaie purulente
du pays avec le chômage et la pauvreté qui
frappent aujourd'hui des pans entiers de la
société.
A tel point que la résurgence
des promesses non tenues s'apparente davantage à
un petit air de mépris. Alors même que la route,
on le sait, constitue non seulement le moyen de
communication par excellence le plus usité, mais
est également la voie de passage obligée du
développement tous azimuts. Comme quoi,
remémorons-nous : «Le développement de la
route passe par la route du développement».
Paris ne s'est pas construite
en un jour, nous dira-t-on. C'est une belle
excuse. Mais l'on sait que le développement
d'une nation est une affaire de connaissance et
d'organisation. Les décisions sont prises. C'est
la preuve d'une parfaite connaissance des
différents dossiers qui, à quelques égards,
quand leur suivi n'est pas respecté, grippent le
bon fonctionnement de l'appareil étatique. Quant
à l'organisation, théoriquement parfaite, elle
connaît néanmoins d'énormes dysfonctionnement
dans sa traduction pratique.
Un exemple peut être pris
concernant les travaux jugés alors «imminents»
pour lesquels le chef de l'Etat avait donné des
consignes fermes pour démarrer immédiatement
dans plusieurs quartiers de Libreville, avec la
liste et les différents itinéraires publiés dans
les colonnes du quotidien national. Le tronçon
Ntoum-Kango ressemble aujourd'hui à un champ de
mines, à un chemin de croix. Dans le périmètre
urbain de Libreville, voire ses environs, le
constat est patent, désolant. Il faut plus d'une
heure pour atteindre le lycée Djoué Dabany (Pk
9) en partant de Melen. Soit trois kilomètres
seulement à cause du mauvais état de la route à
l'origine des embouteillages à n'en plus finir
observables à chaque heure de jour comme de
nuit. Où en est-on avec le projet d'élargir
cette voie de nationale en partant du PK 5
jusqu'à l'entrée du PK 12 Melen ? Les exemples
sont légion.
N'oublions pas que la route
constitue une des priorités de la politique du
chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba. Un simple
rappel pour espérer que dorénavant les travaux
soient effectués sur les routes dites
prioritaires, celles à grande fréquentation
comme la nationale 1 qui relie Libreville à
Tchibanga, aujourd'hui en très piteux état et
abandonnée sans entretien.