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Le quotidien l'Union du 15 Octobre 2007

 

INFRASTRUCTURES ROUTIERES

Un prêt de 165,072 milliards de la BAD pour le programme routier au Gabon

La Banque africaine du développement a accordé à notre pays cet important prêt, approuvé mi-septembre, pour financer la première phase du programme routier (PR1 ). Autrement dit, il devrait contribuer a la réalisation intégrale d'un autre programme, le Programme d'aménagement du réseau routier le PARR . Cependant, l'on observe que l'on n'a quasiment pas avancé sur ce volet, lequel aurait permis e relier es chefs-lieux de province par des routes entièrement bitumées.

LE 17 septembre dernier, en Tunisie,-le Conseil d'administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un prêt de 165,072 milliards de nos francs en faveur du Gabon. Ce montant contribuera, non seulement au financement de la première phase du programme routier PR1), mais viendra aussi en appui aux efforts du gouvernement en matière de diversification de l'économie nationale.

L'opinion nationale, notamment, ne peut que se réjouir de ce que, à moyen terme, le PR1 contribuera également à la réalisation intégrale du Programme d'aménagement du réseau routier (PARR). Ceci devrait permettre à notre pays de se doter, enfin, d'un réseau routier structuré dont la partie revêtue devrait atteindre 30% à l'horizon 2012 contre10,2% en 2004.

Cela devrait également doter le Gabon des tronçons routiers d'intégration sous-régionale répondant aux normes d'aménagement, notamment en direction du Congo et du Cameroun. La première phase du programme routier prévue pour la période 2002011, porte sur un linéaire de près de 245,6 Km, avec des composantes liées à la construction des routes Fougamou-Mouila (112,4 Km), La Léyou-Lastoursville (96,2 Km), et Ndendé-Lébamba (37 Km).

Le programme va en outre, permettre des aménagements connexes, la réalisation des études des tronçons routiers Mouila-Ndendé-Doussala-frontière du Congo (123,5 Km), Ndendé-Tchibanga (93 Km) et Libreville (soit 10 Km à partir du PK5).

Au regard de ce qui précède, l'on ne peut s'empêcher de faire deux observations. La première, pour louer l'effort financier de la BAD, parce que son financement sera aussi consacré au programme du PARR dont la définition, la vision et les objectifs ont été élaborés au début de 1993 pour pallier les conditions difficiles de circulation sur l'espace national, les coûts élevés de transport et de distribution des produits, les échanges inter provinciaux et transfrontaIiers et, partant, l'isolement de certaines zones du pays.

La deuxième observation résulte du fait que, à quelques années de son épilogue, le Programme d'aménagement du réseau routier n'a as avancé dans le sens souhaité à la fois par les gouvernants, les partenaires au développement, les populations et autres usagers. Du moins dans sa majeure partie.

Près de quinze ans après son démarrage, selon les chiffres publiés dans le Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté, 538,8 Km de routes ont été aménagés, renforcés et mis en service. Soit 27% du programme, dont la première phase visait le bitumage de 1936 M Km en cinq ans.

Ce qui voudrait dire que l'on a bitumé, renforcé et mis en service environ 35,5 Km de route par an. Ce tableau comptable de l'exécution du PARR s'explique par le renchérissement de certains tronçons, avec le remplacement d'un revêtement en enduit superficiel bicouche par une couche de roulement en béton bitumineux.

Il s'explique aussi par le non réajustement de l'enveloppe financière pour tenir compte des modifications énoncées ci-dessus, les difficultés économiques ayant entraîné la suspension des décaissements par les institutions financières internationales au détriments de certains projets, l'absence de rigueur et de cohérence en matière de programmation budgétaire, ainsi qu'une irrégularité dans la situation des travaux.

La conséquence a été soit un mauvais phasage des travaux dont la qualité a été compromise, soit arrêt des chantiers avec leur corollaire renchérissement des coûts unitaires (révision des prix), frais d'immobilisation du matériel et du personnel et intérêts moratoires.

Précisons que le PARR a été révisé en 2001, pour couvrir la période 2002/2012. Nous regrettons que, à un peu lus de quatre ans de la fin e ce programme révisé, rien n'a évolué de manière concrète. A l'époque de cette révision, l'objectif était de bitumer 30% du linéaire national qui supporte 80% du trafic de notre pays.

Ce réseau prioritaire s'intègre bien dans celui des itinéraires régionaux intégrateurs de la Communauté des Etats de l'Afrique centrale (Cemac). L'on peut se permettre de croire, au demeurant, que la relance du programme d'aménagement du réseau routier national obéit à la volonté politique de mettre en couvre le programme du développement durable axée sur une volonté de réduction de la pauvreté.

Le développement de la route constitue le plus grand défi que doivent relever nos gouvernants, afin de valoriser le potentiel de développement de l'agriculture gabonaise dans le cadre dé l'autosuffisance alimentaire. La politique du développement de l'industrie extractive n'ont rien apporté à ce secteur. Au contraire, le Gabon dépense plus 120 milliards par an pour les importations alimentaires. Et c'est notre légitime inquiétude dans un pays aux terres cultivables très fertiles.

Source : Journal L'Union Plus du 15/10/2007

 

 



   

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