INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT
Quelles
stratégies sectorielles en matière de routes ?
ROUTES défoncées, boueuses et
inondées à chaque saison pluvieuse. Trafic
régulièrement interrompu après de fortes ondées.
Telle est limage de désolation que présente
aujourd'hui, le réseau routier national. Les
citoyens et surtout les entrepreneurs et les
commerçants sont en plein désarroi dans la
mesure où cet état des choses a une répercussion
désastreuse sur leurs affaires. Pire, il est
quasiment impossible de développer le tourisme
national et de donner l'opportunité aux élèves,
aux étudiants et aux enseignants de regagner
leurs établissements scolaires pour les uns et
les centres universitaires pour les autres.
Ainsi, il est difficile,
voire impossible, qu'un compatriote parte de
Bitam en voiture, pour aller passer un séjour à
Mayumba. A l'exception des obligations
professionnelles (affectation ou missions de
courte durée).
L'exemple des deux localités
citées plus haut, est pris parmi tant d'autres.
Puisque même les habitants de Lambaréné ont du
mal à se rendre à Mouila, une ville voisine
située à seulement 200 km, parce que la route
nationale (RN1) est en très mauvais état.
La littérature sur la
question de la route est abondante, et des
orientations ont déjà été largement discutées
avec l'ensemble des acteurs de la filière. En
effet, le plan de développement sectoriel des
infrastructures de transport, élaboré dans le
cadre de la Loi de développement et
d'aménagement TU territoire (LDAT), est un
rappel de la stratégie des transports adoptée en
1998, notamment la mise en oeuvre du Plan
directeur intermodal des transports (PDIT) qui,
dans certaines de ses composantes, a souffert de
la crise financière de 1998 -1999.
L'impact de cette crise s'est
particulièrement fait sentir après l'arrêt de
nombreux chantiers d'aménagement du réseau
routier bitumé, ainsi que par la suspension des
travaux d'entretien dans le cadre du Fonds
d'entretien routier (Fer). D'où la dégradation
endémique du réseau routier et le surcoût
prévisible des travaux d'aménagement du
territoire quand ils vont les reprendre.
En fait, la stratégie
élaborée a intégré les spécificités et les
contraintes nationales et internationales
regroupées en quatre déterminants principaux,
lesquels prennent en compte le phénomène de
concentration urbaine, les spécificités de la
démographie, de la géographie et du climat, les
impératifs macro-économiques nationaux de
gestion des finances publiques et la
mondialisation des échanges.
Selon les informations
publiées dans la LDAT, ces déterminants ont
expliqué, en grande partie, pourquoi le système
de transport remplit difficilement sa mission.
Ils se résument en trois points: répondre à la
demande de transport des personnes et des biens
aux meilleures conditions de service, de
sécurité et de prix, servir de support à
l'activité économique et à l'intégration
nationale, et générer de la valeur ajoutée.
Le constat global de la
carence du système et les contraintes
financières imposaient dans ce secteur, plus que
dans tout autre, compte tenu de la masse
considérable des investissements qu'il requiert,
à savoir: une répartition optimale des
ressources budgétaires entre les secteurs pour
maximiser la croissance globale, la
rationalisation des investissements en fonction
de la priorité des enjeux et de critères de
sélection des projets dans un contexte parfois
contradictoire entre les exigences de la
croissance socio-économique et les obligations
socio-politiques, et la recherche de
l'efficacité et du rendement dans la
distribution des rôles entre les acteurs.
A l'évidence, la stratégie
adoptée s'articulait autour de sept objectifs
liés à (organisation du système des transports
en un secteur productif répondant aux besoins et
aux lois de l'économie de marché, au soutien du
plan d'aménagement du territoire et à la
contribution à (intégration économique nationale
et sous-régionale, à la sauvegarde du patrimoine
des infrastructures de transport (notamment
routière), à l'allègement du poids de transport
dans le budget de l'Etat, à l'abaissement des
coûts du transport pour les usagers tout en
améliorant la qualité du service et la sécurité,
à la facilitation des déplacements dans les
grandes villes (lire par ailleurs), et au
renforcement de la capacité de gestion des
institutions du secteur.
Pour atteindre ces objectifs
prioritaires, la politique du secteur répond aux
grandes orientations de planification, de
complémentarité intermodale, de critères de
sélection, de voiries et des transports urbains,
de la réforme institutionnelle.