FAIT DIVERS
Il se
débarrasse du cadavre de sa concubine dans la
brousse
Le 27 avril dernier,
Barthélémy Essiaga Otsouna, un homme de
trente-huit ans, présenté comme un ancien agent
de la Garde républicaine (OR), est allé jeter la
dépouille de sa compagne, Augustine Mabongou,
une femme de cinquante-neuf ans, avec qui il
vivait depuis cinq mois, morte faute de soins
médicaux, dans les broussailles du côté d'Angondjé.
L'inconscient, après son acte horrible, s'était
évanoui dans la nature. Il a été rattrapé, la
semaine dernière, par la brigade nautique de la
gendarmerie nationale. Enquête sur un acte
coupable provoqué par la bêtise et la pauvreté.
UN tas d'ossements humains
dans les broussailles derrière des habitations
aux confins d'Angondjé. C'est tout ce qui reste
d'Augustine Mabongou, une femme de
cinquante-neuf ans, disparue depuis un certain
temps. Cette trouvaille macabre a été faite, la
semaine dernière, par la brigade nautique de la
gendarmerie nationale. D'après les premières
conclusions ce serait Barthélémy Essiaga, un
homme de trente-huit ans, avec qui la défunte
vivait depuis cinq mois, qui aurait caché son
cadavre à cet endroit.
Selon la brigade nautique de
la gendarmerie nationale et d'après nos propres
investigations, le Jeune homme aurait bénéficié
de l'assistance de son ami camerounais, nommé
Antoine Bélinga chez qui il était allé vivre en
décembre 2006 avec sa compagne pour transporter
le cadavre. Les proches de cette dernière la
cherchaient depuis plusieurs mois et
n'imaginaient pas qu'un malheur lui était
arrivé. Ils ne s'en sont rendus compte que la
semaine dernière lorsque Barthélémy Essiaga
Otsouna est passé aux aveux lors de son
interpellation par la gendarmerie nationale,
avant d'emmener les agents sur le lieu où il
avait abandonné le cadavre de l'infortunée.
Barthélémy Essiaga Otsouna,
avait rencontre Augustine Mabongou en novembre
2006. A l'époque, il habitait à Okala-Carrière
tandis que la quinquagénaire vivait à
Angondjé-village. Très vite, les liens entre les
deux tourtereaux se solidifient. Chaque soir,
Mabongou va passer la nuit chez son chéri avant
de retourner le lendemain chez elle, pendant que
son amant allait vaquer à ses occupations. En
fait, le jeune homme travailla comme maçon après
avoir été révoqué de la Garde républicaine.
C'est ainsi qu'il effectuait des travaux de
construction un peu partout à travers la ville
pour gagner sa vie. Tout se passait bien
jusque-là.
LB PIRE. Mais en novembre
2006, au plus fort de sa dèche noire, le jeune
Essiaga Otsouna pose un acte répréhensible : il
vend le matériel de construction d'un de ses
clients nommé Noël Makosso, qui lui avait donné
un marché. Convaincu que cet acte va lui attirer
des ennuis, le maçon décide de changer de
domicile afin d'échapper aux éventuelles
poursuites judiciaires. Le 2 décembre 2006, il
déménage avec armes et bagages pour aller
s'installer aux confins d'Agondié chez un
certain Antoine Belinga,son ami camerounais avec
qui il réalise souvent des "bricoles" par ci par
là. II emmène avec lui sa compagne Augustine
Mabongou.
Antoine Belinga vit dans une
maison de fortune d'un seul tenant, sans
chambre. II accepte, néanmoins, de partager son
logis avec son ami. Lorsque ce dernier veut
rester en intimité avec sa compagne, le
Camerounais s'en va passer la nuit dans la case
voisine dont il a la garde. Des mois passent et
Augustine ne donne pas signe de vie à ses
proches, qui s'inquiètent, à juste titre, de sa
disparition. Le 9 avril dernier, la
quinquagénaire tombe malade. Une forte fièvre
lui brûle le corps. Barthélémy Essiaga n'a pas
d'argent pour emmener sa compagne à l'hôpital.
Devant la persistance de la
fièvre, Antoine Bélinga pense à l'épidémie du
Chikungunya. II lui donne quelques comprimés.
Mais ces médicaments ne soulagent pas la femme
de son ami. Il n y a ni pharmacie ni unité
sanitaire dans cet îlot aux allures de campement
urbain. Moments d'angoisse, Essiaga Otsouna est
fauché comme un rat d'église et la santé de sa
compagne se dégrade à vue d'oeil. La vie la
quitte chaque jour qui passe. Et puis, le pire
se produit: le 27 avril dernier à 16 heures,
Augustine Mabongou rend l'âme, sous le regard
impuissant de son amant. En cette fin d'après
midi, Belinga n'est pas encore rentré.
Que faire ? Essiaga Otsouna
est tétanisé, et des idées folles lui passent
par la tête. Mais rien de concret et de sensé.
Tout ce qu'il pensent, c'est que ce décès
inattendu va lui créer des problèmes.
Incapable de prendre une
décision seul, il attend le retour de son ami.
La nuit est déjà tombée sur Angondjé. Le jeune
homme est assis, abattu, près du cadavre de sa
concubine. Des minutes vont encore s'égrener
avant que son ami ne rentre. Lorsque ce dernier
arrive vers dix-neuf heures, il trouve
Barthélemy tout éploré. "Elle est morte ! Je
suis mort aussi. Ses parents vont me tuer. Ils
ne me connaissent pas et je ne leur avais pas
dit que je l'amenais ici. Ils penseront que
c'est moi qui l'ai tuée. Je suis mort", répète
comme une litanie le jeune homme
avant d'éclater en sanglots.
Pris de panique à son tour,
Belinga avance des esquisses de solutions à son
ami, non sans en mesurer les conséquences. C'est
un gros problème. Ou tu prends ton courage à
deux mains et tu vas le signalé aux autorités ou
alors on l'enterre ici dans la discrétion
totale", suggère le Camerounais. Mais son
ami ne l'entend pas de cette oreille. Il opte
plutôt pour aller déposer la dépouille de sa
compagne dans la broussaille située non loin de
l'habitation de la défunte à Angondjé Carrière.
Après discussion, les deux amis se résolvent à
effectuer le déplacement avec le cadavre. Ils le
couvrent d'un tissu sombre, le disposent
soigneusement dans une pirogue avant de remonter
la lagune jusqu'au lieu choisi.
Une fois à destination,
Essiaga et son ami Belinga déposent le corps
dans la nature, à quelque dix mètres de la route
principale. II est vingt-deux heures, ce
vendredi 27 avril 2007. Les deux compagnons
rebroussent chemin, en se promettant de rester
motos et bouche cousue. Pendant ce temps, les
proches d'Augustine Mabongo vont la rechercher
vainement, jusqu'au jour où l'un deux rencontre
Essiaga Otsouna,
qui lui cachera la vérité
avant de se confier aux agents de la gendarmerie
qui l'ont interpellé. Il devrait être présenté
devant le paquet de la République qui statuera
sur son sort, en attendant l'arrestation de son
compagnon en cavale.