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Le quotidien l'Union du 08 Octobre 2007

 

CONFÉRENCE DE PRESSE DU MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE, SAMEDI

"Dans notre esprit, il n'est nullement question d'envoyer les enfants en pâture"

Entre autres sujets tout aussi importants, Michel Menga M'Essone a décliné la motivation de son département dans la décision d'envoyer certains élèves admis au concours d'entrée en 6e dans les établissements privés.

ENTRE deux maux, a-t-on coutume de dire, il faut choisir le moindre. Devant le flot important des élèves ayant de bonnes moyennes (souvent 12/20 ou plus) à l'issue du concours entrée en 6e sanctionnant la dernière année scolaire, et alors que les établissements publics avaient déjà fait leur plein de ces nouveaux arrivants, le ministère de l'Education nationale s'est retrouvé devant un véritable dilemme. Devait-on laisser ces élèves méritants sur le carreau, les sacrifiant ainsi sur l'autel de l'insuffisance des structures d'accueil ou leur fournir un cadre d'apprentissage adapté?

Au centre de la rentrée scolaire qui s'ouvre ce matin dans tous les établissements publics du territoire national, la décision du ministère de l'Education nationale d'envoyer certains élèves admis au concours d'entrée en 6e dans les établissements privés (et qui occupe tant les esprits) a été largement débattue au cours de la conférence de presse tenue avant-hier à l'hôtel Okoumé Palace par le patron de ce département ministériel, Mchel Menga M'Essone. Celui-ci a, d'entrée, relevé "les incompréhensions, les non-dits" qui se sont fait jour plus pour vicier un climat qui l'est déjà avec la kyrielle de difficultés de la rentrée que pour apporter l'éclairage nécessaire sur les enjeux réels qui sous-tendent l'approche ministérielle à travers cette décision qui, a précisé le ministre de l'Education nationale, n'aliène pas la liberté des parents d'élevés: "Si un parent d'élève refuse de voir son enfant apprendre dans ces établissements privés, libre à lui de retirer son enfant".

CLASSE SPECIFIQUE • Il faut dire que c'est le souci de ne pas voir ces élèves tout aussi méritants redoubler la 5e année du primaire faute de places dans les lycées et collèges publics qui a motivé cette approche originale. "C'est une décision que nous avions prise en toute responsabilité. Nous sommes conscients de ce que les inquiétudes des parents sont légitimes, car l'être humain par définition a peur de l'inconnu. Mais nous tenons à les rassurer de ce que toutes les dispositions ont été prises afin que les enfants envoyés dans les établissements privés bénéficient du même traitement que ceux du public". Cela se reflète d'abord sur le plan financier. Tous ces élèves recevront régulièrement leurs bourses au même titre que ceux du public. Plus important encore est la valeur pédagogique de l'encadrement. Sur ce point précis, le ministre de l'Education nationale qui était assisté de sa ministre déléguée, Solange Mabignath, a reprécisé les contours de cette démarche vis-à-vis de ces structures privées reconnues d'utilité publique : "Nous avons signé des conventions avec les établissements d'accueil pour que ces élèves aient chez eux une classe spécifique. Nous avons également exigé de regarder le profil des enseignants qui y exercent afin qu'ils bénéficient d'un enseignement de qualité. En outre, nous allons faire le point du nombre d'heures de cours en rapport avec le vivier des professeurs qui y existent".

Tout cela parce que justement, les établissements d'enseignement privés sont souvent en butte a des préjujés défavorables qui inspirent la méfiance de l'opinion. M. Menga M'Essone, lui, ne partage pas ces clichés négatifs, s'appuyant d'ailleurs sur le fait qu'au cours de cette année scolaire qui, vient de s'achever, c'est un de ces établissements qui a eu les résultats les plus brillants au baccalauréat.

De fait, le patron de l'Education nationale de l'Instruction civique et de l'Education populaire évacue le mauvais procès fait à son département

Par rapport à cette décision de transfert des élèves admis à l'entrée en 6e dans les structures privées. "Et si, constatant qu'il n'y avait plus de places dans le public, nous déclarons que ces élèves ont échoué, quelle alternative avaient les parents pour leurs enfants ? Si ce n'est celle de les inscrire dans les classes de 6e de ces établissements privés et à leur charge. Or, ce que nous offrons est très avantageux, étant donné qu'ils sont exempts des frais d'écolage et que les enfants reçoivent la bourse tout en bénéficiant d'un enseignement de qualité. Dans notre esprit, il n'est nullement question d'envoyer les enfants en pâture"; dit le ministre, non sans fustiger le climat de confusion que certains hommes veulent entretenir sur une question aussi cruciale concernant l'avenir des enfants.

NOMINATIONS • Avec les journalistes, le ministre a également abordé d'autres aspects de cette rentrée scolaire, notamment les transferts, les mesures sociales (frais d'écolage et manuels scolaires), les déficits (en structures d'accueil et en enseignants) et le plan triennal pour résorption de ces déficits. S'agissant des transferts, a indiqué Michel Menga M'Essone, "une commission a été mise en place pour étudier tous les dossiers relatifs au transfert des élèves. Nous avons voulu mettre un terme au glissement qui s'est établi lorsque la latitude a été donnée aux chefs d'établissements de les assurer. Car, en raison des relations multiformes que les uns et les autres entretiennent avec les parents d'élèves, au lieu des transferts, on procédait aux inscriptions tous azimuts. Bafouant ainsi l'une des valeurs qui fondent l'école, c'est-à-dire le mérite. (..) Cette commission a un délai pour examiner tous les dossiers afin que les sollicitants ne soient pas en retard par rapport à la rentrée scolaire."Les mesures sociales, notamment la gratuité des manuels scolaires, pourront être renforcées, le ministre souhaitant voir le Secondaire accéder à cet avantage. Les efforts sont également faits en ce qui concerne la fourniture des tables-bancs aux écoles. D'ailleurs, une bonne partie du budget du ministère pour cette année pourra être consacrée à cela.

En ce qui concerne les déficits qu'accuse ce département, aussi bien pour les établissements que pour les enseignants, des programmes ont été définis. L'un (à long terme) vise la poursuite de la construction des établissements, tandis que l'autre, tout en favorisant une meilleure prise en compte des vocations dans l'enseignement, doit mener une réflexion pour endiguer le comportement de certains enseignants caractérisés par des stages et des nominations qui privent le département des bras dont il a besoin.

Source : Journal L'Union Plus du 08/10/2007

 

 



   

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