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Le quotidien l'Union du 09 Octobre 2007

 

FAIT DIVERS

Il se débarrasse du cadavre de sa concubine dans la brousse

Le 27 avril dernier, Barthélémy Essiaga Otsouna, un homme de trente-huit ans, présenté comme un ancien agent de la Garde républicaine (OR), est allé jeter la dépouille de sa compagne, Augustine Mabongou, une femme de cinquante-neuf ans, avec qui il vivait depuis cinq mois, morte faute de soins médicaux, dans les broussailles du côté d'Angondjé. L'inconscient, après son acte horrible, s'était évanoui dans la nature. Il a été rattrapé, la semaine dernière, par la brigade nautique de la gendarmerie nationale. Enquête sur un acte coupable provoqué par la bêtise et la pauvreté.

UN tas d'ossements humains dans les broussailles derrière des habitations aux confins d'Angondjé. C'est tout ce qui reste d'Augustine Mabongou, une femme de cinquante-neuf ans, disparue depuis un certain temps. Cette trouvaille macabre a été faite, la semaine dernière, par la brigade nautique de la gendarmerie nationale. D'après les premières conclusions ce serait Barthélémy Essiaga, un homme de trente-huit ans, avec qui la défunte vivait depuis cinq mois, qui aurait caché son cadavre à cet endroit.

Selon la brigade nautique de la gendarmerie nationale et d'après nos propres investigations, le Jeune homme aurait bénéficié de l'assistance de son ami camerounais, nommé Antoine Bélinga chez qui il était allé vivre en décembre 2006 avec sa compagne pour transporter le cadavre. Les proches de cette dernière la cherchaient depuis plusieurs mois et n'imaginaient pas qu'un malheur lui était arrivé. Ils ne s'en sont rendus compte que la semaine dernière lorsque Barthélémy Essiaga Otsouna est passé aux aveux lors de son interpellation par la gendarmerie nationale, avant d'emmener les agents sur le lieu où il avait abandonné le cadavre de l'infortunée.

Barthélémy Essiaga Otsouna, avait rencontre Augustine Mabongou en novembre 2006. A l'époque, il habitait à Okala-Carrière tandis que la quinquagénaire vivait à Angondjé-village. Très vite, les liens entre les deux tourtereaux se solidifient. Chaque soir, Mabongou va passer la nuit chez son chéri avant de retourner le lendemain chez elle, pendant que son amant allait vaquer à ses occupations. En fait, le jeune homme travailla comme maçon après avoir été révoqué de la Garde républicaine. C'est ainsi qu'il effectuait des travaux de construction un peu partout à travers la ville pour gagner sa vie. Tout se passait bien jusque-là.

LB PIRE. Mais en novembre 2006, au plus fort de sa dèche noire, le jeune Essiaga Otsouna pose un acte répréhensible : il vend le matériel de construction d'un de ses clients nommé Noël Makosso, qui lui avait donné un marché. Convaincu que cet acte va lui attirer des ennuis, le maçon décide de changer de domicile afin d'échapper aux éventuelles poursuites judiciaires. Le 2 décembre 2006, il déménage avec armes et bagages pour aller s'installer aux confins d'Agondié chez un certain Antoine Belinga,son ami camerounais avec qui il réalise souvent des "bricoles" par ci par là. II emmène avec lui sa compagne Augustine Mabongou.

Antoine Belinga vit dans une maison de fortune d'un seul tenant, sans chambre. II accepte, néanmoins, de partager son logis avec son ami. Lorsque ce dernier veut rester en intimité avec sa compagne, le Camerounais s'en va passer la nuit dans la case voisine dont il a la garde. Des mois passent et Augustine ne donne pas signe de vie à ses proches, qui s'inquiètent, à juste titre, de sa disparition. Le 9 avril dernier, la quinquagénaire tombe malade. Une forte fièvre lui brûle le corps. Barthélémy Essiaga n'a pas d'argent pour emmener sa compagne à l'hôpital.

Devant la persistance de la fièvre, Antoine Bélinga pense à l'épidémie du Chikungunya. II lui donne quelques comprimés. Mais ces médicaments ne soulagent pas la femme de son ami. Il n y a ni pharmacie ni unité sanitaire dans cet îlot aux allures de campement urbain. Moments d'angoisse, Essiaga Otsouna est fauché comme un rat d'église et la santé de sa compagne se dégrade à vue d'oeil. La vie la quitte chaque jour qui passe. Et puis, le pire se produit: le 27 avril dernier à 16 heures, Augustine Mabongou rend l'âme, sous le regard impuissant de son amant. En cette fin d'après midi, Belinga n'est pas encore rentré.

Que faire ? Essiaga Otsouna est tétanisé, et des idées folles lui passent par la tête. Mais rien de concret et de sensé. Tout ce qu'il pensent, c'est que ce décès inattendu va lui créer des problèmes.

Incapable de prendre une décision seul, il attend le retour de son ami. La nuit est déjà tombée sur Angondjé. Le jeune homme est assis, abattu, près du cadavre de sa concubine. Des minutes vont encore s'égrener avant que son ami ne rentre. Lorsque ce dernier arrive vers dix-neuf heures, il trouve Barthélemy tout éploré. "Elle est morte ! Je suis mort aussi. Ses parents vont me tuer. Ils ne me connaissent pas et je ne leur avais pas dit que je l'amenais ici. Ils penseront que c'est moi qui l'ai tuée. Je suis mort", répète comme une litanie le jeune homme avant d'éclater en sanglots.

Pris de panique à son tour, Belinga avance des esquisses de solutions à son ami, non sans en mesurer les conséquences. C'est un gros problème. Ou tu prends ton courage à deux mains et tu vas le signalé aux autorités ou alors on l'enterre ici dans la discrétion totale", suggère le Camerounais. Mais son ami ne l'entend pas de cette oreille. Il opte plutôt pour aller déposer la dépouille de sa compagne dans la broussaille située non loin de l'habitation de la défunte à Angondjé Carrière. Après discussion, les deux amis se résolvent à effectuer le déplacement avec le cadavre. Ils le couvrent d'un tissu sombre, le disposent soigneusement dans une pirogue avant de remonter la lagune jusqu'au lieu choisi.

Une fois à destination, Essiaga et son ami Belinga déposent le corps dans la nature, à quelque dix mètres de la route principale. II est vingt-deux heures, ce vendredi 27 avril 2007. Les deux compagnons rebroussent chemin, en se promettant de rester motos et bouche cousue. Pendant ce temps, les proches d'Augustine Mabongo vont la rechercher vainement, jusqu'au jour où l'un deux rencontre Essiaga Otsouna,

qui lui cachera la vérité avant de se confier aux agents de la gendarmerie qui l'ont interpellé. Il devrait être présenté devant le paquet de la République qui statuera sur son sort, en attendant l'arrestation de son compagnon en cavale.

Source : Journal L'Union Plus du 09/10/2007

 

 



   

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