GRAND ANGLE
Affaires
Mbanié, Gabon Télécom, Belinga
:
la souveraineté nationale
en toile de fond
DANS l'histoire de la
démocratie gabonaise, plusieurs affaires aux
contours politiques, économiques, financiers et
juridiques ont marqué la conscience collective.
Mbanié, Gabon Télécom-Libertis et récemment
encore Bélinga, continuent d'alimenter les
débats, de soulever des passions, de provoquer
des torrents d'appréciations les plus
contradictoires les unes autant que les autres,
des plaintes, des regrets et de susciter des
remous. Elles ne font pas forcément l'unanimité
au sein de la communauté nationale davantage
plus critique car à la recherche permanente de
la vérité et de la transparence sur les
décisions prises en son nom par les gouvernants.
Il reste que si l'affaire
Mbanié n'alimente plus la polémique, c'est parce
que la passion qui l'a entourée ne s'est guère
imposée face à la raison qui commande encore
aujourd'hui que les deux pays continuent leurs
discussions en vue de parvenir à un accord.
Celles suscitées par le privatisation de Gabon
Télécom-Libertis et aujourd'hui le projet
Bélinga, ne sont pas loin d'atteindre, elles
aussi, leurs épilogues, au regard de leurs
évolution respective.
Dans tous les cas, en dépit
de ce qu'elles touchent respectivement à la
territorialité, la privatisation et à
l'exploitation d'un gisement de fer mêlant
environnement et développement, le dénominateur
commun ou encore le substrat de toutes ces
affaires est la défense de la souveraineté
nationale. En un mot, le droit d'un pays à
disposer de lui-même, de ses richesses, de son
territoire et à définir ses priorités.
DENONCIATION• Concernant
l'affaire Mbanié, portant sur le litige
frontalier qui oppose le Gabon et la Guinée
Equatoriale autour de trois îlots proches les
uns des autres, Mbanié ( 30 ha), Conga (20 km 2)
et Cocotier, un minuscule caillou, situés dans
la baie de Corisco au large des côtes des deux
pays, dans des eaux potentiellement riches en
pétrole, elle a pris une tournure polémique à la
suite des révélations de la presse sur une
supposée démarche visant la vente par des
membres du gouvernement d'une partie du
territoire, assimilée à la perte de la
souveraineté nationale. L'affaire Gabon
Télécom-Libertis, relative à la cession par le
gouvernement de deux entreprises nationales de
télécommunications et de téléphonie mobile à un
groupe financier étranger, fait suite à la
dénonciation par des agents de Libertis des
conditions de cette transaction. Ce qui a amené
une certaine opinion à parler d'une tentative de
bradage de la souveraineté nationale, telle que
l'atteste la déclaration tonitruante d'un
parlementaire, indiquant que le Gabon, par le
fait de cette privatisation,était devenu la
province d'un pays ami. Quant à Bélinga,
il est apparu que, même si la
souveraineté nationale à proprement parler n'est
guère contestée, le fait que l'on
veuille mettre en évidence l'intérêt mondial
dont le Gabon serait comptable du fait du riche
patrimoine environnemental qu'il abrite, sonne
tout comme. Les défenseurs occidentaux et
nationaux de l'environnement qui critiquent et
dénoncent les choix opérés en vue de
l'exploitation de ce gisement de fer par la
Chine, veulent faire du Gabon et de la forêt qui
couvre 80% de son territoire, une simple réserve
destinée à recycler le gaz carbonique émis par
les pays hautement industrialisés. Ce qui laisse
penser qu'on veut amener le Gabon, partie
intégrante du Bassin du Congo, deuxième massif
forestier du monde après l'Amazonie, à sacrifier
son développement sur l'autel de la préservation
des écosystèmes. Ce que réfute bien évidemment
le président Omar Bongo Ondimba, dont la
dimension environnementale de son agir
politique, est une constante, n'en reste pas
moins soucieux du développement du pays et du
mieux-être de ses concitoyens. D'où sa position
ferme mainte fois réaffirmée " quoi qu'il en
soit, quoi qu'on en dise Bélinga se fera ".
EXPRESSION. Qu'à cela ne
tienne et au-delà de leurs implications et des
ressorts dur sous-tendent ces différentes
affaires, la popularité dont ont bénéficié ces
affaires illustre bien le haut niveau de la
démocratie dans notre pays. Le Gabon fonctionne
effectivement selon le mode démocratique, en
témoignent la liberté d'expression, celles
syndicale et associative, garanties par la
Constitution de la République,une presse libre
et plurielle qui s'est fait l'écho de ces
maires; des Organisations non gouvernementales
(ONG) qui sont montées au créneau pour dénoncer
les choix, décisions et autres actes posés par
le gouvernement. Tout comme les acteurs
politiques se sont impliqués par des prises de
positions dénonciatrices et l'opinion nationale
qui s'est finalement saisie.
Le débat qui s'est ensuivi
traduit l'incontestable avancée démocratique du
pays, révélatrice de ce que, par rapport au
passé, plus rien ne peut se faire en cachette
dans les salons cossus et sous les lambris dorés
sans qu'un compatriote ou un groupe de pression
ne réagisse de diverses manières pour
s'émouvoir, interpeller, appeler à une prise de
conscience, à amener la sphère dirigeante à
changer d'option, de stratégie et d'orientation.
"Maison de verre" comme l'a souvent dit
le président de la République, Omar Bongo
Ondimba, parlant du Gabon, il devient
incontestable d'affirmer de ce fait que la
transparence et la bonne gouvernance ne sont
plus seulement des concepts, mais qu'elles
s'ancrent dans les moeurs gabonaises. Le peuple
gabonais a démontré qu'il tient plus que par le
passé à ce que ses gouvernants rendent des
comptes de ce qu'ils font, disent ce qu'ils font
en son nom, s'expliquent sur la pertinence ou
non de leurs décisions et la justesse de leurs
choix. Ces exigences sont l'expression et
l'affirmation d'une réelle prise de conscience
des citoyens par rapport à la responsabilité qui
est celle des autorités dans la gestion des
affaires de l'État et du rôle qui peut être le
leur dans la vie démocratique et la marche du
pays. Car, il est apparu, au fil de ces
affaires, que les antagonismes factuels ont
disparu, les animosités et haines se sont
atténuées. Les Gabonais ont fait la
démonstration qu'ils suivent de près tout ce qui
touche à leur pays, engagea nation toute
entière. Ce fort élan de patriotisme s'est
observé à caque fois qu'il s'est agi de faire
bloc dernière le président de la République pour
défendre les intérêts du pays, puisque sur ces
trois affaires Mbanié, Gabon Télécom, Bélinga,
l'opinion nationale a adopté en définitive la
position du chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba,
confirmant son engagement pour une solution
négociée au litige frontalier Mbanié, la
réalisation du projet Bélinga et la poursuite du
processus de privatisation engagé par le
gouvernement.