DÉGRADATION DU RÉSEAU ROUTIER
NATIONAL
Cocobeach coupée du reste du pays
Depuis bientôt un mois, cette
ville du département de la Noya (Estuaire) est
inaccessible par voie terrestre.
DEPUIS plusieurs semaines,
Cocobeach, ville de la province de l'Estuaire,
est coupée du reste du pays. Impossible pour les
usagers de la route de rallier cette localité
très fréquentée du fait de sa proximité avec la
République de Guinée Equatoriale.
Les pluies diluviennes qui
s'abattent sur le territoire national ces
derniers temps, ont considérablement dégradé la
route, peu entretenue, menant à cette ville.
C'est à partir du village
Akanabot situé à 60 km de Libreville que
commence le calvaire des usagers de la route.
Pour franchir cette zone, il faut disposer d'un
véhicule robuste et avoir la maîtrise du volant.
Le bourbier qui s'y est installé n'a de cesse de
défier les automobilistes qui s'y aventurent.
Seuls les engins d'une société d'électrification
basée dans cette zone arrivent à circuler sans
trop de peine. Les autres voitures s'enlisent
dans la boue. Et cela dure parfois des heures.
Le malheur des uns faisant le
bonheur des autres, les populations de ce
village se frottent les mains à chaque grande
pluie. Certains riverains transforment carrément
leurs cours en postes de péage faisant payer les
automobilistes obligés de passer devant chez eux
pour éviter le bourbier.
Mais pour l'ensemble des
routiers, c'est au village Egneina, situé à 30
km de la commune de Cocobeach, que le voyage
pour le chef-lieu de la Noya prend fin. C'est à
ce niveau que la route a été coupée en deux à la
suite d'un éboulement au niveau d'un pont. La
rivière voisine en a donc profité pour élargir
son lit à cet endroit là. Arrêt obligatoire pour
tous les véhicules venant dans les deux sens.
Pour rallier Libreville ou Cocobeach, les
passagers débarqués de part et d'autre sont
contraints de traverser la rivière sur un pont
de fortune avec tous les risques que cette
traversée périlleuse comporte.
Des compatriotes venus
acheter un cercueil à Libreville pour
l'inhumation de leur grand-mère décédée à
Cocobeach n'oublieront pas de sitôt cette
traversée les pieds presque dans l'eau !
D'autres, fautes de véhicules
pouvant les mener à destination, sont contraints
de passer des nuits entières dans cette brousse.
Sous des abris de fortune, en payant de
surcroît. Drôle de situations dans une province
qui vient pourtant d'abriter deux éditions
successives des fêtes de l'indépendance.