RÉSEAU ROUTIER
Le
Premier ministre confronté â l'état dégradé de
la Nationale 1
En choisissant la voie
terrestre pour se rendre à Lambaréné abritant
les festivités de la Journée de la femme rurale,
Jean Eyéghé Ndong, a pu constater le non
entretien, sinon, la vieillissement de cette
route reliant la capitale au sud du pays.
LE Premier ministre, Jean
Eyéghé Ndong s'est confronté à l'état dégradé de
la route nationale 1, en se rendant, le week-end
écoulé à Lambaréné, chef-lieu de province de
Moyen-Ogooué, théâtre des festivités de la
journée mondiale de la femme rurale.
Sur le tronçon reliant la
capitale gabonaise à cette ville située au
centre du pays, il a bien vécu durant les 100
premiers kilomètres le calvaire des usagers
empruntant régulièrement la route nationale.
Celle-ci étant aujourd'hui dans un état plus que
défoncé, car truffée de trous béants et autres
crevasses qui obligent à des slaloms à ne plus
en fini sur plusieurs kilomètres. Une Situation
qu'a difficilement supporté le chef du
gouvernement, parfois amené, en raison des
secousses et l'état de parcours, à descendre de
son véhicule de commandement pour mieux
apprécier les dégâts. Lesquels sont dus, non
seulement, au manque d'entretien du réseau, mais
aussi, il faut le reconnaître, au vieillissement
du tronçon Ntoum-Kango, devenu plus que
chaotique.
En se rendant par voie
terrestre à Lambaréné, Jean Eyéghé a répondu à
la volonté du chef de l'Etat, lui-même, très
préoccupé par la route. Le Premier ministre
entendait bien, même s'il en connaissait déjà
l'état, constater de visu le niveau de
dégradation avancée de la route. Tant celle-ci
demeure bien le véritable problème, sinon le
talon d'Achille du pouvoir en place, en dépit
des moyens colossaux alloués annuellement à ce
secteur et des aides financières apportées par
nos partenaires financiers multilatéraux et
bilatéraux.
Des sommes importantes ont
été consenties pour la route, on avance le
montant de 400 milliards de francs ou plus votés
par le Parlement de 1997 à 2005, au titre du
Programme d'aménagement routier (PARR), sans que
l'on ne sache si ces fonds ont été réellement
débloqués. Sans toutefois que l'on dise, très
concrètement, ce qui a été fait avec les sommes
réellement décaissées.
En tout cas, cela ne saura
justifier l'immobilisme pervers des responsables
du département ministériel en charge de ce
dossier, davantage enclin, à ergoter devant des
bourbiers et des ponts et autres ouvrages d'un
autre âge. Et à opposer l'état pour le moins
délabré du réseau routier à l'absence de moyens.
Aujourd'hui, en dehors de travaux de
réhabilitation et d'aménagement financés par la
Banque islamique de développement (BID) dans le
Haut-Ogooué, dans le cadre du processus
d'intégration sous-régionale, et d'autres
projets en cours de réalisation et prévus avec
les financements de l'Allemagne, l'Espagne, la
Banque Africaine de développement (BAD), la
Banque internationale pour la reconstruction et
le développement (BIRD), l'Agence française de
développement (AFD), l'Union Européenne (UE), la
Banque mondiale, pour ne citer que ces
traditionnels bailleurs de fonds, le bilan est
plutôt en deçà des fonds. La route reste un
véritable casse-tête, un problème, en dépit de
ce qu'elle a toujours été placée comme une
priorité. Le Premier ministre s'en est bien
rendu compte, conscient de ce qu'il est
difficile pour son gouvernement, de laisser
croire qu'il prend à cour ce dossier au vu de
son lamentable état actuel.