RENTRÉE SCOLAIRE
Établissements privés
:
des structures inadaptées
En dehors du collège de
la Réussite et de l'École professionnelle
d'informatique (EPI),, par exemple, les autres
structures constituent des lieux inappropriés à
l'apprentissage et à la formation de la
jeunesse.
C'EST aujourd'hui, lundi 8
octobre 2007, que les cours reprennent sur
l'ensemble du territoire national. L'innovation
cette année, c'est, sans conteste, l'affectation
par le ministère de l'Éducation nationale de
plusieurs enfants admis en classes de 6e dans
certains établissements privés.
Une initiative peut-être
salutaire pour ces élèves, du fait qu'ils
auraient été nombreux à reprendre la 5e année
(CM2), non pas à cause d'une moyenne
insuffisante, mais parce qu'il manquait des
places dans les établissements publics pour les
accueillir.
Une initiative peut-être
salutaire pour ces élèves, du fait qu'ils
auraient été nombreux à reprendre la 5e année
(CM2), non pas à cause d'une moyenne
insuffisante, mais parce qu'il manquait des
places dans les établissements publics pour les
accueillir.
Cette décision des autorités
du ministère de tutelle est aussi une action
bénéfique pour les parents, du moins pour
certains, compte tenu de ce qu'elle ouvre à
leurs progénitures les portes de l'enseignement
secondaire. Mais la question que l'on se pose,
est de connaître les raisons réelles ayant
incité les autorités compétentes à prendre cette
décision.
L'on se rappelle qu'il y a
moins de deux ans, la plupart de ces
établissements avaient d'abord été fermés par le
gouvernement. Avant que le président de la
République ne demande qu'un sursis leur soit
accordé, tout en sachant qu'ils ne remplissaient
pas les critères exigés par l'administration,
notamment ceux concernant l'état des structures
d'accueil, la qualité des enseignements, le type
de programme scolaire...
Quant à la question de savoir
s'ils se sont conformés aux exigences
ministérielles, l'on est tenté de répondre par
la négation, car si un nouveau délai leur a
encore été accordé, c'est parce que les
conditions ne sont toujours pas remplies. Le
nouveau sursis et l'affectation des élèves dans
lesdits établissements peuvent être considérés
comme une forme de légalisation de l'informel
dans un domaine aussi vital que l'éducation par
les autorités.
En effet, à l'exception du
collège de la Réussite et à un moindre degré de
l'Ecole professionnelle d'informatique (EPI),
par exemple, les autres établissements choisis
par le ministère pour y envoyer les enfants
appelés à se frotter, pour la première fois, à
l'enseignement secondaire, ne réunissent pas les
conditions requises pour un bon apprentissage:
de salles de classe étroites, toilettes
inexistantes ou inappropriées et cours de
récréation réduites ou absentes, pas de terrain
de sport, etc.
Certes, la tutelle aurait
pris l'engagement de placer ces élèves dans des
salles séparées du cafouillage que l'on connaît
et de leur affecter des professeurs, tout en
leur octroyant des bourses comme ceux des lycées
et collèges publics. Mais il ne faut pas se
leurrer. Les chances de réussite de ces enfants
sont d'emblée obérées.
Ce qui explique l'émoi de
nombreux parents et l'étonnement de l'opinion.
Comment peut-on se permettre d'envoyer, dans ces
soi-disant lycées et collèges, fréquentés à plus
de 95% par les recalés et tous les cancre et
indisciplinés renvoyés des établissements
publics, des enfants qui font leur baptême du
feu dans l'enseignement secondaire ? Est-ce
uniquement pour leur donner la possibilité
d'aller au collège ou au lycée? Le manque
évident de lycées et collèges publics peut-il
justifier la décision d'envoyer les enfants dans
les établissements comme Sainte Rita, Saint
Georges, Institut Kenco ou La Nation ?
Nous n'avons rien contre les
propriétaires de ces structures, mais c'est
l'avenir de la jeunesse d'un pays en
développement" qui risque d'être sacrifié. Et le
ministère de l'Education nationale le sait
parfaitement. Il n'ignore pas non plus que la
mission première de ces établissements est,
d'abord, de se faire de l'argent.
L'on espère, en définitive,
que le tête-à-tête entre le ministre Michel
Menga et les responsables des établissements
privés laïcs du 27 septembre dernier, constitue
une sorte de perche tendue aux promoteurs, pour
qu'ils restructurent leurs établissements
conformément aux exigences de la tutelle.
La sauvegarde de l'avenir de
nos enfants est à ce prix. L'éradication ou le
ralentissement de l'échec scolaire également.