ACCORDS ACP/UE
Le
CONAPE émet des réserves sur un engagement
national en décembre 2007
Le Gabon doit prendre part, le
29 octobre prochain à la réunion des ministres
devant constituer le terme des négociations des
accords de partenariat économique, qui devraient
être marqués, fin décembre, par un engagement
des chefs d'État, avant d'envisager le processus
de ratification.
VENDREDI dernier, les experts
de l'État et de la société civile, réunis à la
Chambre de Commerce, dans le cadre du comité
national de négociations de cet Accord de
partenariat économique (CONAPE), après plusieurs
heures d examen des questions soumises à l'ordre
du jour, se sont séparés sur la quasi-certitude
qu'en l'état actuel de l'avancement du dossier,
il serait hasardeux, pour le Gabon, de signer le
31 octobre, l'Accord de partenariat économique
(APE).
Au cours de ces travaux, un
des représentants de la société civile, Mme
Yvette Rékangalt Ngwévilo, a estimé que l'Accord
de partenariat économique, qui propose aux pays
ACP, un régime préférentiel en matière de
commerce, avec l'Union Européenne, distinct du
régime général applicable aux pays hors ACP,
devrait faire l'objet d'un séminaire national,
puis d'un référendum. Pour cela, elle a souhaité
que le Gabon négocie un différentiel de 3 ans,
afin de mieux se préparer.
Le ministre du Commerce et du
Développement industriel, chargé du Nepad,
président du CONAPE, devra s'appuyer sur. les
conclusions et recommandations des experts, pour
édifier le gouvernement, puis le Parement sur
l'état d'avancement de ce dossier, avant de
s'envoler pour Bruxelles. La position du Gabon,
pour la signature ou non de l'accord, doit, du
reste, intégrer la position globale formulée par
l'ensemble des six États membres de la CEMAC.
Or, après les travaux de Yaoundé, il y a
quelques mois, et de Kinshasa, le 16 septembre
dernier, les techniciens venus de nos pays
n'étaient toujours pas parvenus à accorder leurs
violons sur l'ensemble des questions. Ainsi, la
liste tarifaire des produits commerciaux à
exclure de l'Accord de partenariat économique
demeure imprécise, ainsi cive celle des
services. De même, les experts n'ont pas encore
entamé l'examen des textes juridiques devant
servir de ase à l'accord. Étant donné que ces
textes dépendront des données à intégrer dans le
protocole.
NÉGOCIATIONS. Des raisons
techniques qui militent donc, en faveur d'un
report de signature de le 31 décembre 2007. Il
reste que le gouvernement peut opter pour la
signature,à cette date, d'un accord cadre qui
laissera la porte ouverte à la poursuite des
négociations tout en manifestant sa volonté
d'intégrer le régime référentiel proposé par
l'Europe.
Certaines voix se sont
toutefois élevées, au sein du CONAPE, pour
militer en faveur du refus pour le Gabon de L'APE,
estimant que notre pays ne serait pas plus mal
loti, s'il optait pour Ie SPG, système de
partenariat généralisé. Mais il faut savoir que
l'Organisation mondiale du commerce (OMC),
attend beaucoup de ces négociations, et si
l'Union Européenne acceptait une dérogation à la
signature, elle devrait payer des pénalités.
Rien n'est donc simple.
A Bruxelles, de nombreux ONG
et autres représentants de la société civile
prévoient une manifestation pour que la
signature de cet accord soit différée.
Pour le Gabon, des centaines
de milliards, en terme de recettes fiscales,
sont en jeu. Il s'agira donc de savoir ce que
cet accord va coûter à notre économie, avant de
s'engager,. Les experts voulant se donner le
temps de procéder aux calculs afin d'éclairer la
lanterne du gouvernement. Du reste, les
retombées que nous en tirerions, dépendront de
l'effort d'intégration de notre sous-région et
aussi de la volonté de notre pays à réformer son
économie. Le CONAPE a été créé par décret du
président de la République n°000236/PR/MCDIN du
11 avril 2005. Il a pour mission, entre autres,
de mettre en place un système opérationnel de
suivi permanent des négociation de l'Accord de
partenariat économique, ainsi que tous les
accords commerciaux, au plan régional, la CEMAC
ou la CEEAC; d'analyser et d'évaluer l'impact de
l'accord sur les différents secteurs de
l'économie national; de proposer au gouvernement
les solutions appropriées en vue de définir et
dé consolider une position nationale; d'assister
le gouvernement dans la préparation et l'examen
de sa politique de développement.
Rappelons que l'Accord de
partenariat économique, conformément à notre
Constitution, en tant que traité commercial,
doit effectivement faire l'objet d'une loi
référendaire.