RENTRÉE SCOLAIRE
Le
niveau des élèves en baisse
" Le relâchement des
apprenants, la démission des parents et la
démotivation des enseignants sont à l'origine de
ce mal qui ronge l'école gabonaise.
L'UNE des gangrènes de
l'éducation nationale demeure, à coup sûr, la
baisse continuelle du niveau des élèves qui
fréquentent les différents établissements du
pays. C'est le constat, ces dernières années,
des enseignants et des entités chargées
d'homologuer les différents diplômes. De toute
évidence, plusieurs facteurs entrent en ligne de
compte pour expliquer cette situation somme
toute déplorable.
La première raison souvent
avancée est le relâchement des élèves. Nombreux
sont, en effet, ceux qui ne s'adonnent plus aux
études, préférant se livrer à des occupations
futiles et puériles. La plupart d'entre eux vont
a l'école plus par obligation que par souci de
préparer leur avenir. Selon un expert du
ministère de l'Education nationale, les filles
culminent au hit-parade des élèves qui
manifestent un désintérêt patent pour les
études.
De ce fait, leur taux d'échec
scolaire reste plus élevé que celui des garçons.
C'est à partir de la puberté, constate-t-on, que
les élèves de sexe féminin connaissent des
perturbations dans leurs études. Cette situation
s'expliquerait par le fait qu'elles seraient
plus préoccupées par les sentiments des
problèmes ordre affectif. "Quand une fille
connaît les garçons, elle devient parfois
distraite en classe. Elle passe le plus clair de
son temps à partager ses expériences amoureuses
avec ses congénères. A partir de ce moment, elle
suit peu les explications du professeur",
relève un spécialiste.
Les garçons affichent aussi
le même relâchement sous le joug de leurs
premières amours. Dans ce cas, la vigilance des
parents reste le seul sésame pour les ramener à
un véritable sursaut. Mais là encore, les choses
vont de mal en pis ces dernières années. Bon
nombre de géniteurs brillent par leur démission.
Concrètement, ils n'ont cure du rendement
scolaire de leurs enfants et ne font preuve
d'aucun suivi. C'est d'ailleurs le deuxième
facteur avancé par les spécialistes de
l'éducation pour justifier la baisse de niveau
des élèves. Une autre raison demeure la
démotivation des enseignants.
Ces derniers brilleraient par
des comportements rédhibitoires à la réussite
des enfants. Comme, entre autres, les absences
répétées à leurs postes de travail,
l'incompétence, leur désintérêt pour leur
profession, leur attirance pour la politique
.... Bref, toutes les conditions sont réunies
pour que l'éducation des enfants en pâtisse. Les
résultats des examens et concours de cette
dernière décennie en sont révélateurs
implacables. Cette année, par exemple, le taux
de réussite au baccalauréat dans (enseignement
général est de 37,27% contre 37, 66% l'année
dernière.
TRANSHUMANCE SCOLAIRE.
Quelques fluctuations sont, par contre,
observées pour le Brevet d'études du premier
cycle (BEPC). Le taux de réussite de la session
2007 s'élève à 23,40% contre 16,92% en
2006. Cette année, les résultats au BEPC ont été
plus que lamentables dans certaines localités du
pays. Sur soixante-dix sept candidats présentés
par le collège Pascal Nzé de Cocobeatch, par
exemplaire, deux seulement ont décroché leur
parchemin, soit un taux de 2,60%. Même situation
catastrophique au CES Daniel Kosse de Booué où
quatre élèves seulement ont été admis sur
cent-quarante sept présentés. Des exemples de ce
genre sont nombreux à travers le territoire
national. Certains élèves reçus aux examens ont
parfois eu recours à la fraude favorisée par des
examinateurs véreux.
Selon un responsable du
ministère de l'Education nationale, certains
élèves doivent leur salut aux pratiques peu
orthodoxes de certains enseignants. En 2005,
soutient-t-il, des examinateurs avaient vendu
les épreuves du Bac au prix de cinquante mille
francs. Une supercherie qui a failli entraîner
ses auteurs en prison. Mais l'enquête ouverte
par la direction générale de la recherche (DGR)
aurait été étouffée par des hommes politiques,
parrains de cette manœuvre déloyale. Le
directeur de cabinet d'un membre du gouvernement
avait même été éclaboussé par le scandale.
Un autre facteur de la baisse
de niveau reste la transhumance scolaire. En
effet, un nombre croissant d'élèves refusent
souvent de reprendre une classe. Généralement,
ils falsifient les bulletins de notes et
changent d'établissement pour s'inscrire en
classe supérieure ailleurs. Un nombre
incalculable de collégiens et lycéens n'évoluent
dans leurs parcours scolaire qu'en se livrant à
ce genre d'acrobaties. Devant, la baisse
continuelle de la qualité de l'éducation dans
notre pays, certains parents nantis préfèrent
désormais envoyer leurs enfants à l'étranger.
C'est ainsi qu'on trouve des élèves du primaire
dans des écoles du Sénégal, du Bénin et du Togo.