FAIT DIVERS
Faux
agents de la PJ Mais vrais bandits
Jean-Gabriel Boussengui et
Alain Nzomo Engo, deux Gabonais, âgés
respectivement de trente-six et quarante ans,
sont depuis le début de la semaine en cellule à
la Police judiciaire (PJ). Motif: ils se
faisaient passer pour des agents de cette entité
chargée de constater les infractions à la loi et
d’en rechercher les auteurs. Ils se prévalaient
de leur titre de policiers pour mener des
enquêtes et détrousser de paisibles citoyens à
travers Libreville. Comment en sont-ils arrivés
jusque-là ? Quel est l'itinéraire de ces deux
bandits ? Enquête.
IL est des individus qui
n'hésitent pas à usurper le titre d'officier de
police judiciaire (OPJ) pour se faire du beurre
sur Ie dos d'autres Citoyens. Deux compatriotes,
les nommés Jean-Gabriel Boussengui et Alain
Nzomo Engo, âgés respectivement de trente six et
quarante ans, ont choisi cette pratique peu
orthodoxe pour se refaire une santé financière.
C'est ainsi qu'ils se faisaient passer pour des
agents de police en service à la Police
judiciaire (PJ).
Munis d'une paire de menottes
et d'un talkie-walkie, les deux acolytes
sillonnaient les différents quartiers de la
capitale pour mener de pseudo enquêtes et en
profiter pour détrousser au passage de paisibles
citoyens. Ifs opéraient à l'aide d'un véhicule
de marque Toyota Corolla immatriculé 0553 G1Q,
lequel appartiendrait au deuxième cité. Selon la
Police judiciaire et d'après nos propres
investigations, les deux compagnons n'hésitaient
pas à faire payer en nature les belles créatures
qui tombaient dans leurs filets.
Ainsi, contraignaient-ils,
par exemple, des femmes expatriées en situation
irrégulière à avoir des rapports sexuels avec
eux, ultime sésame pour échappez à des
punitions. Selon toute vraisemblance,
Jean-Gabriel Boussengui et Alain Nzomo Engo ont
plusieurs forfait avant d'être neutralisés par
les vrais agents de la Police judiciaire. En
fait, leur dernière aventure aura été une
expédition à Lalala où ils ont procédé à
l'arrestation d'une jeune femme qu'ils ont
accusée de fumer du chanvre indien.
D'après nos investigations,
tout remonte au 13 septembre dernier. Ce
jour-là, il est dix-sept heures lorsque
Jean-Gabriel Boussengui demande à son ami Alain
Nzomo Engo de le retrouver au PK7. Lorsque ce
dernier y arrive, il trouve son complice dans un
bar en compagnie de deux belles créatures. Après
les traditionnelles présentations, le nouveau
venu prend place et passe sa commande, et
d'emblée participe à la discussion déjà engagée.
Le temps passe sans que les deux hommes et leurs
compagnes ne s'en rendent compte.
Boussengui et Nzomo Engo
expliquent à leurs interlocutrices qu'ils sont
des agents de la Police judiciaire et qu'ils
sont en mission commandée. "Ça ne nous gêne
pas que vous nous accompagniez au cours de la
randonnée que nous allons effectuer ",
disent-ils. Les deux jeunes femmes acceptent
seulement une petite balade à travers le
périmètre urbain avant de rentrer chez elles.
Après le pot, ils demandent à leurs compagnes de
les suivre dans la voiture pour effectuer la
randonnée nocturne qu'elles ont souhaitée.
Lorsqu'ils quittent le PK7, Boussengui et son
acolyte décident de "patrouiller" a
travers la ville.
ALTERCATION. Il est
vingt-trois heures, ce jeudi 13 septembre 2007.
La Toyota Corolla conduite par Nzomo Engo rend
le Boulevard du bord dé mer. Au fur et à mesure
que la nuit passe, la circulation v devient
moins dense. Arrivé à hauteur de la poste,
Boussengui demande au chauffeur de marquer
un arrêt. Il vient d'apercevoir un jeune homme
hirsute, à l'allure d'un clochard assis sur l'un
des bancs publics installés sur la plage.
Lorsque le véhicule s'immobilise, Boussengui
sort sa paire de menottes et son talkie-walkie
et fonce vers le jeune homme, tranquillement
assis.
" Bonsoir, Monsieur ! C'est
la Police judiciaire. Vous êtes en train de
fumer du chanvre. Suivez moi". dit-il en
substance, avant de conduire à la
cravache son interlocuteur, qui n'oppose
aucune résistance. II le jette
dans la voiture et menace
d'aller le déposer au Camp Roux. En chemin, il
lui demande de lui donner des espèces sonnantes
et trébuchantes s'il veut échapper à la prison.
Mais le jeune homme lui fait comprendre qu'il
n'a pas de sous sur lui. Désappointé, Boussengui
va abandonner le jeune homme devant le Camp Roux
avant de poursuivre son chemin.
Le lendemain, c'est au
"Célèbre couloir de la mort" à Lalala que les
deux amis vont sévir. Une fois sur le terrain,
ils procèdent à l'arrestation musclée d'une
jeune femme qu'ils accusent de fumer du chanvre
indien. Mais une altercation éclate entre les
amis de leur victime et les deux faux agents.
Acculés, Boussengui et Nzomo Engo prennent la
poudre d'escampette, abandonnant leur voiture
sur les lieux. Saisie, la PJ se rendra compte
qu'il s'agit de bandits qui usurpaient le titre
d'enquêteurs. L'entité judiciaire a finalement
mis la main sur les deux voyous. Ils devront
répondre de leurs actes devant la loi.
D'après nos investigations,
Jean-Gabriel Boussengui est un agent de la
Sécurité pénitentiaire en congé. Il aurait déjà
commis plusieurs forfaits. L'année dernière, il
aurait été présenté devant le parquet de la
République pour coups mortels sur une jeune
femme. Mais le maton a, curieusement, échappé à
la prison, nonobstant les charges qui pesaient
sur lui. II serait réputé dans certains milieux
comme un bandit de grands chemins. Quant à son
acolyte Nzomo Engo, il aurait subi une formation
d'archiviste. Mais il se serait associé ces
derniers temps à des bandits pour contourner les
difficultés qu'il rencontre au quotidien.