CONFÉRENCE DE PRESSE DU
MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE, SAMEDI
"Dans
notre esprit, il n'est nullement question
d'envoyer les enfants en pâture"
Entre autres sujets tout aussi
importants, Michel Menga M'Essone a décliné la
motivation de son département dans la décision
d'envoyer certains élèves admis au concours
d'entrée en 6e dans les établissements privés.
ENTRE deux maux, a-t-on
coutume de dire, il faut choisir le moindre.
Devant le flot important des élèves ayant de
bonnes moyennes (souvent 12/20 ou plus) à
l'issue du concours entrée en 6e sanctionnant la
dernière année scolaire, et alors que les
établissements publics avaient déjà fait leur
plein de ces nouveaux arrivants, le ministère de
l'Education nationale s'est retrouvé devant un
véritable dilemme. Devait-on laisser ces élèves
méritants sur le carreau, les sacrifiant ainsi
sur l'autel de l'insuffisance des structures
d'accueil ou leur fournir un cadre
d'apprentissage adapté?
Au centre de la rentrée
scolaire qui s'ouvre ce matin dans tous les
établissements publics du territoire national,
la décision du ministère de l'Education
nationale d'envoyer certains élèves admis au
concours d'entrée en 6e dans les établissements
privés (et qui occupe tant les esprits) a été
largement débattue au cours de la conférence de
presse tenue avant-hier à l'hôtel Okoumé Palace
par le patron de ce département ministériel,
Mchel Menga M'Essone. Celui-ci a, d'entrée,
relevé "les incompréhensions, les non-dits" qui
se sont fait jour plus pour vicier un climat qui
l'est déjà avec la kyrielle de difficultés de la
rentrée que pour apporter l'éclairage nécessaire
sur les enjeux réels qui sous-tendent l'approche
ministérielle à travers cette décision qui, a
précisé le ministre de l'Education nationale,
n'aliène pas la liberté des parents d'élevés:
"Si un parent d'élève refuse de voir son
enfant apprendre dans ces établissements privés,
libre à lui de retirer son enfant".
CLASSE SPECIFIQUE • Il
faut dire que c'est le souci de ne pas voir ces
élèves tout aussi méritants redoubler la 5e
année du primaire faute de places dans les
lycées et collèges publics qui a motivé cette
approche originale. "C'est une décision
que nous avions prise en toute
responsabilité. Nous sommes conscients de
ce que les inquiétudes des parents sont
légitimes, car l'être humain par
définition a peur de l'inconnu. Mais nous
tenons à les rassurer de ce que toutes
les dispositions ont été prises afin que
les enfants envoyés dans les
établissements privés bénéficient du même
traitement que ceux du public". Cela
se reflète d'abord sur le plan financier. Tous
ces élèves recevront régulièrement leurs bourses
au même titre que ceux du public. Plus important
encore est la valeur pédagogique de
l'encadrement. Sur ce point précis, le ministre
de l'Education nationale qui était assisté de sa
ministre déléguée, Solange Mabignath, a
reprécisé les contours de cette démarche
vis-à-vis de ces structures privées reconnues
d'utilité publique : "Nous avons signé
des conventions avec les établissements
d'accueil pour que ces élèves aient chez
eux une classe spécifique. Nous avons
également exigé de regarder le profil des
enseignants qui y exercent afin qu'ils
bénéficient d'un enseignement de qualité. En
outre, nous allons faire le point du
nombre d'heures de cours en rapport avec
le vivier des professeurs qui y existent".
Tout cela parce que
justement, les établissements d'enseignement
privés sont souvent en butte a des préjujés
défavorables qui inspirent la méfiance de
l'opinion. M. Menga M'Essone, lui, ne partage
pas ces clichés négatifs, s'appuyant d'ailleurs
sur le fait qu'au cours de cette année scolaire
qui, vient de s'achever, c'est un de ces
établissements qui a eu les résultats les plus
brillants au baccalauréat.
De fait, le patron de l'Education
nationale de l'Instruction civique et de l'Education
populaire évacue le mauvais procès fait à son
département
Par rapport à cette décision
de transfert des élèves admis à l'entrée en 6e
dans les structures privées. "Et si,
constatant qu'il n'y avait plus de places dans
le public, nous déclarons que ces élèves ont
échoué, quelle alternative avaient les
parents pour leurs enfants ? Si ce n'est
celle de les inscrire dans les classes de 6e de
ces établissements privés et à leur charge. Or,
ce que nous offrons est très avantageux, étant
donné qu'ils sont exempts des frais d'écolage et
que les enfants reçoivent la bourse tout en
bénéficiant d'un enseignement de qualité. Dans
notre esprit, il n'est nullement question
d'envoyer les enfants en pâture"; dit le
ministre, non sans fustiger le climat de
confusion que certains hommes veulent
entretenir sur une question aussi
cruciale concernant l'avenir des
enfants.
NOMINATIONS • Avec les
journalistes, le ministre a également abordé
d'autres aspects de cette rentrée scolaire,
notamment les transferts, les mesures sociales
(frais d'écolage et manuels scolaires), les
déficits (en structures d'accueil et en
enseignants) et le plan triennal pour résorption
de ces déficits. S'agissant des transferts, a
indiqué Michel Menga M'Essone, "une
commission a été mise en place pour
étudier tous les dossiers relatifs au
transfert des élèves. Nous avons voulu
mettre un terme au glissement qui s'est
établi lorsque la latitude a été donnée
aux chefs d'établissements de les assurer. Car,
en raison des relations multiformes
que les uns et les autres entretiennent avec
les parents d'élèves, au lieu des
transferts, on procédait aux inscriptions
tous azimuts. Bafouant ainsi l'une des
valeurs qui fondent l'école, c'est-à-dire
le mérite. (..) Cette commission a
un délai pour examiner tous les dossiers
afin que les sollicitants ne soient pas
en retard par rapport à la rentrée
scolaire."Les mesures sociales, notamment la
gratuité des manuels scolaires, pourront être
renforcées, le ministre souhaitant voir le
Secondaire accéder à cet avantage. Les efforts
sont également faits en ce qui concerne la
fourniture des tables-bancs aux écoles.
D'ailleurs, une bonne partie du budget du
ministère pour cette année pourra être consacrée
à cela.
En ce qui concerne les
déficits qu'accuse ce département, aussi bien
pour les établissements que pour les
enseignants, des programmes ont été définis.
L'un (à long terme) vise la poursuite de la
construction des établissements, tandis que
l'autre, tout en favorisant une meilleure prise
en compte des vocations dans l'enseignement,
doit mener une réflexion pour endiguer le
comportement de certains enseignants
caractérisés par des stages et des nominations
qui privent le département des bras dont il a
besoin.