RÉSEAU ROUTIER
Nationale ou Piste nationale 1 ?
La première voie de
communication du pays, qui part de Libreville
jusqu'en République du Congo, en passant par
Ndendé, le chef-lieu du département de la Dola,
ressemble plus à une piste forestière qu'à une
route nationale de première catégorie. Malgré
les nombreux programmes d'entretien routier,
cette voie reste dans un piteux état, au point
de rebuter les automobilistes. Le malaise s'est
amplifié, ces derniers temps, avec le retour
de la saison pluvieuse laquelle l'a
transformée lentement et sûrement en un
véritable circuit de rallye. Etat des lieux.
Une chaussée défoncée,
jonchée des trous béants. Des bourbiers
atteignant parfois un mètre de profondeur. C'est
tout ce qui reste de la route nationale 1 (RN 1)
, laquelle part de Libreville jusqu'en
République du Congo. De fait, la première voie
de communication du pays ressemble désormais
plus à une piste nationale qu'à une route
nationale de première catégorie. Malgré les
nombreux programmes d'entretien routier souvent
annoncés à grands coups de trompette, l'état de
cette route ne s'est jamais amélioré de manière
durable.
Dans une large mesure, les
sociétés souvent adjudicataires des marchés de
l'entretien routier font du rafistolage pour
donner un semblant de cure de jouvence à la
première voie de communication du pays.
"Pendant qu'on bouche un
trou par ici, un autre apparaît là-bas ," a fait
observer un automobiliste, désabusé. A travers
ce constat, on comprend aisément l'état de
dégradation continuelle de la Nationale 1.
Celle-ci s'est lentement mais sûrement
transformée en une véritable piste forestière,
laquelle ferait le bonheur des amateurs de
rallye.
Pour l'automobiliste qui se
rend dans le sud du pays, au départ de
Libreville, lé calvaire commence à la sortie du
périmètre urbain. Dès le PK12, il doit se
montrer particulièrement circonspect . Car, des
trous truffent la chaussée jusqu'à Nkoltan g. Il
ne pourra rouler qu'à l'allure d'escargot s'il
veut conserver les accessoires de son véhicule.
Dépassée cette bourgade, il pourra prudemment
appuyer sur l'accélérateur jusqu'à Ntoum, la
chaussée étant encore en bon état, cent mètres
après le poste de contrôle de Nkoltang. Mais le
calvaire commence à Meyang, localité située à
quelques kilomètres de Ntoum. D'autres trous
parsèment la chaussée à partir du PK 68 jusqu'à
Kango. Le pire est souvent à craindre de
Ndovaniang à Kango. En effet, des trous pouvant
atteindre un mètre de profondeur sont apparus
sur la route. Et il n'est pas conseillé aux
petits véhicules de s'y aventurer. Sur ce
tronçon, rares sont les automobilistes qui
dépassent 20km/h. Conséquence: il faut désormais
deux heures pour parcourir la distance entre
Libreville et Kango (100 kilomètres). Devis le
retour de la saison pluvieuse la route s'est
dégradée à un niveau jamais atteint jusque-là.
INCURIE• Et aucune
solution ne pointe à l'horizon, en dépit des
nombreuses jérémiades des usagers de cette voie.
Les seuls travaux visibles sur le terrain ne
concerneraient que les ponts situés sur cet axe.
Le voyageur qui réussit à traverser ce tronçon
sans incident peut respirer jusqu'à la montagne
Tchad, située à 53 km de aréné. Au-delà de cette
bourgade, les automobilistes ont à nouveau
rendez-vous avec une piste forestière. Car, la
route - qui n'est pas encore bitumée jusqu'à la
frontière gabono-congolaise - s'est
considérablement dégradée.
Le voyage sur l'axe
Fougamou-Mouila est une véritable course
d'obstacles à déconseiller aux femmes en
grossesse. Après le village Yombi, situé à vingt
et cinq kilomètres du chef-lieu du département
de Tsamba-Magotsi, la chaussée révèle de gros
trous qui contraignent les véhicules à des
zigzags, tels des individus ivres. Et il en sera
ainsi jusqu'au village Mboukou ou se sont
arrêtés les travaux de déblayage effectués par
les engins des Travaux publics. Entre cette
bourgade et Mouila, l'on note une légère
embellie. Mais la chaussée devient souvent
glissante à chaque averse.
Un autre casse-tête demeure
l'état de la route Mouila-Ndendé, longue de 75
km. Là encore, le voyage est lus que fastidieux
en raison de la détérioration constante de cette
voie. L'image de celle-ci jusqu'à la frontière
avec le Congo n'est guère enviable. A l'allure
où vont les choses, il est à craindre que cette
route devienne, a terme,impraticable. Car, sa
réhabilitation ne semble pas à l'ordre du jour.
Or, elle permet de relier les
différentes villes situées dans cette partie du
pays et ravitailler la capitale en vivres.
Commencés il y a une
décennie, les travaux de bitumage de l'axe
Lambaréné-Mouila, exécutés par l'entreprise
espagnole Acciona, piétinent toujours. Leur
exécution intermittente serait due à des
problèmes de financement. Eu égard au rôle
stratégique de cette route sur le plan
économique, les autorités gouvernementales se
doivent de faire diligence pour tenter d'y
remédier. Et si malgré tout elles persistent
dans leur incurie actuelle, c'est qu'elles ne
défendent pas la survie de l'économie nationale.