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Le quotidien l'Union du 08 Octobre 2007

 

RENTRÉE SCOLAIRE

Enseignants, une denrée rare en province

De nombreux instituteurs et professeurs préfèrent servir dans la capitale ou les grandes villes au détriment des autres localités du pays où ils jugent les conditions ale travail et de vie difficiles. De nombreux instituteurs et professeurs préfèrent servir dans la capitale ou les grandes villes au détriment des autres localités du pays où ils jugent les conditions de travail et de vie difficiles.

"L'intérieur du pays ne présente pas toutes les conditions nécessaires à l'épanouissement d'un fonctionnaire. Je me bats pour rester ici à Libreville. D'ailleurs, mon salaire ne me permet pas encore de bien m'assumer dans un lieu autre que la capitale où je ne loue pas. "Cette confidence d'un jeune professeur d'anglais rencontré, la semaine dernière, au ministère de l'Education nationale, illustre bien la raréfaction des enseignants devant les décisions régulières de leur mutation à l'intérieur du pays.

En effet, la majorité des instituteurs et professeurs préfèrent souvent servir à Libreville plutôt qu'en province. A travers ce constat, on comprend aisément le manque criant des enseignants dans certains établissements du primaire et du secondaire disséminés à travers le territoire national. En réalité, il ne se passe pas une seule année sans qu'un établissement de l'intérieur du pays ne se plaigne de n'a pas avoir son compte d'enseignants.

Si ce n'est pas le professeur d'anglais qui manque en 6e, c'est celui d'espagnol qui fait défaut en 4e. Et on est oblige de faire du rafistolage pour donner un semblant de formation aux élèves. C'est ainsi qu'il n'est pas rare de voir un professeur de français enseigner l'anglais ou l'histoire et la géographie. Malheureusement, les résultats obtenus sont souvent en deçà des espoirs suscités. Car, il se pose souvent un problème de compétence et de qualité des enseignements dispensés.

La situation est plus que déplorable dans l'enseignement primaire. Rares sont, en effet, les écoles qui ont leurs enseignants au grand complet. Dans une certaine mesure, ce sont les capitales provinciales et les chefs-lieux de département qui se frottent souvent les mains. Car, les instituteurs se montrent généralement plus disposés à servir en ville que dans les petites bourgades. De toute évidence, les conditions de travail et d'existence constituent la première chose qui rebute les enseignants appelés à servir dans les lieux reculés.

QUADRATURE DU CERCLE• Malgré l'évolution, beaucoup de localités de l'intérieur du pays ne jouissent pas encore des bienfaits de la modernité. L'eau courante, l'électricité, la télévision, etc, y font cruellement défaut. Dans une certaine mesure, l'affectation d'un enseignant dans un village reculé du pays est souvent perçue par ce dernier, aux mieux, comme une punition, et dans le pire des cas, comme une malédiction. Car, toutes les conditions sont réunies pour décourager le fonctionnaire.

A la lumière des explications de certains enseignants, il ressort que la première difficulté qu'ils rencontrent en province est le manque d'hébergement. Certaines écoles ne sont pas pourvues de logements et les enseignants sont contraints d'habiter dans des taudis, où ils côtoient le sous-développement et la misère. Les rares logements qui existent ne sont parfois pas suffisants pour accueillir le nombre de formateurs prévus. Dans certaines bourgades, il n'est d'ailleurs pas rare de voir deux instituteurs vivre dans une même case et partager le même salon ou la meure cuisine. Mais cette cohabitation se transforme parfois en véritable promiscuité. Leur fardeau quotidien est souvent alourdi par des conditions de travail exécrables.

Si le gouvernement demande aux enseignants de servir partout où besoin se fait sentir, il n'en demeure pas moins qu'il doit consentir des efforts pour réunir toutes les conditions à même d'attirer les intéressés dans l'arrière-pays. Cela implique, par la construction de logements décents dans les écoles qui en sont jusque-là dépourvues et l'octroi de primes d'éloignement aux intéressés. Ces bonus auraient le mérite d'inciter les instituteurs à aller servir même dans les "coins perdus".

A ce qu'il semble, cette situation confine à la quadrature du cercle. Le gouvernement ne proposerait que des expédients pour la solutionner. Comme s'il ne se souciait pas de l'avenir de ce pays qui passe par la formation de la jeunesse. Ces dernières années, certains enseignants utilisent des méthodes dilatoires pour rester à Libreville où ils trouvent de meilleures conditions de vie. D'aucuns ne se rendent en province que pour pouvoir bénéficier de l'attestation de prise de service. Une fois en possession du précieux document souvent exigé par la solde, les intéressés reviennent s'asseoir à Libreville. Sans être inquiétés, le moins du monde.

Source : Journal L'Union Plus du 08/10/2007

 

 



   

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