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Le quotidien l'Union du 08 Octobre 2007

 

RENTRÉE SCOLAIRE

Le niveau des élèves en baisse

" Le relâchement des apprenants, la démission des parents et la démotivation des enseignants sont à l'origine de ce mal qui ronge l'école gabonaise.

L'UNE des gangrènes de l'éducation nationale demeure, à coup sûr, la baisse continuelle du niveau des élèves qui fréquentent les différents établissements du pays. C'est le constat, ces dernières années, des enseignants et des entités chargées d'homologuer les différents diplômes. De toute évidence, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte pour expliquer cette situation somme toute déplorable.

La première raison souvent avancée est le relâchement des élèves. Nombreux sont, en effet, ceux qui ne s'adonnent plus aux études, préférant se livrer à des occupations futiles et puériles. La plupart d'entre eux vont a l'école plus par obligation que par souci de préparer leur avenir. Selon un expert du ministère de l'Education nationale, les filles culminent au hit-parade des élèves qui manifestent un désintérêt patent pour les études.

De ce fait, leur taux d'échec scolaire reste plus élevé que celui des garçons. C'est à partir de la puberté, constate-t-on, que les élèves de sexe féminin connaissent des perturbations dans leurs études. Cette situation s'expliquerait par le fait qu'elles seraient plus préoccupées par les sentiments des problèmes ordre affectif. "Quand une fille connaît les garçons, elle devient parfois distraite en classe. Elle passe le plus clair de son temps à partager ses expériences amoureuses avec ses congénères. A partir de ce moment, elle suit peu les explications du professeur", relève un spécialiste.

Les garçons affichent aussi le même relâchement sous le joug de leurs premières amours. Dans ce cas, la vigilance des parents reste le seul sésame pour les ramener à un véritable sursaut. Mais là encore, les choses vont de mal en pis ces dernières années. Bon nombre de géniteurs brillent par leur démission. Concrètement, ils n'ont cure du rendement scolaire de leurs enfants et ne font preuve d'aucun suivi. C'est d'ailleurs le deuxième facteur avancé par les spécialistes de l'éducation pour justifier la baisse de niveau des élèves. Une autre raison demeure la démotivation des enseignants.

Ces derniers brilleraient par des comportements rédhibitoires à la réussite des enfants. Comme, entre autres, les absences répétées à leurs postes de travail, l'incompétence, leur désintérêt pour leur profession, leur attirance pour la politique .... Bref, toutes les conditions sont réunies pour que l'éducation des enfants en pâtisse. Les résultats des examens et concours de cette dernière décennie en sont révélateurs implacables. Cette année, par exemple, le taux de réussite au baccalauréat dans (enseignement général est de 37,27% contre 37, 66% l'année dernière.

TRANSHUMANCE SCOLAIRE. Quelques fluctuations sont, par contre, observées pour le Brevet d'études du premier cycle (BEPC). Le taux de réussite de la session 2007 s'élève à 23,40% contre 16,92% en 2006. Cette année, les résultats au BEPC ont été plus que lamentables dans certaines localités du pays. Sur soixante-dix sept candidats présentés par le collège Pascal Nzé de Cocobeatch, par exemplaire, deux seulement ont décroché leur parchemin, soit un taux de 2,60%. Même situation catastrophique au CES Daniel Kosse de Booué où quatre élèves seulement ont été admis sur cent-quarante sept présentés. Des exemples de ce genre sont nombreux à travers le territoire national. Certains élèves reçus aux examens ont parfois eu recours à la fraude favorisée par des examinateurs véreux.

Selon un responsable du ministère de l'Education nationale, certains élèves doivent leur salut aux pratiques peu orthodoxes de certains enseignants. En 2005, soutient-t-il, des examinateurs avaient vendu les épreuves du Bac au prix de cinquante mille francs. Une supercherie qui a failli entraîner ses auteurs en prison. Mais l'enquête ouverte par la direction générale de la recherche (DGR) aurait été étouffée par des hommes politiques, parrains de cette manœuvre déloyale. Le directeur de cabinet d'un membre du gouvernement avait même été éclaboussé par le scandale.

Un autre facteur de la baisse de niveau reste la transhumance scolaire. En effet, un nombre croissant d'élèves refusent souvent de reprendre une classe. Généralement, ils falsifient les bulletins de notes et changent d'établissement pour s'inscrire en classe supérieure ailleurs. Un nombre incalculable de collégiens et lycéens n'évoluent dans leurs parcours scolaire qu'en se livrant à ce genre d'acrobaties. Devant, la baisse continuelle de la qualité de l'éducation dans notre pays, certains parents nantis préfèrent désormais envoyer leurs enfants à l'étranger. C'est ainsi qu'on trouve des élèves du primaire dans des écoles du Sénégal, du Bénin et du Togo.

 

Source : Journal L'Union Plus du 08/10/2007

 

 



   

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