LUTTE CONTRE L'ABSTENTION
L'autre
enjeu du scrutin
LE gouvernement a
dernièrement entériné la date de l'élection
législative partielle au 1er siège du 5e
arrondissement de Libreville. Laquelle a été
proposée par la Commission électorale nationale
autonome et permanente (Cénap). Il s'agit là de
pourvoir le seul siège qui reste vacant à
l'Assemblée nationale depuis le renouvellement
de cette chambre du Parlement, en décembre 2006.
Et c'est la troisième fois que l'on reprend
l'élection sur ce siège.
Depuis décembre 2006, l'une
des caractéristiques des élections législatives
dans notre capitale en général, et dans le 5e
arrondissement est le très faible taux de
participation. Et celui-ci est allé décroissant
au fur et à mesure que l'on reprenait le
scrutin. Au point ou aux dernières élections
partielles dans cet arrondissement on a vu des
candidats être élus avec un taux d'abstention
avoisinant les 90%. Ce qui, qu'on le veuille ou
non, est inquiétant. Surtout quant à la
légitimité réelle d'un tel députe.
Dans le cas de la
circonscription concernée par le scrutin du
dimanche 21 octobre prochain, les choses n'ont
pas été appréciables en juin dernier, du point
de vue de la mobilisation des électeurs. Loin
s'en faut. On rappellera que sur 19821 inscrits,
seulement 2361 électeurs avaient effectué le
déplacement des bureaux de vote.
C'est donc la preuve que sur
ce siège les électeurs ne se mobilisent pas le
jour du scrutin. Et (expérience a montré que
plus on revote, moins ils se sentent concernés.
C'est donc dire que les différents candidats ont
tout intérêt à s'inquiéter pour leur légitimité.
Il y en a quatre au total. Claudine Loudi Doumbi
du Parti démocratique gabonais (PDG), Claudio
Ndembi Nzinga de l'Union pour le peuple gabonais
UPG), Maximilien Boussougou Nzamba du Parti
social démocrate (PSD), et de Lucien Florentin
Ozouaki de l'Union gabonaise pour la démocratie
et le développement (UGDD).
GRAVE ERREUR. Presque
tous ont déjà lancé leur campagne électorale. Et
au-delà des discours de propagande, souvent
plutôt politiciens, il semble que personne ne se
préoccupe de (élément abstention. Ce qui est une
grave erreur. Car, aux yeux de l'opinion, et
notamment des observateurs de la vie politique
nationale, le taux de participation à cette
élection est très attendu. Voilà pourquoi
d'aucuns estiment, â juste titre, que la lutte
contre (abstention est aussi l'un des enjeux du
scrutin du 21 octobre prochain.
De ce point de vue, chaque
candidat, pour maximiser ses chances d'être bien
élu, devrait, élaborer des stratégies
susceptibles de convaincre un maximum
d'électeurs à se mobiliser dans les bureaux de
vote ce dimanche-là. Tout le monde sait que dans
cette perspective, les meetings ne suffisent
pas.. De même qu'ils sont d'ailleurs moins
indiqués pour ce genre d'objectifs.
Il est évident que les
candidats et leurs formations politiques ne sont
pas les seuls interpellés dans ce combat.
L'administration a aussi un grand rôle à jouer
et une grande responsabilité à, assumer. Car,
c'est elle qui doit tout mettre en oeuvre four
qu'un problème matériel et logistique ne vienne
pas décourager les électeurs.
Or, cela ne semble pas être
le cas aujourd'hui. A en croire le communiqué de
presse des partis de l'opposition, vendredi
dernier (Lire (Union du week-end).
" A ce jour (jour J-17),
écrivent-ils, la liste électorale n'a
toujours pas été déposée à la Cénap et aucune
carte d'électeur n'a été distribuée dans cette
circonscription électorale. Dans ces
conditions, plusieurs compatriotes risquent
encore une fois de se retrouver privés de
leur droit de vote, parce que le scrutin encore
une fois risque d'être organisé dans la
précipitation et le désordre."
Au regard de tout cela, il y
a lieu d'espérer que chaque acteur mettra à
profit le peu de temps qui reste pour améliorer
les choses.