ELECTIONS LOCALES 2007
Le
processus lance sur fond de polémique sur la
biométrie
Après la désignation des
résidents des commissions locales, le calendrier
électoral devrait être rendu public par la
plénière de la Cénap. Les partis politiques de
la majorité et de l'opposition doivent avant
tout désigner leurs représentants à la plénière.
LE processus électoral en vue
du renouvellement des assemblées municipales et
départementales a été lancé à-la faveur de la
désignation des présidents des commissions
locales, sur fond de polémique sur la biométrie
adoptée par la classe politique gabonaise en vue
de garantir la transparence électorale.
Les responsables locaux
nommés jeudi dernier à la suite d'une réunion du
bureau de la Commission électorale nationale
autonome et permanente réunie à son siège à la
cité de la Démocratie, sont chargés de
l'organisation de la prochaine consultation
électorale qui se tiendra dans 82
circonscriptions électorales contre 62, il y a
cinq ans, lors des précédentes locales, en
raison de la création de nouveaux départements
du Cap Estérias et du Como-Océan, dans la
province de l'Estuaire.
Si leur désignation marque le
début effectif du processus en vue de l'élection
des présidents des conseils municipaux et
départementaux, le calendrier électoral fixant,
quant à lui, les dates de dépôt et examen des
candidatures, de convocation du collège
électoral, ne sera rendu public par la Cenap que
lorsqu'elle aura réuni sa plénière d'ici cette
fin de semaine. Du moins, comme le souhaitent
les responsables de cette institution mise en
place pour organiser, superviser (...) les
opérations électorales dans le pays.
Or, la plénière, qui est
l'organe de délibération au sein de la Cenap, ne
peut être convoquée qu'une fois que les partis
politiques de la majorité et de opposition,
ainsi que les ministères techniques, auront
désigné leurs représentants. Lesquels doivent
être connus dans les plus brefs délais pour
permettre au président de la Commission
électorale nationale autonome et permanente René
Aboghé Ella et ses collègues, de disposer d'un
peu plus de temps pour entamer la phase
importante de préparation des opérations de
votation, si l'on veut qu elles se tiennent au
plus tard le 15 janvier 2008, date butoir au
delà de laquelle le vote doit être organisé,
sauf cas de force majeure pouvant amener le
report de cette échéance de quelques jours.
Un facteur temps qui doit
être pris en compte, d'autant plus que d'autres
étapes aussi importantes que la désignation des
délégués des partis politiques au sein des
bureaux des commissions locales, leur prestation
de serment devant la Cour constitutionnelle,
ainsi que leur acheminement vers leurs
différentes circonscriptions respectives,
nécessitant le déblocage de moyens financiers,
sont également nécessaires pour l'aboutissement
du processus enclenché par la Cenap.
ORDONNANCE. Cela exige
donc des deux camps politiques concernés par les
phases d'organisation au niveau de la Commission
nationale et de ses démembrements locaux, la
désignation rapide de leurs délégués. Une étape
qui devrait se faire, espèrent certaines
sources, sans que la non mise en ouvre de la
biométrie en vue de la révision des listes
électorales, ne soit prise comme un motif de
blocage de ce processus. Car, au moment où les
présidents de ces organes étaient nommés, la
polémique n'avait cessé d'être amplifiée, au
regard des déclarations faites ici et là par
différents acteurs partisans ou non de
l'instauration immédiate du nouveau dispositif
d'identification des électeurs. Celui-ci ayant
été introduit dans la loi portant sur les
élections politiques, à la suite de leurs
discussions politiques autour du président Omar
Bongo Ondimba, ouvertes d'abord en mai 2006,
puis en juillet 2007 pour renforcer la
transparence électorale.
Effectivement, l'opposition
gabonaise, principalement, qui avait fait de son
instauration un facteur important de
transparence et de crédibilité du vote, en sus
des enveloppes accolées expérimentées lors des
législatives 2006 et de la distribution
procès-verbaux aux représentants des candidats.
Ce camp politique n'a pas hésité à monter au
créneau pour dénoncer la non exécution de
l'ordonnance prise par le président de la
République comportant en son article 48 des
éléments de biométrie que sont l'empreinte
digitale et la photo. Il a accusé la majorité et
le ministère de l'Intérieur, de freiner des
quatre fers la faisabilité de la biométrie, en
arguant des difficultés techniques relatives au
temps imparti pour la phase de révision des
listes électorales ainsi que les problèmes
financiers qui se posent, également.
BATAILLE• Pour
l'opposition, l'introduction de ce nouveau
procédé, consistant à mettre sur la carte
électorale les empreintes digitales et la photo
de l'électeur, devrait permettre, comme l'a
indiqué, Paul-Marie Gondjout, responsable des
élections de l'UGDD, d'aller aux élections avec
des listes propres, dépouillées de tout soupçon.
Dans cette perspective,
l'opposition tient mordicus à ce module
d'identification devant, selon certains de ses
responsables, changer considérablement les
règles du jeu en matière de transparence. Elle
n'entend pas céder sur cette question, et estime
poursuivre son combat, Lequel semble quelque peu
perdu du côté de l'Assemblée nationale dominée
par le Parti démocratique gabonais, (PDG), où en
dépit de son acceptation, on souhaite vivement
que la mise en place de la biométrie soit
encadrée d'un dispositif juridique protégeant
les libertés, notamment. N'empêche que si aucune
indication fia ne permet, pour l'heure, la mise
en oeuvre de ce dispositif pour les locales en
cours de préparation, la question que l'on se
pose est de savoir si les conditions sont
réunies pour aller aux urnes avec des cartes
électorales intégrant les aspects de la
biométrie.