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Le quotidien l'Union du 17 Octobre 2007

 

CIRCULATION SUR LA NATIONALE 2

Le trafic perturbé à Ndjolé

Malgré les travaux de déblayage effectués par les engins des Travaux publics au lendemain de la grogne des populations locales, la traversée de cette ville en voiture reste encore une véritable gageure en raison des bourbiers récurrents.

LA traversée, en voiture, de la ville de Ndjolé, le chef-lieu du département de l'Abanga-Biné, reste encore une course d obstacles, nonobstant les travaux de déblayage effectués par les engins des Travaux publics (TP), dépêchés sur le terrain au lendemain de la grogne des populations locales. En effet, les véhicules éprouvent toujours de graves difficultés à y circuler, en raison de l'état de la chaussée qui se transforme, à chaque averse, en véritable patinoire.

De fait, le malaise s'est amplifié ces derniers temps avec les pluies diluviennes qui tombent dans la région. Car, les engins des T.P se sont jusque-là limités à racler la terre pour faire disparaître les bourbiers qui étaient devenus infranchissables. A chaque averse, la circulation est perturbée. Seuls les véhicules 4x4 parviennent à surmonter la difficulté. "Nous sommes souvent obligés de faire descendre les passagers pour traverser la partie de la chaussée dégradée Parfois, on s'y embourbe"; nous a confié le chauffeur d'un bus qui dessert la ville d'Oyem.

Le pire est souvent à craindre à la descente ou à la montée de Bilavion. Car, la chaussée y est particulièrement glissante. Les voyageurs sont souvent contraints de descendre de leurs véhicules pour marcher dans la boue avant d'aller embarquer après avoir franchi l'obstacle. Le calvaire s'étend sur près de quatre kilomètres. De toute évidence, le bitumage de ce tronçon apparaît comme la solution idoine pour améliorer les conditions de circulation des personnes et des biens. Mais cette solution ne semble pas d'actualité. Selon un technicien du ministère des Travaux publics - que nous avons rencontré sur le terrain - seul le déblayage de la chaussée est prévu.

Une oeuvre qui ne semble pas du tout aisée, les techniciens dépêchés étant confrontés à un manque de matériel. C'est d'ailleurs l'entreprise Sobéa Satom, qui aurait mis à contribution ses engins pour décanter, un tant soit peu, la situation. Devant la dégradation très avancée de la principale voie de Ndjolé, les populations étaient montées au créneau, la semaine dernière, pour secouer l'indolence des autorités compétentes, lesquelles sont restées longtemps indifférentes devant la détérioration du tronçon communal. A l'aide des futs, des pneus et des morceaux de bois, des centaines de jeunes avaient érigé des barricades à la sortie de la ville et sur le pont situé en plein coeur de la ville.

OSTRACISME• Conséquences: la circulation est restée paralysée, plusieurs jours durant. "Aucun véhicule ne pouvait traverser la ville. Les passagers était obligés de descendre, de marcher et d'aller emprunter d'autres véhicules après avoir traversé les barricades"; a expliqué une jeune femme. Les manifestants qui étaient munis de gourdins avaient même bloqué une ambulance qui transportait un évacué sanitaire en provenance de l'Ogooué-Ivindo. II s'ait d'un ancien préfet, qui aurait rendu l'âme en chemin après avoir traîné devant les barricades. Devant la gravité de la situation, les autorités gouvernementales ont dépêché des éléments de la brigade anti-émeute de la gendarmerie.

A l'aide des bombes lacrymogènes, les agents sont parvenus à disperser les manifestants, résolus à aller jusqu'au bout de leur logique. Une semaine après l'intervention musclée de la gendarmerie, un calme précaire règne à Ndjolé. Mais les jeunes que nous avons rencontrés lors de notre passage ont promis de faire encore parler d'eux si la principale voie de leur ville n'est pas réhabilitée. Dans l'absolu, tout le monde est d'accord pour que cette route intégrée à la Nationale 2 soit recouverte de bitume. Ce qui, relève-t-on, éviterait le phénomène de bourbiers dont Ndjolé est le théâtre ces dernières années.

Si la colère des populations n'a pas permis de régler le problème dans son entièreté, il n'en demeure pas moins qu'elle a amené les autorités compétentes à rompre avec l'indifférence et à envisager des solutions au problème posé. "Le gouvernement est comme un cocotier; il faut le bousculer pour qu'il fasse tomber des noix de coco", a d'ailleurs ironisé un notable de la localité. Au demeurant, la dégradation du réseau routier de Ndjolé a donné une image assez repoussante à cette petite ville située au bord de l'Ogooué. Sa traversée rebute les automobilistes à cause des pannes qu'elle ne manque pas d'occasionner aux véhicules. Les populations du chef-lieu du département de l'Abanga-Bigné ont toujours vécu cette situation, au mieux comme une frustration et au pire comme un ostracisme dont elles seraient victimes de la part du gouvernement.

Le fait que le programme de bitumage de la Nationale 2 ait "sauté" Ndjolé n'a fait qu'attiser les rancoeurs. Certains riverains ont justifié cette marginalisation par le fait que la ville a toujours été considérée par les gouvernants comme un bastion de l'opposition. "On nous a privé de beaucoup de bienfaits parce que nous étions favorables à l'opposition. Pourtant, nous sommes des citoyens gabonais à part entière," s'est lamenté un autre notable. Devant la dégradation de la principale voie de communication de Ndjolé, les riverains attendent donc une réhabilitation totale de cette route et non une simple solution palliative.

Source : Journal L'Union Plus du 17/10/2007

 

 



   

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