VIE DES PARTIS / RASSEMBLEMENT
NATIONAL DES BUCHERONS
Montée
de bile chez les Bûcherons !
Michel Essima Ossé a fait une
sortie aussi surprenante que tonitruante, en
s'en prenant violemment au président du parti,
le Pr Pierre-André Kombila, qu'il accuse dé
trahison pour avoir intégré le gouvernement
Eyéghé Ndong. Les proches du leader du RNB
considère la diatribe de leur premier secrétaire
comme un non événement.
LE torchon brûle entre
Bûcherons, à la veille du congrès du
Rassemblement national des Bûcherons (RNB),
prévu pour les 26 et 27 octobre courant.
Alors que les préparatifs de
ce conclave vont bon train, hier vendredi 5
octobre 2007, le Premier secrétaire de cette
formation politique, Michel Essima Osse a fait
une sortie aussi tonitruante que surprenante en
s'en prenant violemment au président du RNB, le
Pr Pierre-André Kombila, dont il dénonce
l'entrée unilatérale au gouvernement Eyéghé
Ndong, ainsi que la démarche visant au
ralliement de leur parti à la majorité
présidentielle.
Lors d'une conférence de
presse tenue dans la cour du siège dont les
locaux leur étaient fermés, Ossima Ossé et
quelques membres ou anciens du RNB, a déclaré
que " l'entrée de M. Pierre-André Kombila au
gouvernement de la majorité présidentielle
n'engage en aucune façon le RNB ". Car,
n'ayant jamais eu mandat pour négocier la
cogestion du pouvoir, et encore moins, siéger au
gouvernement. D'autant que pour lui, seul un
congrès pourrait modifier la ligne de leur
parti, surtout, ajoute t-il, "qu'il s'agit de
renoncer à nos idéaux pour épouser des pratiques
que, depuis des années, nous condamnons,
patiemment et résolument, malgré bien des
entraves".
Or, le Pr Kombila, aurait,
selon son Premier secrétaire, programmé la tenue
d'un congrès pour ce mois d'octobre, après
plusieurs reports, avec pour principal ordre du
jour, le positionnement du parti. Ce qui, pour
Ossima Ossé, est un coup d'Etat idéologique en
bonne et due forme, convaincu de ce que le
président du RNB a pris des positions
personnelles en posant des actes politiques
gravissimes sans en référer au parti dont il se
prévaut. Il ajoute que "le débat sur le
positionnement du parti aurait du se tenir avant
sa collaboration avec la majorité
présidentielle, son entre au gouvernement comme
ministre et sa solidarité avec le groupe
parlementaire PDG à l'Assemblée nationale".
Avant de confier qu'il ne sera jamais question
d'intégrer les rangs de la majorité
présidentielle.
ÉPIPHÉNOMENE • Si dans
l'entourage immédiat du président du RNB,
Pierre-André Kombila, que nous avons tenté en
vain de joindre, on estime qu'il s'agit ni plus
ni moins qu'un épiphénomène, nul doute que la
sortie du Premier secrétaire qu'entourait
quelques membres actuels ou anciens du RNB qui
se sentent marginalisés, est, on ne peut plus
surprenante. Car, elle intervient plus d'un an
après l'entrée du Pr PierreAndré Kombila au sein
du gouvernement Eyéghé Ndong, en qualité de
ministre d' Etat, ministre de la Formation
professionnelle et de l'Enseignement technique,
de la Réinsertion, chargé de l'Insertion
professionnelle des jeunes. Une nomination que
le Rassemblement national des Bûcherons avait
fortement saluée, le 21 mars 2006, lors d'une
manifestation organisée au siège du parti par
l'ensemble des membres du directoire et à
laquelle ont pris part de nombreux militants.
Ceux d'entre nous qui ont
bonne mémoire se souviennent que jour-là c'est
bien le Premier secrétaire Michel Ossima Ossé
qui avait, au nom de la hiérarchie du parti, lu
le discours de félicitations adressé au Pr
Kombila, pour son entrée dans le gouvernement
EYéghé Ndong. Il s'agit donc d un cas rare
amnésie politique, à moins que ce ne soit de la
mauvaise foi pure et simple. Ceci étant, il
semble que l'entrée au gouvernement du leader du
MB ait divisé les militants. Si les uns
estiment, qu'en dépit des nouvelles fonctions de
leur leader, le parti reste toujours dans
l'opposition, d'autres considèrent la démarche
de l'éminent cardiologue comme un ralliement de
fait a la majorité présidentielle. Une espèce de
reddition en rase campagne. D'où le bras de fer
entre les partisans du Pr Kombila et ceux de
Ossima Ossé, dont la confrontation ne date pas
d'aujourd'hui, chacun voulant imposer au RNB la
trajectoire à suivre.
Au demeurant, on peut trouver
curieux, sinon s'étonner, sans toutefois prendre
position, que parmi les contestataires se
trouvent des ex-militants RNB. C'est le cas,
notamment, de Nzigou-Ibouanga,candidat
indépendant malheureux aux dernières
législatives sur le premier siège du département
de la Douigny, qu'il disputait d'ailleurs au
leader du RNB, après avoir démissionné du parti
le 30 octobre 2005. La question est désormais de
savoir qu'est-ce qui motive ce retour pour le
moins surprenant aux yeux de bon nombre de
militants ? Le prochain congrès, auquel nul ne
sait en définitive si Ossima Ossé et ses
"souteneurs" y prendront part, devrait donner
lieu à des passes d'armes épiques et de rudes
empoignades sur fond de rivalités et de
clarification au sein de cette formation
politique.