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Le quotidien l'Union du 04 Octobre 2007

 

AU LENDEMAIN DE LA RENTRÉE JUDICIAIRE

• Quant au problème de moyens

Ceci n'explique pas cela

Les intervenants de circonstance ont une fois de plus déploré les difficultés auxquelles leur corps fait face encore aujourd'hui. Mais ces problèmes justifieraient-ils à eux seuls les comportements blâmables observés chez certains hommes de loi ?

DEPUIS lundi dernier les cours et tribunaux ont démarré leurs activités pour l'année judiciaire 2007-2008. Une cérémonie solennelle consacrant leur rentrée a eu lieu le même jour au palais de justice. Le thème choisi à cette occasion a été «L'opinion publique et la justice». Pertinente occasion donc pour les deux intervenants de circonstance, Martin Akendengué et Hilarion Nkoulou évoquer les rapports souvent empreints de soupçons et d'incompréhensions, qu'entretiennent les hommes de loi et les justiciables. L'un est 1er président du Conseil d'État. L'autre Commissaire général à la loi près le Conseil d'État.

Les interventions de l'un et de l'autre ont été suivies avec attention, aussi bien par leurs collègues que par ,les autorités présentes à la cérémonie. Dont le chef de l'État, Omar Bongo Ondimba, par ailleurs président du Conseil supérieur de la Magistrature. Les justiciables ayant suivi lesdits discours y ont également trouvé un intérêt.

Nous nous intéresserons particulièrement à l'allocution du ter président du Conseil d'État. M. Martin Akendengué est revenu, essentiellement, sur les difficultés enregistrées au sein du corps judiciaires. De même, il a reconnu les efforts entrepris par les pouvoirs publics pour essayer d'arranger les choses dans ce secteur ô combien sensible! Les problèmes rencontrés par les magistrats et leurs collaborateurs sont notamment d'ordre logistique, financier, matériel. Il y a également la carence en effectifs.

L'intervenant rappelle que « la mission de service public assignée à la Justice implique que celle-ci puisse respecter les principes d'égalité, qui suppose que chacun soit traité parallèlement par l'institution; la continuité, qui implique que l'on puisse obtenir régulièrement le service en question, et le droit d'accès, qui suppose une proximité géographique du service, un coût et un délai d'attente raisonnables »

Poursuivant son propos, il affirme que les récriminations faites à la Justice sont fondées sur l'augmentation des besoins de notre société en matière de justice. D'où l'interpellation par lui de la classe politique à davantage prendre conscience des charges qui incombent à l'institution judiciaire dont l'un des grands défis contemporains est de se montrer a la hauteur des nombreuses causes qui lui sont soumises. «Mais notre justice a-t-elle aujourd'hui, s'est-il interrogé, les moyens de rendre effective cette mission»

SENTIMENT GÉNÉRAL* Il s'agit là d'une question à laquelle, depuis plusieurs années, le gouvernement apporte au fur et à mesure des réponses en inscrivant la Justice parmi les priorités budgétaires.

Cependant d'aucuns se demandent pour,9ùoi, l'intervenant n'a pas dénoncé les comportements et autres pratiques "affairistes" par lesquels brillent certains acteurs judiciaires ? Doit-on penser que pour l'orateur la dénonciation des nombreux manquements constatés chez certains juges, greffiers et huissiers de justice n'est pas à l'ordre du jour à pareille occasion ? Ou tout simplement veut-il dire à l'opinion que les hommes de loi indélicats trouvent la justification de leurs actes dans les difficultés qu'ils rencontrent dans l'exercice de leurs fonctions ?

Autant d'interrogations qui traversent encore les esprits de plusieurs citoyens ayant suivi la cérémonie consacrant la rentrée judiciaire 20072008, lundi dernier. Dans tous les cas, le sentiment général aujourd'hui c'est que notre justice a du mal à rendre justice de façon équitable, souvent selon que roi est 'puissant"ou "rnisémb1e". Chez les justiciables, les uns et les autres attendent que cette réalité ne soit pas occultée, au contraire qu'elle soit reconnue et vigoureusement dénoncée et condamnée par la hiérarchie judiciaire.

Lors de la réunion du Conseil supérieur de la Magistrature de juillet dernier, le ministre de la justice, Martin Mabala a souligné avoir reçu des instructions du chef de l'État sur " la délicate mission de l'institution judiciaire d'être à l'écoute de tous les justiciables dans la seule perspective de promouvoir une justice équilibrée et équitable.. ". Les instructions du président de la République prouvent que nous sommes encore loin du compte. Et le simple manque de moyens ne peut suffire à justifier certains comportements. Encore moins à les occulter.

Source : Journal L'Union Plus du 04/10/2007

 

 



   

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