COMMUNIQUÉ FINAL DU CONSEIL
DES MINISTRES
SOUS la haute présidence de
S.E El Hadj Omar Bongo Ondimba, président de la
République, chef de l'Etat, le Conseil des
ministres s'est tenu jeudi 11 octobre 2007 à
partir de 10 heures 30 dans la salle habituelle
au palais de la présidence de la République.
Revenant une nouvelle fois
sur le projet Bélinga, le Conseil a tenu à
réaffirmer la ferme volonté du chef de l'Etat et
du Gouvernement à faire aboutir cet important
chantier. Évoquant plus particulièrement les
conditions de la signature de l'accord avec les
opérateurs chinois, le Conseil, réfutant
totalement les fausses allégations de certaines
organisations non gouvernementales, tient à
rassurer les Gabonaises et les Gabonais sur le
fait que ledit accord préserve et garantit
parfaitement les intérêts du Gabon. Dans cette
otique, le Conseil rappelle que s'agissant du
pro et Bélinga et compte-tenu de l'ampleur des
investissements à réaliser, seule une formule
dite « B.O.T » était envisageable. Autrement dit
celle qui permet à des opérateurs d'investir d
importantes sommes d'argent dont l'Etat ne peut
présentement disposer ; d'exploiter ensuite et
de transférer notamment le Chemin de Fer, la
Centrale hydroélectrique, ainsi crue le Port
minéralier et commercial à l'Etat qui en devient
propriétaire après le remboursement des sommes
d'argent versées par l'opérateur économique.
Le remboursement de 1600
milliards de francs que nécessite la réalisation
du projet Bélinga prendra ainsi 25 ans ; période
au cours de laquelle et en considération des
arguments ci-dessus énoncés, le Gabon accepte de
ne pas percevoir d'impôts ou de taxes.
AU TITRE DES PROJETS DE LOIS
ET TEXTES REGLEMENTAIRES
MINISTERE DE L'ECONOMIE, DES
FINANCES, DU BUDGET ET DE LA PRIVATISATION
Le ministre d'Etat a fait
approuver par le Conseil deux projets de loi :
I- PROJET DE LOI DE REGLEMENT
POUR LA GESTION 2006
LE BILAN DE L'EXECUTION DU
BUDGET
En 2006, la gestion des
finances publiques a été marquée par la
poursuite des réformes et principalement par la
bonne tenue des cours du baril de pétrole
gabonais qui a enregistré une hausse de 9,8
dollars américains par rapport à l'année 2005.
En effet, le prix annuel moyen du baril de
pétrole gabonais s est établi à 60,3 dollars
américains en 2006 contre 50,5 dollars
américains en 2005.
L'exécution du budget 2006
s'est déroulée dans un contexte économique
marqué para poursuite de l'expansion de
l'économie mondiale, avec un PIB situé à 4,9%
contre 4,8% en 2005 ;
le ralentissement de
l'activité économique au niveau national suite à
la baisse de 4% de la production pétrolière par
rapport à l'année précédente, en dépit du
maintien de la vigueur du secteur hors pétrole ;
le
PIB s'est accru de 1,2%
contre 3,0% en 2005.
1 - L'exécution du budget en
ressources
En 2006, les recettes
budgétaires recouvrées se sont établies à
1.564,2 milliards de F.cfa contre une prévision
de 1.619,9 milliards de F.cfa dans la loi de
finances rectificative 2006, soit un taux de
réalisation de 96,6%.
Cette bonne performance
s'explique principalement par un meilleur
rendement des recettes provenant du secteur
pétrolier qui représentent 68,6% des recettes
totales recouvrées.
En ce qui concerne les
recettes fiscales, le cumul des recettes
recouvrées au titre des impôts, des droits et
taxes assimilés ainsi que des amendes y
afférentes atteint 88,79% des objectifs de
recettes autorisées par le Parlement, soit 762,2
milliards de F.cfa.
Par ailleurs, les ressources
d'emprunt, évaluées à 10 milliards de F.cfa dans
la loi de finances rectificative, ont été
mobilisées à hauteur de 76,4 milliards de F.cfa,
d'où un supplément de ressources de 66,4
milliards de F.cfa en fin d'exercice. Ces
ressources comprennent des emprunts d'équilibre
14,2 milliards de F.cfa) et des emprunts liés
aux investissements (62,2 milliards de F.cfa).
Cette situation
exceptionnelle se justifie par un niveau élevé
des tirages sur ressources d'emprunt.
Au total, l'ensemble des
ressources mobilisées en 2006 s'est élevé à
1.640,6 milliards de F.cfa contre une prévision
de 1.629,8 milliards de révision soit 100,66% de
taux de réalisation attribuable au surplus de
financements extérieurs.
