FAIT DIVERS
Trois
décès inexpliqué à Franceville Ie week-end
écoulé
Un directeur d'hôtel, le
vigile d'un bar et un prêtre de la ville, lui,
décédé en France; sont tous morts le week-end
dernier. Même si ces disparitions subites ne
semblent pas avoir de liens entre elles,
certains dans la capitale altogovéenne
n'hésitent pas à parler de série noire.
C'est
à leur réveil, dimanche dernier, que les clients
de l'hôtel Poubara, l'ensemble du personnel et
les autorités de la cité ont appris la
triste nouvelle : le décès brutal et inexpliqué
du directeur d'exploitation de l'établissement,
Michel Carré, bien connu dans la capitale
provinciale du Haut-Ogooué. Il avait rendu l'âme
dans la nuit à son domicile.
Que s'est-il passé exactement
? Toujours est-il que cette mort qui a plongé
tout le monde dans une profonde consternation au
vu des multiples témoignages qu'elle suscite.
D'abord ceux des autorités provinciales, en
l'occurrence le gouverneur Mamadou Ntsoumou et
le préfet central, Pascal Yama Lendoye, qui se
sont rendus à la maison des pompes funèbres
Altosep aux côtés du consul honoraire de France
dans le Haut-Ogooué, Donald Moratinos. Pour ces
personnalités, Michel Carré était un homme
jovial et sympathique, qui dirigeait avec un
réel succès son hôtel au vu du nombre de
fréquentations dans cette structure hôtelière
particulièrement bien tenue. En tout cas, les
clients n'ont jamais eu à se plaindre des
conditions d'hébergement de l'hôtel Poubara.
Michel Carré, mort à 62 ans, avait su mériter le
respect et la considération de tous.
D'où la forte émotion qui
étreint ses collaborateurs. Pour ceux-ci,
au-delà du fait qu'il était leur patron, Michel
Carré était aussi un père qui savait gérer son
monde avec simplicité et professionnalisme. Tous
ont déploré cette mort brutale alors qu'ils
avaient beaucoup de chantiers à réaliser
ensemble. Pour se résigner et atténuer leur
douleur, ils invoquent les Saintes écritures
pour dire que c'est un passage obligé.
A propos justement de cette
perte, la présidence de la République a envoyé
aussitôt une délégation comprenant, entre
autres, l'ancien ministre Jean-Pierre Okias, Mme
Dukuly ainsi que M. Obeye, directeur chargé des
voyages du chef de l'Etat. Ils sont allés voir,
avec les responsables locaux de l'hôtel
endeuillé, dont Mme Magui, les modalités du
rapatriement de la dépouille vers la France. De
leur côté aussi, l'émotion était profonde et ils
se sont tous dit très choqués par cette perte. A
ce sujet, le Dr Okias qui a déclaré qu'il
reviendrait certainement pour les obsèques,
avoue garder de Michel le souvenir de quelqu'un
de très ouvert, d'un ami sincère, doublé d'un
homme qui aimait l'Afrique. En effet, malgré le
fait que toute sa famille vit en Europe, il
avait spontanément répondu à l'invitation de la
première Dame du Gabon, Mme Edith Lucie Bongo
Ondimba, de venir travailler à Franceville.
Et toujours dans ce registre
des disparitions, les fidèles catholiques de la
paroisse Sainte famille de Matébélé dans le
troisième arrondissement de la commune de
Franceville, pleurent eux aussi leur vicaire,
l'abbé Edmond Simonet en poste dans cette ville
depuis 1997. Le religieux avait beaucou
pd'autorité et de charisme. Il savait éveiller
la foi chez ses fidèles. Lui , également est
mort ce week-end à l'âge de 79 ans à
Villier-Luxeuil, près de Besançon en France,
plongeant tout le diocèse de Franceville dans
une peine incommensurable.
Et la série s'est poursuivie,
ce même week-end, avec la disparition du vigile,
de nationalité sénégalaise, du bar le Wallys,
mort sur son lieu de travail. Quand bien même
ces différentes morts n'auraient rien de commun,
il n'empêche que les Francevillois ont connu,
avec ces deuils, une véritable période noire.