TRANSPORT SCOLAIRE
La
paralysie !
PRESQUE gratuit pour
permettre aux élèves de gagner leurs
établissements respectifs et d'en revenir à la
fin de la journée sans difficultés, le transport
scolaire à Libreville risque d'être bientôt
rangé au rayon des souvenirs. D'année en année,
il connaît d'énormes difficultés.
Autrefois, bénéficiant d'un
parc automobile autonome, il était séparé du
transport urbain en général. Mais à cause de la
diminution croissante du nombre de bus, on parle
aujourd'hui de transport unifié, c'est-à-dire
que les mêmes bus servent à la fois au transport
scolaire et au transport urbain.
Selon les indiscrétions (les
responsables de la Sogatra n'ont pas jugé utile
de communiquer), seuls 39 bus sur 143 sont mis
en circulation à l'heure actuelle. Un parc
nettement insuffisant pour une ville peuplée
d'environ 700 000 âmes.
Une bonne partie du reste des
bus est immobilisée, semble-t-il, pour des
problèmes de pneumatiques. Il est aussi question
d'approvisionnement en pièces détachées.
Les recettes ne seraient pas
suffisantes pour faire face aux charges. De
plus, le genre de bus visibles au Gabon ne
circuleraient plus qu'en Algérie. Pour cette
raison, deux pays de l'Afrique de l'ouest qui
nous ont précédés dans cette expérience, y ont
mis un terme rapidement.
La Sogatra (Société gabonaise
de transport) envisagerait de porter le nombre
de bus en circulation à une cinquantaine. En
attendant l'arrivée de la centaine d'automobiles
annoncées par les autorités du ministère des
Transports et les responsables de la société qui
ont effectué une mission en Autriche il y a
plusieurs mois.
L'option du transport unifié
a déjà montré ses limites. Sous pression, les
chauffeurs des bus n'effectuent pas toujours le
nombre de rotations nécessaires pour acheminer
les élèves dans leurs établissements, parce
qu'ils doivent s'occuper des autres usagers. Au
cours de la présente année scolaire, les élèves
vont encore se retrouver abandonnés sur le bord
de la route de l'école.
D'autre part, pendant
que les bus transportent les élèves, les autres
usagers poireautent sur le trottoir. La
situation est pathétique par temps de pluie.
Il faut dans ce cas, en ce
qui concerne les salariés, beaucoup de volonté
pour se rendre à son lieu de travail. Les
retards et les absences qui résultent des
dysfonctionnements du transport urbain ont
inévitablement des répercussions sur le
rendement des entreprises.
Cette défaillance de la
Sogatra, s'agissant des élèves comme des
salariés, met à mal la politique du gouvernement
en matière de développement du pays.