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Le quotidien l'Union du 05 Octobre 2007

 

FAIT DIVERS

Faux agents de la PJ Mais vrais bandits

Jean-Gabriel Boussengui et Alain Nzomo Engo, deux Gabonais, âgés respectivement de trente-six et quarante ans, sont depuis le début de la semaine en cellule à la Police judiciaire (PJ). Motif: ils se faisaient passer pour des agents de cette entité chargée de constater les infractions à la loi et d’en rechercher les auteurs. Ils se prévalaient de leur titre de policiers pour mener des enquêtes et détrousser de paisibles citoyens à travers Libreville. Comment en sont-ils arrivés jusque-là ? Quel est l'itinéraire de ces deux bandits ? Enquête.

IL est des individus qui n'hésitent pas à usurper le titre d'officier de police judiciaire (OPJ) pour se faire du beurre sur Ie dos d'autres Citoyens. Deux compatriotes, les nommés Jean-Gabriel Boussengui et Alain Nzomo Engo, âgés respectivement de trente six et quarante ans, ont choisi cette pratique peu orthodoxe pour se refaire une santé financière. C'est ainsi qu'ils se faisaient passer pour des agents de police en service à la Police judiciaire (PJ).

Munis d'une paire de menottes et d'un talkie-walkie, les deux acolytes sillonnaient les différents quartiers de la capitale pour mener de pseudo enquêtes et en profiter pour détrousser au passage de paisibles citoyens. Ifs opéraient à l'aide d'un véhicule de marque Toyota Corolla immatriculé 0553 G1Q, lequel appartiendrait au deuxième cité. Selon la Police judiciaire et d'après nos propres investigations, les deux compagnons n'hésitaient pas à faire payer en nature les belles créatures qui tombaient dans leurs filets.

Ainsi, contraignaient-ils, par exemple, des femmes expatriées en situation irrégulière à avoir des rapports sexuels avec eux, ultime sésame pour échappez à des punitions. Selon toute vraisemblance, Jean-Gabriel Boussengui et Alain Nzomo Engo ont plusieurs forfait avant d'être neutralisés par les vrais agents de la Police judiciaire. En fait, leur dernière aventure aura été une expédition à Lalala où ils ont procédé à l'arrestation d'une jeune femme qu'ils ont accusée de fumer du chanvre indien.

D'après nos investigations, tout remonte au 13 septembre dernier. Ce jour-là, il est dix-sept heures lorsque Jean-Gabriel Boussengui demande à son ami Alain Nzomo Engo de le retrouver au PK7. Lorsque ce dernier y arrive, il trouve son complice dans un bar en compagnie de deux belles créatures. Après les traditionnelles présentations, le nouveau venu prend place et passe sa commande, et d'emblée participe à la discussion déjà engagée. Le temps passe sans que les deux hommes et leurs compagnes ne s'en rendent compte.

Boussengui et Nzomo Engo expliquent à leurs interlocutrices qu'ils sont des agents de la Police judiciaire et qu'ils sont en mission commandée. "Ça ne nous gêne pas que vous nous accompagniez au cours de la randonnée que nous allons effectuer ", disent-ils. Les deux jeunes femmes acceptent seulement une petite balade à travers le périmètre urbain avant de rentrer chez elles. Après le pot, ils demandent à leurs compagnes de les suivre dans la voiture pour effectuer la randonnée nocturne qu'elles ont souhaitée. Lorsqu'ils quittent le PK7, Boussengui et son acolyte décident de "patrouiller" a travers la ville.

ALTERCATION. Il est vingt-trois heures, ce jeudi 13 septembre 2007. La Toyota Corolla conduite par Nzomo Engo rend le Boulevard du bord dé mer. Au fur et à mesure que la nuit passe, la circulation v devient moins dense. Arrivé à hauteur de la poste, Boussengui demande au chauffeur de marquer un arrêt. Il vient d'apercevoir un jeune homme hirsute, à l'allure d'un clochard assis sur l'un des bancs publics installés sur la plage. Lorsque le véhicule s'immobilise, Boussengui sort sa paire de menottes et son talkie-walkie et fonce vers le jeune homme, tranquillement assis.

" Bonsoir, Monsieur ! C'est la Police judiciaire. Vous êtes en train de fumer du chanvre. Suivez moi". dit-il en substance, avant de conduire à la cravache son interlocuteur, qui n'oppose aucune résistance. II le jette

dans la voiture et menace d'aller le déposer au Camp Roux. En chemin, il lui demande de lui donner des espèces sonnantes et trébuchantes s'il veut échapper à la prison. Mais le jeune homme lui fait comprendre qu'il n'a pas de sous sur lui. Désappointé, Boussengui va abandonner le jeune homme devant le Camp Roux avant de poursuivre son chemin.

Le lendemain, c'est au "Célèbre couloir de la mort" à Lalala que les deux amis vont sévir. Une fois sur le terrain, ils procèdent à l'arrestation musclée d'une jeune femme qu'ils accusent de fumer du chanvre indien. Mais une altercation éclate entre les amis de leur victime et les deux faux agents. Acculés, Boussengui et Nzomo Engo prennent la poudre d'escampette, abandonnant leur voiture sur les lieux. Saisie, la PJ se rendra compte qu'il s'agit de bandits qui usurpaient le titre d'enquêteurs. L'entité judiciaire a finalement mis la main sur les deux voyous. Ils devront répondre de leurs actes devant la loi.

D'après nos investigations, Jean-Gabriel Boussengui est un agent de la Sécurité pénitentiaire en congé. Il aurait déjà commis plusieurs forfaits. L'année dernière, il aurait été présenté devant le parquet de la République pour coups mortels sur une jeune femme. Mais le maton a, curieusement, échappé à la prison, nonobstant les charges qui pesaient sur lui. II serait réputé dans certains milieux comme un bandit de grands chemins. Quant à son acolyte Nzomo Engo, il aurait subi une formation d'archiviste. Mais il se serait associé ces derniers temps à des bandits pour contourner les difficultés qu'il rencontre au quotidien.

Source : Journal L'Union Plus du 05/10/2007

 

 



   

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