A DEUX MOIS DES ÉLECTIONS
LOCALES
Le
gouvernement toujours confronté au défi de la
biométrie
Ce pan de l'Exécutif, via
le ministère de l'Intérieur que dirige André
Mba Obame, sera soumis vendredi prochain aux
questions des députés lors d'une audition qui
devrait permettre de lever le voile sur
l'article 48 de l'ordonnance 019 PR du 21 août
2007, modifiant certaines dispositions de la loi
sur les élections politiques.
LE gouvernement Eyéghé Ndong,
est toujours confronté au défi de la biométrie
dont la mise en oeuvre semble difficile alors
que le renouvellement des assemblées municipales
et départementales est prévu cette fin d'année.
Cette difficulté se précise,
d'autant plus qu'en dépit des démarches
effectuées par le ministère de l' Intérieur que
dirige André Mba Obame, aux fins de sa mise en
oeuvre pour la constitution du fichier électoral
et la production des cartes numérisées pour
l'identification des électeurs, l'on est encore
loin de parvenir à sa faisabilité, en raison des
difficultés d'ordre technique et financier que
l'on enregistre depuis son adoption par les
acteurs politiques gabonais réunis lors de la
concertation politique majorité-opposition du 25
juillet 1007, sous l'égide du président Omar
Bongo Ondiirnba. Lesquels ne se sont pas
empêchés, du moins, ceux de l'opposition, de
proférer des critiques et autres accusations
contre le gouvernement, notamment, le ministère
de l'Intérieur. Ce département a été accusé par
certains responsables dé l'o position de violer
la loi, par ordonnance portant modification de
certaines dispositions de la loi sur les
élections politiques dans notre pays qui,
disent-ils, une fois prise, rentre en vigueur
avant sa ratification par le Parlement.
CONFIRMATION. Cette
polémique a naturellement renforcé le
scepticisme sur la tenue cette fin d'année des
élections locales et sur la faisabilité, sinon,
l'expérimentation de ce procédé lors des futures
élections locales, dans différentes strates
politiques et administratives du pays où
l'inquiétude va grandissant.
1 Il n'empêche que, si au
fil de l'échéance du 15 janvier 2008, le report
de cette consultation électorale ne semble pas
être à l'ordre du jour aussi bien du côté de la
Cour constitutionnelle et la Commission
électorale nationale autonome et permanente
(CENAP) que du côté dû ministère de l'Intérieur.
Par contre, la mise en oeuvre de la biométrie
n'est guère acquise, tant il est établi que sa
confirmation devrait être décidée au terme du
débat qui sera lancé, dès vendredi prochain, à
l'Assemblée nationale, mais également avant que
la classe politique ne s'accorde ou pas sur
cette question (lui pourrait bien, prévient un
responsable de parti d'opposition, constituer un
motif de blocage du processus électoral et de
confrontation ouverte.
2 L'on devrait donc
s'attendre, ce ]oui-là, à voir le ministre
d'État, André Mba Obame soumettre à la
Représentation nationale l' ordonnance prise le
21 août 2007 Par le président de la République,
abrogeant les anciens articles 16, 37, 48 57,124
et 127 de la loi 07/ 96 du 12 mars 1996.
Laquelle avait été modifiée, à la suite du
dialogue politique ouvert parla majorité et
l'opposition afin de renforcer le dispositif
électoral et restaurer la confiance dans l'outil
électoral décrié à cause des contestations qui
ont émaillé les votes organisés depuis plusieurs
années dans le pays.
3 DEBAT PARLEMENTÀIRE• Ce
sera pour André Mba Obame, l'occasion, de lever
le voile principalement sur l'article 48 nouveau
gui porte les conditions d'inscription sur les
listes électorales en vue de la révision dis
listes électorales qui reste toujours très
attendue par l'ensemble du corps politique
national et même des populations qui espèrent ne
plus revivre lui erreurs et manipulations qui
ont souvent entaché le fichier électoral.
D'autant que je nouveau dispositif alimentant la
controverse poli6Gue à deux mois des élections
locales qui doivent se tenir au plus tard le 15
janvier 2008, fait ressortir, en sus de
l'identité de l'électeur, l'ascendance, la photo
et l'empreinte digitale, constituant des données
de la biométrie dont on parle de plus en plus.
Alors même que toutes les conditions en vue de
sa réalisation ne sont pas réunies, notamment
les délais et le financement. De même que le
cadre juridique venant en appui de l'ordonnance
soumise à la ratification devant servir de base
à la mise en oeuvre de ce procédé. Les. i
députés je soumettront au feu roulant des
questions relatives aux dispositions prises four
protéger les libertés individuelles et le secret
de l'informatique, en appui de ce nouveau
dispositif électoral.
4 Il faut dire que cette
rencontre s'avère importante en ce sens qu'elle
permettra d'ouvrir un large débat parlementaire
sur ce procédé que souhaitent fortement de
nombreux responsables de partis politiques dans
leur quête d'une plus grande transparence
électorale dans le pays, laquelle passe par
l'élaboration d'une liste électorale fiable.
Car, à défaut d'une refonte totale de ce
fichier, l'hypothèse d'un retour aux urnes avec
la même liste électorale due celle des dernières
législatives, pourrait bien être prise en
compte. Cela, même si une opération de révision
générale intégrant les acteurs es blocs
politiques et les techniciens du ministère en
charge des élections, peut être envisagée très
rapidement, les dispositions relatives à cette
procédure ayant changé.