Ainsi, l'écart entre les
prévisions et les réalisations se chiffre à 10,7
milliards de F.cfa.
2 - L'exécution du budget en
dépenses
En 2006, sur l'ensemble de
crédits ouverts d'un montant de 1.629,9
milliards de F.cfa, 1.491,5 milliards de F.cfa
ont effectivement été consommés, soit 91,5% du
total des crédits, le reste ayant été proposé en
annulation.
Les annulations de crédits,
qui concernent toutes les parties, s'e`lèvent
globalement à 214,9 milliards de F.cfa dont 83,1
milliards de F.cfa au titre de la dette
publique.
a)- La dette publique
L'exécution du service de la
dette publique en 2006 s'est déroulée dans un
contexte marqué par les négociations avec le FMI
en vue de la signature d'un accord triennal.
Dans le but de respecter ses
engagements vis-à-vis des créanciers nationaux
et internationaux, le gouvernement a consenti
d'importants efforts en matière de règlements.
Ces derniers s'élèvent globalement à
546,4 milliards de F.cfa et représentent 35% des
recettes propres recouvrées.
En ce qui concerne la dette
extérieure, sur un service révisionnel de 330,6
milliards de F.cfa, l'Etat s'est désengagé à
hauteur de 348,9 milliards de F.cfa, soit un
dépassement de 18,3 milliards de Fcfa imputable
aux pertes de change.
S'agissant de la dette
intérieure, les règlements se chiffrent à 197,5
milliards de F.cfa pour une dotation de 298,9
milliards de F.cfa, soit un taux d'exécution de
66%.
En ce qui concerne
particulièrement le soutien au processus de
privatisation des entreprises parapubliques, ce
dernier s'est traduit par une reprise du passif
de ces entreprises et le financement de leurs
plans sociaux, d'où le dépassement de 7,8
milliards de Rcfa observé au niveau du poste «
restructuration des entreprises ».
Au total, les paiements
réalisés au titre de la dette publique
représentent environ 38,2% de l'ensemble des
règlements effectués au cours de l'exercice
2006.
b)- Le fonctionnement
L'exécution des dépenses de
fonctionnement s'élève à 694,6 milliards de Fcfa
pour une prévision de 672 milliards de F.cfa
dans la loi de finances rectificative 2006, soit
un dépassement net de 22,6 milliards de F.Cfa
imputable aux traitements et salaires.
Les principaux facteurs à
l'origine de ce dépassement sont :
l'augmentation, depuis le
mois d'octobre, du SMIG de 6.000 F.cfa et du
point d'indice de 25 F.cfa ;
la réintégration, depuis le
mois d'août, de certains agents dans le fichier
solde suite au rallongement de la date de mise à
la retraite (loi n°.1 /2005 du 4 février 2005
portant statut général de la fonction publique).
c)- L'investissement
Le budget d'investissement a
été exécuté à auteur de 250,4 milliards de F.cfa
pour une .prévision de 200 milliards de F.cfa
dans la loi de finances rectificative 2006, soit
un dépassement de 50,4 milliards de F.cfa.
Les crédits consommés
comprennent ceux financés sur ressources propres
pour un montant de 188,2. milliards de F.cfa,
dont 50 milliards de F.cfa au titre des fêtes
tournantes, et ceux couverts par des tirages sur
financements extérieurs évalués à 62,2 milliards
de F.cfa. .
En définitive, en tenant
compte des crédits sans emploi d'un montant
global de 214,9 milliards de F.cfa proposés en
annulation, l'exécution des lois de finances en
2006 s'est soldée par un excédent de 149,1
milliards de F.cfa contre un excédent de 173,6
milliards de F.cfa en 2005.
Conformément à l'alinéa 3 de
l'article 30 de la loi n°4/85 du 27 juin 1985
relative aux lois de finances qui dispose que
«sous réserve des affectations prévues pour
l'équilibre financier de l'exercice suivant, le
projet de loi de règlement autorise le transfert
du résultat au compte permanent des découverts
du Trésor », l'excédent des recouvrements par
rapport aux règlements a été transfère au compte
permanent des découverts du Trésor.
Le solde à nouveau du compte
permanent des découverts du Trésor arrêté à
-100,8 milliards de F.cfa pour l'exercice 2005,
s'établit par conséquent à 48,3 milliards de
F.cfa
II- PROJET DE LOI DE FINANCES
POUR L'ANNEE 2008
L'élaboration de la loi de
finances de l'année 2008 est marquée par la
poursuite de la mise en oeuvre de l'Accord de
confirmation triennal conclu avec le FMI cette
année.
