INFRASTRUCTURES ROUTIÈRES
Faible
proportion de routes bitumées en 47 ans
d'indépendance
EN matière d'infrastructures
routières dans notre pays, on ne cessera jamais
de rappeler que "ce secteur est indispensable
pour le développement économique et un facteur
indéniable d'unification des peuples". Il
importe toutefois, de aire appel a la mémoire
des uns et dés autres notamment ceux qui ont la
responsabilité régalienne de réaliser les
infrastructures routières que c'est de leur
obligation et par rapport au budget mis à leur
disposition à cette fin, de doter le Gabon de
routes fiables et carrossables en toutes
saisons.
Ces obligations sont d'autant
plus primordiales qu'il est question, en fait,
de matérialiser la volonté politique de
développer le pays, en mettant en avant les
enjeux économiques et sociaux de la route. Force
est de constater que depuis l'accession du Gabon
à la souveraineté nationale, moins de 1000 Km
ont été bitumés.
En effet, sur un linéaire
global de 9170 Km, le réseau routier national ne
compte crue 10,2% de routes goudronnées, soit
935,34 Km. Une proportion bien inférieure à
celle de certains pays de la sous-région,
notamment la Guinée-Equatoriale (12%) et
surtout, le Cameroun qui dispose près de 50% des
routes bitumées sur un linéaire national de 50
000 Km (lire L'Union du 16 octobre).
L'on pourrait s'arrimer à
l'argument selon lequel "comparaison n'est pas
raison", mais l'on ne doit pas perdre de vue que
c'est en s'appuyant sur l'expérience des autres
que l'on peut réussir. Car, avant d'être ce
qu'elle est aujourd'hui, la France (notre
modèle) a su développer son réseau routier, en
plus de l'agriculture intensive.
Le Gabon ne peut pas se
soustraire à cette démarche logique vers un
développement endogène en rapport avec ses
potentialités. C est l'idéal auquel aspirent les
populations gabonaises de l'intérieur du pays
qui voient chaque jour, leurs routes se dégrader
à l'exception bien sûr du grand Nord. Un exemple
de l'impact des infrastructures routières sur le
développement d'une province, d'un pays ou d'une
région. A en croire les originaires du Grand
Nord, les routes bitumées de la province ont
considérablement bouleversé les donnes dans la
province, tant au niveau de l'agriculture qu'à
celui du paysage commercial et touristique. Et
si la même opération est réalisée dans toutes
les provinces du pays, on ferait aisément le
tour du Gabon par voie terrestre. Y compris de
l'Ogooué-Maritime, particulièrement les
départements de Ndougou et d'Etimboué, en
passant respectivement par Tchibanga Nyanga) et
Mandji (Ngounie).
Dans notre pays,
rappelons-le, l'histoire de la construction des
infrastructures de transport est récente, en
raison du choix du colonisateur français qui
avait privilégié, à cet égard, le territoire
voisin du Congo parce que Brazzaville était la
capitale de l'AEF. La construction des premières
routes remonte, ainsi, au lendemain de la
seconde guerre mondiale (1939-1945).
A en croire certaines
opinions dignent de foi, "le développement du
seul secteur routier a été victime de la
priorité accordée à la construction du chemin de
fer Transgabonais". En effet, pendant la période
de lancement et de construction (1971-1988), le
chemin de fer a absorbé 885 milliards de francs
(chiffre officiel), soit 66% des investissements
publics consacrés à l'ensemble des
infrastructures de transport, lesquels
investissements s'élevaient à 1 335 milliards.
Mais l'on se rappelle aussi
que les investissements publics consacrés aux
aménagement routiers ont atteint 50 milliards de
francs en 1998. Ce montant n'inclut pas les
dépenses liées à l'entretien du réseau, qui
étaient de l'ordre de 6 à 7 milliards de francs
par an jusqu'en 1997, lorsque le Fonds
d'entretien routier (Fer) a été mis en place.
Aujourd'hui, si l'on rte peut
pas en construire d'autres, l'entretien des
routes existantes est possible. A condition que
l'on cible objectivement les routes prioritaires
à entretenir, que l'on démarre et conduise
normalement les programmes d'entretien routier
mis en place, et qu'on ait le courage de
dénoncer les pratiques peu orthodoxes qui sont
développées dans ce secteur.
En dehors de l'Estuaire, du
Woleu-Ntem, du Haut-Ogoouè et du Moyen-Ogooué
dans une moindre mesure) qui disposent de routes
relativement développées, les autres régions du
pas connaissent une carence en la matière. La
Ngounié, la Nyanga et l'Ogooué-Ivindo étant
actuellement, les plus défavorisés.