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Le quotidien l'Union du 19 Octobre 2007

 

INFRASTRUCTURES ROUTIÈRES

Faible proportion de routes bitumées en 47 ans d'indépendance

EN matière d'infrastructures routières dans notre pays, on ne cessera jamais de rappeler que "ce secteur est indispensable pour le développement économique et un facteur indéniable d'unification des peuples". Il importe toutefois, de aire appel a la mémoire des uns et dés autres notamment ceux qui ont la responsabilité régalienne de réaliser les infrastructures routières que c'est de leur obligation et par rapport au budget mis à leur disposition à cette fin, de doter le Gabon de routes fiables et carrossables en toutes saisons.

Ces obligations sont d'autant plus primordiales qu'il est question, en fait, de matérialiser la volonté politique de développer le pays, en mettant en avant les enjeux économiques et sociaux de la route. Force est de constater que depuis l'accession du Gabon à la souveraineté nationale, moins de 1000 Km ont été bitumés.

En effet, sur un linéaire global de 9170 Km, le réseau routier national ne compte crue 10,2% de routes goudronnées, soit 935,34 Km. Une proportion bien inférieure à celle de certains pays de la sous-région, notamment la Guinée-Equatoriale (12%) et surtout, le Cameroun qui dispose près de 50% des routes bitumées sur un linéaire national de 50 000 Km (lire L'Union du 16 octobre).

L'on pourrait s'arrimer à l'argument selon lequel "comparaison n'est pas raison", mais l'on ne doit pas perdre de vue que c'est en s'appuyant sur l'expérience des autres que l'on peut réussir. Car, avant d'être ce qu'elle est aujourd'hui, la France (notre modèle) a su développer son réseau routier, en plus de l'agriculture intensive.

Le Gabon ne peut pas se soustraire à cette démarche logique vers un développement endogène en rapport avec ses potentialités. C est l'idéal auquel aspirent les populations gabonaises de l'intérieur du pays qui voient chaque jour, leurs routes se dégrader à l'exception bien sûr du grand Nord. Un exemple de l'impact des infrastructures routières sur le développement d'une province, d'un pays ou d'une région. A en croire les originaires du Grand Nord, les routes bitumées de la province ont considérablement bouleversé les donnes dans la province, tant au niveau de l'agriculture qu'à celui du paysage commercial et touristique. Et si la même opération est réalisée dans toutes les provinces du pays, on ferait aisément le tour du Gabon par voie terrestre. Y compris de l'Ogooué-Maritime, particulièrement les départements de Ndougou et d'Etimboué, en passant respectivement par Tchibanga Nyanga) et Mandji (Ngounie).

Dans notre pays, rappelons-le, l'histoire de la construction des infrastructures de transport est récente, en raison du choix du colonisateur français qui avait privilégié, à cet égard, le territoire voisin du Congo parce que Brazzaville était la capitale de l'AEF. La construction des premières routes remonte, ainsi, au lendemain de la seconde guerre mondiale (1939-1945).

A en croire certaines opinions dignent de foi, "le développement du seul secteur routier a été victime de la priorité accordée à la construction du chemin de fer Transgabonais". En effet, pendant la période de lancement et de construction (1971-1988), le chemin de fer a absorbé 885 milliards de francs (chiffre officiel), soit 66% des investissements publics consacrés à l'ensemble des infrastructures de transport, lesquels investissements s'élevaient à 1 335 milliards.

Mais l'on se rappelle aussi que les investissements publics consacrés aux aménagement routiers ont atteint 50 milliards de francs en 1998. Ce montant n'inclut pas les dépenses liées à l'entretien du réseau, qui étaient de l'ordre de 6 à 7 milliards de francs par an jusqu'en 1997, lorsque le Fonds d'entretien routier (Fer) a été mis en place.

Aujourd'hui, si l'on rte peut pas en construire d'autres, l'entretien des routes existantes est possible. A condition que l'on cible objectivement les routes prioritaires à entretenir, que l'on démarre et conduise normalement les programmes d'entretien routier mis en place, et qu'on ait le courage de dénoncer les pratiques peu orthodoxes qui sont développées dans ce secteur.

En dehors de l'Estuaire, du Woleu-Ntem, du Haut-Ogoouè et du Moyen-Ogooué dans une moindre mesure) qui disposent de routes relativement développées, les autres régions du pas connaissent une carence en la matière. La Ngounié, la Nyanga et l'Ogooué-Ivindo étant actuellement, les plus défavorisés.

Source : Journal L'Union Plus du 19/10/2007

 

 



   

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