Cet accord, qui s'inscrit
dans le prolongement des grandes orientations du
projet de société de Monsieur le Président de la
République, mon Projet, des Actes pour le
Gabon", a pour objectifs de renforcer la gestion
des finances publiques et d'accélérer les
réformes structurelles, dans le but de préparer
l'économie à l'ère de l'après pétrole et de
faire reculer résolument la pauvreté.
En 2008, l'économie mondiale
devrait observer un certain dynamisme qui se
traduirait notamment par un rééquilibrage de la
croissance entre les différents pôles
géographiques. Ainsi, la croissance économique
mondiale connaîtrait une progression de 5,2%
contre 4,9% en 1007.
Le budget de l'année 2008 se
fonde ainsi sur les hypothèses retenues dans le
cadrage macroéconomique comme résumé ainsi qu'il
suit :
Production pétrolière (en
milliers de tonnes) : 12 865 contre 12 200 en
2007 ;
Prix du baril de pétrole
gabonais (en $US) : 71 contre 64,52 en 2007 ;
Taux de change du dollar US
(en Fcfa) : 477,6 contre 486 en 2007 ;
Exportations de manganèse (en
milliers de tonnes) :3500 contre 3250 en 2007 ;
Prix de vente de manganèse
($US/ tonne) : 131,5 contre 130,6 en 2007 ;
Exportations de grumes (en
milliers de m3) : 1 765 contre 1 771 en - 2007
Okoumé : 833 contre 850 en
2007 ;
Ozigo : 8 contre 6 en 2007 ;
- Bois Divers : 924 contre
915 en 2007 ;
Prix export Okoumé (F cfa/m3)
108 595 contre 104 923 en 2007 ;
Prix export Ozigo (F cfa/m3)
: 99 329 contre 95 970 en 2007 ;
Prix export Divers (F cfa/m3)
151 497 contre 146 375 en 2007.
Au regard des hypothèses
ci-dessus, la croissance de l'économie se
situerait à 4,2%.
Par ailleurs, dans le cadre
de ce projet de loi de finances, le Gouvernement
poursuivra sa stratégie de croissance plus
favorable aux couches sociales défavorisées, en
ciblant les investissements ayant un impact
direct sur les conditions de vie des
populations.
Présentation du projet de loi
de finances 2008
L'équilibre financier se
caractériserait par un excédent des opérations
budgétaires de 621,3 milliards de F.cfa qui
couvrirait le déficit des opérations de
financement.
Au total, le budget de
l'année 2008 s'établirait à 1.798,1 milliards de
F,cfa contre 1.624,9 milliards de F.cfa arrêtés
en 2007, Il serait en hausse de 173,2 milliards
de F.cfa.
A- Les ressources
1- les ressources propres
Les ressources propres se
décomposent en recettes non pétrolières évaluées
à 700,2 milliards de F.cfa et en recettes
pétrolières arrêtées à 1.023,9 milliards de
F.cfa.
Elles s'élèveraient ainsi à
1.730,1 milliards de F.cfa contre 1.582,3
miliards de F.cfayrévus dans la loi de finances
rectifiée de l'année 2007, soit une hausse de
147,8 milliards de de F.cfa. Cette amélioration
résulte de l'augmentation conjuguée des recettes
pétrolières (85,9 milliards de Ecfa) et des
recettes hors pétrole (61,3 milliards de F.cfa).
2- Les ressources d'emprunt
Les ressources d'emprunt, en
hausse de 59,3%, s'élèveraient à 68 milliards de
F.cfa contre 42,6 milliards de F.cfa dans la loi
de finances rectificative de 2007. Elles sont
uniquement constituées d'emprunts liés aux
opérations d'investissement.
B - Les charges
L'ensemble des charges pour
l'année 2008 s'établirait à 1.798,1 milliards de
F.cfa contre 1.624,9 milliards de Ecfa en 2007,
soit une hausse de 173,2 milliards de F.cfa.
Elles comprennent les charges de la dette
publique, les dépenses de fonctionnement, les
dépenses d'investissement et les prêts et
avances.
1 - Les charges de la dette
publique
Les charges relatives au
service de la dette publique se chiffreraient à
437,7 milliards de Fcfa contre 592,6 milliards
de Ecfa prévus en 2007 et se décomposeraient en
paiements des intérêts: 108,1 milliards de Fcfa,
remboursements en capital :478,4 milliards de
F.cfa.
2- Les dépenses de
fonctionnement
Estimées à 697,2 milliards de
F.cfa en 2007, les dépenses de fonctionnement,
qui comprennent les traitements et salaires, les
biens et services et les transferts et
interventions, connaîtraient une augmentation de
29,1 milliards de Fcfa et se chiffreraient à
726,3 milliards de F.cfa.
