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Le quotidien l'Union du 20 et 21 Octobre 2007

 

GRAND ANGLE

Affaires Mbanié, Gabon Télécom, Belinga : la souveraineté nationale en toile de fond

DANS l'histoire de la démocratie gabonaise, plusieurs affaires aux contours politiques, économiques, financiers et juridiques ont marqué la conscience collective. Mbanié, Gabon Télécom-Libertis et récemment encore Bélinga, continuent d'alimenter les débats, de soulever des passions, de provoquer des torrents d'appréciations les plus contradictoires les unes autant que les autres, des plaintes, des regrets et de susciter des remous. Elles ne font pas forcément l'unanimité au sein de la communauté nationale davantage plus critique car à la recherche permanente de la vérité et de la transparence sur les décisions prises en son nom par les gouvernants.

Il reste que si l'affaire Mbanié n'alimente plus la polémique, c'est parce que la passion qui l'a entourée ne s'est guère imposée face à la raison qui commande encore aujourd'hui que les deux pays continuent leurs discussions en vue de parvenir à un accord. Celles suscitées par le privatisation de Gabon Télécom-Libertis et aujourd'hui le projet Bélinga, ne sont pas loin d'atteindre, elles aussi, leurs épilogues, au regard de leurs évolution respective.

Dans tous les cas, en dépit de ce qu'elles touchent respectivement à la territorialité, la privatisation et à l'exploitation d'un gisement de fer mêlant environnement et développement, le dénominateur commun ou encore le substrat de toutes ces affaires est la défense de la souveraineté nationale. En un mot, le droit d'un pays à disposer de lui-même, de ses richesses, de son territoire et à définir ses priorités.

DENONCIATION• Concernant l'affaire Mbanié, portant sur le litige frontalier qui oppose le Gabon et la Guinée Equatoriale autour de trois îlots proches les uns des autres, Mbanié ( 30 ha), Conga (20 km 2) et Cocotier, un minuscule caillou, situés dans la baie de Corisco au large des côtes des deux pays, dans des eaux potentiellement riches en pétrole, elle a pris une tournure polémique à la suite des révélations de la presse sur une supposée démarche visant la vente par des membres du gouvernement d'une partie du territoire, assimilée à la perte de la souveraineté nationale. L'affaire Gabon Télécom-Libertis, relative à la cession par le gouvernement de deux entreprises nationales de télécommunications et de téléphonie mobile à un groupe financier étranger, fait suite à la dénonciation par des agents de Libertis des conditions de cette transaction. Ce qui a amené une certaine opinion à parler d'une tentative de bradage de la souveraineté nationale, telle que l'atteste la déclaration tonitruante d'un parlementaire, indiquant que le Gabon, par le fait de cette privatisation,était devenu la province d'un pays ami. Quant à Bélinga, il est apparu que, même si la souveraineté nationale à proprement parler n'est guère contestée, le fait que l'on veuille mettre en évidence l'intérêt mondial dont le Gabon serait comptable du fait du riche patrimoine environnemental qu'il abrite, sonne tout comme. Les défenseurs occidentaux et nationaux de l'environnement qui critiquent et dénoncent les choix opérés en vue de l'exploitation de ce gisement de fer par la Chine, veulent faire du Gabon et de la forêt qui couvre 80% de son territoire, une simple réserve destinée à recycler le gaz carbonique émis par les pays hautement industrialisés. Ce qui laisse penser qu'on veut amener le Gabon, partie intégrante du Bassin du Congo, deuxième massif forestier du monde après l'Amazonie, à sacrifier son développement sur l'autel de la préservation des écosystèmes. Ce que réfute bien évidemment le président Omar Bongo Ondimba, dont la dimension environnementale de son agir politique, est une constante, n'en reste pas moins soucieux du développement du pays et du mieux-être de ses concitoyens. D'où sa position ferme mainte fois réaffirmée " quoi qu'il en soit, quoi qu'on en dise Bélinga se fera ".

EXPRESSION. Qu'à cela ne tienne et au-delà de leurs implications et des ressorts dur sous-tendent ces différentes affaires, la popularité dont ont bénéficié ces affaires illustre bien le haut niveau de la démocratie dans notre pays. Le Gabon fonctionne effectivement selon le mode démocratique, en témoignent la liberté d'expression, celles syndicale et associative, garanties par la Constitution de la République,une presse libre et plurielle qui s'est fait l'écho de ces maires; des Organisations non gouvernementales (ONG) qui sont montées au créneau pour dénoncer les choix, décisions et autres actes posés par le gouvernement. Tout comme les acteurs politiques se sont impliqués par des prises de positions dénonciatrices et l'opinion nationale qui s'est finalement saisie.

Le débat qui s'est ensuivi traduit l'incontestable avancée démocratique du pays, révélatrice de ce que, par rapport au passé, plus rien ne peut se faire en cachette dans les salons cossus et sous les lambris dorés sans qu'un compatriote ou un groupe de pression ne réagisse de diverses manières pour s'émouvoir, interpeller, appeler à une prise de conscience, à amener la sphère dirigeante à changer d'option, de stratégie et d'orientation. "Maison de verre" comme l'a souvent dit le président de la République, Omar Bongo Ondimba, parlant du Gabon, il devient incontestable d'affirmer de ce fait que la transparence et la bonne gouvernance ne sont plus seulement des concepts, mais qu'elles s'ancrent dans les moeurs gabonaises. Le peuple gabonais a démontré qu'il tient plus que par le passé à ce que ses gouvernants rendent des comptes de ce qu'ils font, disent ce qu'ils font en son nom, s'expliquent sur la pertinence ou non de leurs décisions et la justesse de leurs choix. Ces exigences sont l'expression et l'affirmation d'une réelle prise de conscience des citoyens par rapport à la responsabilité qui est celle des autorités dans la gestion des affaires de l'État et du rôle qui peut être le leur dans la vie démocratique et la marche du pays. Car, il est apparu, au fil de ces affaires, que les antagonismes factuels ont disparu, les animosités et haines se sont atténuées. Les Gabonais ont fait la démonstration qu'ils suivent de près tout ce qui touche à leur pays, engagea nation toute entière. Ce fort élan de patriotisme s'est observé à caque fois qu'il s'est agi de faire bloc dernière le président de la République pour défendre les intérêts du pays, puisque sur ces trois affaires Mbanié, Gabon Télécom, Bélinga, l'opinion nationale a adopté en définitive la position du chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba, confirmant son engagement pour une solution négociée au litige frontalier Mbanié, la réalisation du projet Bélinga et la poursuite du processus de privatisation engagé par le gouvernement.

Source : Journal L'Union Plus du 20 et 21/10/2007

 

 



   

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