AU LENDEMAIN DE LA RENTRÉE
JUDICIAIRE
A propos de l'ignorance des
mécanismes de la justice
Comme un
refus de faire amende honorable
En dépit de l'existence des
cas d'arbitraire, d'abus de pouvoir,
d'affairisme avéré, de disparition de dossiers
et de bien d'autres fautes professionnelles,
l'institution judiciaire refuse de regarder la
réalité sous le prisme de l'objectivité.
VOLONTÉ de tendre un écran de
fumée ou simple exercice de style à la Edgar
Faure ? Que ce soit l'un ou l'autre, ou même les
deux à la fois, en tout cas, l'on aura du mal à
comprendre pourquoi la hiérarchie judiciaire,
qui répondait à une problématique, de grande
importance- qu'elle a elle-même soulevée au
demeurant- lors de la rentrée judiciaire
2007-2008, à savoir l'opinion et la justice",
autrement dit quel regard l'opinion publique
porte-t-elle sur la justice, n'ait trouvé mieux
que d'affirmer que les récriminations des
justiciables à leur encontre, qui trouvent,
pourtant à raison, le fonctionnement de cette
institution nébuleux et compliqué, relèveraient
pour l'essentiel de "l'ignorance (des
Justiciables) des mécanismes de la justice".
Mieux, s'agissant de la question inhérente à la
possible allégeance des juges au pouvoir pour
que celle-ci "relevé à bien des égards, d'une
simple vue de l'esprit".
Bien au-delà de l'ignorance
dont sont taxés les Justiciables ou de la
complexité supposée de la justice pour la
plupart des citoyens, on ne peut pas affirmer
aujourd'hui, sauf à croire que l'on vit dans le
meilleur des mondes, que toutes les reproches
qui sont faits à la justice ne sont nullement
fondés.
INIQUIETÉ • Qu'ils ne
reposent sur rien d'autre qu'une simple vue de
l'esprit. Qu'ils ne trouvent leurs réponses que
dans cette limite intellectuelle que sa
hiérarchie met en avant. Que l'affairisme,
l'iniquité, les fautes professionnelles raves
(non respect de éthique et la déontologie et
autres abus en tout genre n'ont pas cours au
sein des tribunaux.
Vraisemblablement, c'est à ce
niveau que se situerait la simple vue de
l'esprit. D'autant que les maux susmentionnés
sont réels, qu'ils ont véritablement cours au
sein des tribunaux, et cela ne relève ni de la
médisance encore moins de la simple vue de
l'esprit. Car, les exemples fourmillent qui
révèlent clairement l'existence des cas
d'affairisme, d'abus de pouvoir, d'incurie dans
le traitement des dossiers, etc. dans les
tribunaux. Comme en témoigne le cas de ce
compatriote propriétaire immobilier qui, après
avoir sommé son locataire, plusieurs mois durant
pour respecter la procédure en la matière, de
quitter sa maison pour cause de destruction de
biens, va être incarcéré en lieu et glace de
celui qui le méritait réellement : son locataire
indélicat qui disposait, lui, de relations haut
placées et qui avait pris soin de les
"motiver''. N'eût été la détermination de la
famille de la victime qui avait tempêté et en
avait fait une affaire d'Etat, il aurait pu
croupir en prison. L'on se souvient de ce que
cette affaire qui s'était déroulée en 2002 avait
soulevé l'indignation et la réprobation de
certains magistrats et avocats au palais de
justice de Libreville sur qui les justiciables
peuvent peut-être encore s'arc-bouter pour
promouvoir une justice équilibrée et équitable
susceptible de garantir la paix et la sécurité,
ainsi que l'avait recommandé le président de la
République Omar Bongo Ondimba, à son ministre de
la justice lors de la réunion du Conseil
supérieur de la magistrature tenue en juillet
dernier. Des cas comme celui-là il y en a à la
pelle. Que dire alors des détentions
arbitraires, des détentions préventives qui
peuvent durer plusieurs années, au delà même du
temps légal de détention, des mises en référé
qui peuvent durer 13 ans dans bien des cas ?
Autant de comportements blâmables qui auraient
dû à eux seuls faire l'objet d'une remise en
cause objective.