INFRASTRUCTURES ROUTIERES
Un prêt
de 165,072 milliards de la BAD pour le programme
routier au Gabon
La Banque africaine du
développement a accordé à notre pays cet
important prêt, approuvé mi-septembre, pour
financer la première phase du programme routier
(PR1 ). Autrement dit, il devrait contribuer a
la réalisation intégrale d'un autre programme,
le Programme d'aménagement du réseau
routier le PARR . Cependant, l'on observe que
l'on n'a quasiment pas avancé sur ce volet,
lequel aurait permis e relier es chefs-lieux de
province par des routes entièrement bitumées.
LE 17 septembre dernier, en
Tunisie,-le Conseil d'administration de la
Banque africaine de développement (BAD) a
approuvé un prêt de 165,072 milliards de nos
francs en faveur du Gabon. Ce montant
contribuera, non seulement au financement de la
première phase du programme routier PR1), mais
viendra aussi en appui aux efforts du
gouvernement en matière de diversification de
l'économie nationale.
L'opinion nationale,
notamment, ne peut que se réjouir de ce que, à
moyen terme, le PR1 contribuera également à la
réalisation intégrale du Programme d'aménagement
du réseau routier (PARR). Ceci devrait permettre
à notre pays de se doter, enfin, d'un réseau
routier structuré dont la partie revêtue devrait
atteindre 30% à l'horizon 2012 contre10,2% en
2004.
Cela devrait également doter
le Gabon des tronçons routiers d'intégration
sous-régionale répondant aux normes
d'aménagement, notamment en direction du Congo
et du Cameroun. La première phase du programme
routier prévue pour la période 2002011, porte
sur un linéaire de près de 245,6 Km, avec des
composantes liées à la construction des routes
Fougamou-Mouila (112,4 Km), La
Léyou-Lastoursville (96,2 Km), et Ndendé-Lébamba
(37 Km).
Le programme va en outre,
permettre des aménagements connexes, la
réalisation des études des tronçons routiers
Mouila-Ndendé-Doussala-frontière du Congo (123,5
Km), Ndendé-Tchibanga (93 Km) et Libreville
(soit 10 Km à partir du PK5).
Au regard de ce qui précède,
l'on ne peut s'empêcher de faire deux
observations. La première, pour louer l'effort
financier de la BAD, parce que son financement
sera aussi consacré au programme du PARR dont la
définition, la vision et les objectifs ont été
élaborés au début de 1993 pour pallier les
conditions difficiles de circulation sur
l'espace national, les coûts élevés de transport
et de distribution des produits, les échanges
inter provinciaux et transfrontaIiers et,
partant, l'isolement de certaines zones du pays.
La deuxième observation
résulte du fait que, à quelques années de son
épilogue, le Programme d'aménagement du réseau
routier n'a as avancé dans le sens souhaité à la
fois par les gouvernants, les partenaires au
développement, les populations et autres
usagers. Du moins dans sa majeure partie.
Près de quinze ans après son
démarrage, selon les chiffres publiés dans le
Document de stratégie de croissance et de
réduction de la pauvreté, 538,8 Km de routes ont
été aménagés, renforcés et mis en service. Soit
27% du programme, dont la première phase visait
le bitumage de 1936 M Km en cinq ans.
Ce qui voudrait dire que l'on
a bitumé, renforcé et mis en service environ
35,5 Km de route par an. Ce tableau comptable de
l'exécution du PARR s'explique par le
renchérissement de certains tronçons, avec le
remplacement d'un revêtement en enduit
superficiel bicouche par une couche de roulement
en béton bitumineux.
Il s'explique aussi par le
non réajustement de l'enveloppe financière pour
tenir compte des modifications énoncées
ci-dessus, les difficultés économiques ayant
entraîné la suspension des décaissements par les
institutions financières internationales au
détriments de certains projets, l'absence de
rigueur et de cohérence en matière de
programmation budgétaire, ainsi qu'une
irrégularité dans la situation des travaux.
La conséquence a été soit un
mauvais phasage des travaux dont la qualité a
été compromise, soit arrêt des chantiers avec
leur corollaire renchérissement des coûts
unitaires (révision des prix), frais
d'immobilisation du matériel et du personnel et
intérêts moratoires.
Précisons que le PARR a été
révisé en 2001, pour couvrir la période
2002/2012. Nous regrettons que, à un peu lus de
quatre ans de la fin e ce programme révisé, rien
n'a évolué de manière concrète. A l'époque de
cette révision, l'objectif était de bitumer 30%
du linéaire national qui supporte 80% du trafic
de notre pays.
Ce réseau prioritaire
s'intègre bien dans celui des itinéraires
régionaux intégrateurs de la Communauté des
Etats de l'Afrique centrale (Cemac). L'on peut
se permettre de croire, au demeurant, que la
relance du programme d'aménagement du réseau
routier national obéit à la volonté politique de
mettre en couvre le programme du développement
durable axée sur une volonté de réduction de la
pauvreté.
Le développement de la route
constitue le plus grand défi que doivent relever
nos gouvernants, afin de valoriser le potentiel
de développement de l'agriculture gabonaise dans
le cadre dé l'autosuffisance alimentaire. La
politique du développement de l'industrie
extractive n'ont rien apporté à ce secteur. Au
contraire, le Gabon dépense plus 120 milliards
par an pour les importations alimentaires. Et
c'est notre légitime inquiétude dans un pays aux
terres cultivables très fertiles.