ENTRÉE POLITIQUE DU GROUPE
PARLEMENTAIRE PDG HIER
La
biométrie et le chômage en ouverture
Ces membres du gouvernement
directement concernés par ces deux questions
d'importance ont entretenu l'auditoire à travers
deux exposés qui ont été ponctués par des
échanges avec les parlementaires.
LE groupe parlementaire PDG à
l'Assemblée nationale, qui a fait hier sa
rentrée politique à l'immeuble Arambo en
présence du Premier ministre chef du
gouvernement Jean Eyéghé Ndong, n'a pas dérogé à
la tradition qui veut que des membres du
gouvernement, selon les thèmes choisis, viennent
à l'occasion, faire des exposés pour ne pas dire
carrément animer dés conférences-débats dont le
but visé est d'éclairer les parlementaires et le
public sur un certain nombre de questions dont
ils ont la maîtrise.
Cette année, outre les deux
thèmes, "la femme, base de la société, clé du
développement et de l'éducation" et " l'impact
de la libéralisation économique et commerciale
selon les Accords de partenariat économique
ACP-UE" qui vont être respectivement présentés
par Angélique Ngoma ce matin et Paul Biyogué Mba
l'après-midi, deux autres thèmes, "Avantages et
inconvénients de l'introduction de la biométrie
dans notre code électoral" et "Les jeunes face
au chômage" ont constitué la trame des débats
d'hier entre membres du gouvernement et
parlementaires.
Le premier à s'être soumis au
rituel a été le ministre d'État en charge de
l'Intérieur André Mba Obame pour éclairer la
lanterne des uns et des autres à propos de
l'introduction de la biométrie dans notre
système électoral, avec ceci que son
intervention se situe dans le prolongement de
celle faite vendredi dernier à l'Assemblée
nationale.
Le ministre d'État s'est donc
borné au cours de son intervention à définir ce
qu'est la biométrie, à donner les raisons ayant
prévalu à son introduction et à présenter ses
avantages et inconvénients dans le système
électoral.
DÉBATS NOURRIS• L'on
retiendra pour l'essentiel que la
biométrie est un procédé qui permet d'identifier
une personne à partir de ses caractéristiques
individuelles (empreintes digitales, traits de
visage, etc.) que son introduction dans le code
électoral a été rendue possible à la suite de la
concertation poli tique entre la ma et
l'opposition suivie de l'arbitrage du
président de la République, que ce procédé va
participer au mieux à la gestion du chier
électoral en rendant inopérant l'usage de la
falsification dans bien des cas, mais qu'il
présente néanmoins quelques inconvénients en ce
qu'il ne permettra malheureusement pas
d'identifier les détenteurs frauduleux des
cartes nationales d'identités en plus du fait
que les données biométriques entre les mains de
personnes dangereuses peuvent, selon le membre
du gouvernement, avoir des conséquences
nuisibles pour les citoyens.
André Mba Obame qui a pris
soin de porter à la connaissance des députés et
sénateurs du PDG présents dans la salle que
l'introduction de la biométrie si elle est
effective coûtera au contribuable entre 6 et 8
milliards de francs, n'a pas non plus manqué de
présenter d'autres avantages que peut engendrer
l'introduction de la biométrie sur un certain
nombre d'actes administratifs, en matière de
visas notamment. Les autorités françaises et
américaines, qui sont prêtes à accorder aux
citoyens gabonais des facilités de circulation
dans leurs pays respectifs, attendent de nous
des garanties en ce qui concerne la gestion du
registre d'état civil. D'autant qu'il est
actuellement géré dans une totale incurie, vu
que l'obtention d'une carte nationale d'identité
préalable à l'obtention d'un passeport fait
l'objet d'un trac en tout genre. André Mba Obame
allant même jusqu'à faire part de ce que 2 faux
passeports gabonais détenus par des étrangers,
n'ayant jamais obtenu la nationalité gabonaise,
ont été saisi en France. Et semble-t-il
l'introduction de la biométrie aura four, entre
autres effets, d'atténuer le trafic des
passeports.
Si certains députés,
s'inquiètent de ce que l'introduction de la
biométrie dans le système électoral fait courir
le risque de voir le PDG perde le pouvoir en ce
qu'elle induit la transparence électorale , ils
sont néanmoins nombreux à croire à ce système si
tant est que sa mise en oeuvre est sous-tendue
par une législation qui garantisse la
préservation des libertés individuelles.
L'exposé du ministre d'État a
été suivi par une série de questions des
parlementaires, par des avis, des propositions
qui ont permis en tout cas de nourrir et rendre
les débats plus consistants. La même atmosphère
a prévalu dans l'après-midi lorsque Christiane
Bitougat est venue présenter son exposé.