La masse salariale serait
plafonnée à 312,3 milliards de F.cfa contre 300
milliards de F.cfa dans le budget de l'année
2007. Cette augmentation serait notamment liée
aux nouveaux recrutements et aux glissements
catégoriels.
Les dépenses relatives aux
"biens et services" s'élèvent à 185 milliards de
Fcfa contre 179,3 milliards de Ecfa en 2007,
soit une hausse de 5,8 milliards de F.cfa.
Celle-ci permettrait de financer l'extension de
la taille de l'administration avec notamment la
mise en service de la cité de l'information et
l'ouverture de nouvelles unités de soins à
l'hôpital militaire.
Les dépenses liées aux
"transferts et interventions", en croissance de
près de 11 milliards de F.cfa par rapport au
plafond de l'année 200fi, atteindraient 229
milliards de F.cfa. Cette évolution résulte
principalement du relèvement de 9,5 milliards de
F.cfa de la subvention affectée au soutien des
prix des produits raffinés ;
de la prise en compte de
nouveaux abonnés dans le cadre de la mesure
sociale de gratuité de l'eau et de l'électricité
pour 1,6 milliard de F.cfa ;
de la budgétisation en année
pleine du fonctionnement de la Caisse nationale
d'assurance maladie et de garantie Sociale (+1
milliard de F.cfa).
3-. Les dépenses en
capital
Le Budget d'Investissement
s'élèverait à 24,3 milliards de FCFA, soit une
augmentation de 32,7 milliards de FCFA par
rapport à la Loi de Finances rectificative 2007.
Cet accroissement résulte du
relèvement du niveau de financements extérieurs
et des contre-parties relatives, soit 206,300
milliards de ressources propres et 68 milliards
de financements extérieurs.
Se fondant sur les quatre (4)
piliers du DSCRP, le Budget d'Investissement
devrait être :
un stimulant de la croissance
économique, génératrice d'emplois ;
toucher les secteurs far
objectifs et par stratégies sectorielles,
déclinés sous forme de plans d'actions
prioritaires ;
se traduire par une
allocation optimale et efficiente des dotations
aux administrations.
En conséquence, l'affectation
du Budget d'Investissement à ces quatre (4)
piliers sur fonds propres est la suivante :
amélioration des
Infrastructures de croissance : 45,325 milliards
de FCFA ;
promotion d'une croissance
soutenue et bénéfique aux couches les plus
défavorisées : 8,878 milliards de FCFA ;
amélioration de l'accès des
populations aux services essentiels 46,896
milliards de FCFA ;
amélioration de la
Gouvernance 41 milliards de FCFA.
Ces affectations sont
complétées par les dotations ci-après :
50 milliards de FCFA pour les
projets Fêtes du 17 Août ;
14,201 milliards de FCFA pour
les dépenses d'équipements.
4- Les prêts et avances
Les prêts et avances
enregistreraient une augmentation de 204,1
milliards de Fcfa en 2008 pour se .chiffrer à
312,7 milliards de Fcfa en rapport avec la
hausse des recettes pétrolières.
EN MATIERE DE POLITIQUE
GENERALE
VICE-PRIMATURE, MINISTERE DEA
AFFAIRES ETRANGERES, DE LA COOPÉRATION, DE LA
FRANCOPHONIE ET DE L'INTÉGRATION RÉGIONALE
Sur présentation du
Vice-Premier ministre, le Conseil a marqué son
accord aux demandes d'agrément de Son
Excellence, Monsieur DIONISSIO SOURVANOS, en
qualité d'Ambassadeur Extraordinaire et
Plénipotentiaire de la République Hellénique
près la République Gabonaise avec résidence à
Yaoundé au Cameroun et de Monsieur Jean-Pierre
DUJACQUIER, en qualité de Consul Honoraire du
Royaume de Belgique à Libreville.
MINISTERE DU CONTRÔLE D'ÉTAT,
DES INSPECTIONS, DE LA LUTTE CONTRE LA
CORRUPTION ET CONTRE L'ENRICHISSEMENT ILLICITE
Sur communication du
ministre, le Conseil s'est réjoui de la
signature prochaine d'un accord de don d'un
montant de trois millions deux cent cinquante
mille (3.250.000) dollars USD offert à l'État
Gabonais par la Fondation pour le Renforcement
des Capacités en Afrique (ACBF) dans le cadre du
programme de Renforcement des Institutions de
Contrôle d'État et des Inspections en République
Gabonaise.
(A Suivre)