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Le quotidien l'Union du 04 Octobre 2007

 

FAIT DIVERS / HOLD-UP PRÈS DE LA PRISON CENTRALE DE LIBREVILLE

Plus de 50 millions de francs emportée par des bandits

Le 24 septembre dernier, deux individus non encore identifiés, armés de fusils d'assaut, se sont attaqués, peu après le feu tricolore de Gros-Bouquet, à l'ambulance de la prison centrale de Libreville qui transportait une somme de cinquante deux millions de francs destinée aux salaires d'une partie des agents de la sécurité pénitentiaire. Les malfrats ont délesté le billeteur et deux autres agents de "Sans Famille" qui regagnaient la prison après avoir récupéré les fonds au Trésor public.

EN ce début de mois précédant la rentrée scolaire, les nouvelles ne sont pas bonnes pour une partie des agents de la sécurité pénitentiaire. En effet, deux individus non encore identifiés, armés jusqu'aux dents, se sont emparés d'une somme de prés de cinquante deux millions de francs destinée aux salaires des matons. Les malfrats se sont attaqués au véhicule à usage d'ambulance qui transportait les fonds du Trésor public vers le pénitencier.

Une source proche de la prison centrale de Libreville indique que c'est le billeteur, Paul Mitombo, par ailleurs directeur du personnel par intérim, qui était allé récupérer les salaires des agents de la sécurité pénitentiaire au Trésor public. Il était accompagné de deux agents en civil qui ne disposaient d'aucune arme dissuasive. Il s'agit de l'agent de liaison nommé Jean-Félix Ndemba et du maton Boniface Bangonivou. A ce qu'il semble, les deux Jeunes gens avaient été appelés in extremis pour aller à la rencontre du billeteur à sa sortie du Trésor public.

C'est au moment où les trois fonctionnaires tentaient de rallier la prison centrale de Libreville avec les fonds que deux malfrats leur auraient tendu un guet-opens entre les feux tricolores de Gros-Bouquet et la base de la Sécurité pénitentiaire. La question que tout le monde se pose est de savoir comment es bandits ont su que l'ambulance transportait des fonds alors qu'il s'agit d'une voiture à vocation sanitaire. En fait, les autorités judiciaires ne s'embarrassent pas d'interrogations: un agent de la prison centrale ou du Trésor public a dû vendre la mèche aux bandits.

Dès l'annonce du hold-up, la Police judiciaire (PJ) a d'ailleurs procédé à l'interpellation du billeteur Paul Itombo, du chauffeur Jean-Félix Ndemba et de l'agent Boniface Bangonievou. Les fonctionnaires sont actuellement gardés à vue dans les locaux de la PJ pour nécessité d'enquête. De toute évidence, l'entité chargée de constater les infractions à la loi et d'en rechercher les auteurs considère le billeteur comme suspect numéro un du fait qu'il était le seul à savoir la date et l'heure exactes de la transaction financière. Selon une source autorisée, l'agent de liaison Jean-Félix Ndemba et son compagnon Boniface Bangonievou n'avaient été informés de la mission qu'au moment où ils ont été appelés pour aller à la rencontre du billeteur.

SOLUTION PALLIATIVE • D'après nos investigations, Paul Mitombo s'était rendu en matinée au Trésor public dans la plus stricte discrétion. A prés avoir récupéré le magot, l'intéressé joint par téléphone le directeur de la prison centrale de Libreville, Joseph-Maudin Boukoungou, pour lui demander d'envoyer un véhicule de liaison. Aussitôt, son interlocuteur fait diligence en appelant à son tour Jean-Félix Ndemba, un agent de liaison à qui il a l'habitude de confier de telles tâches. Ce lundi 24 septembre 2007, l'agent de la sécurité est de repos.

Il se trouve à son domicile de Derrière-la-prison. M. Boukoungou le joint alors par téléphone et lui demande de vite rallier la base. Lorsque Jean-Félix Ndemba y arrive, son supérieur lui demande de prendre un véhicule et d'aller à la rencontre du billeteur qui se trouve au Trésor public depuis le matin. Ndemba prend les clés de l'ambulance de la prison et démarre aussitôt pour aller à la rencontre de celui qui tient les cordons de la bourse. Lorsqu'il arrive au portail, le chauffeur aperçoit son collègue Boniface Bangonievou, de repos aussi. II le supplie de l'accompagner. Le jeune homme accepte volontiers.

Une fois au Trésor public, les agents embarquent le billeteur Paul Mitombo et le sac d'argent destiné au salaire d'une partie du personnel de la sécurité pénitentiaire. Il est un peu plus de treize heures. Sur le Boulevard du bord de mer, la circulation est dense. La voiture qui transporte les fonds fait la queue comme les autres véhicules qui tentent de quitter le centre-ville pour rallier la périphérie. L ambulance qui avance à l'allure d'escargot emprunte la route qui mené au quartier Louis.

Devant l'embouteillage du feu tricolore de Gros-Bouquet, le chauffeur décide de bifurquer par la petite artère qui part de Plaine Orety pour déboucher à la route Derrière-la-prison. C'est sur cette bretelle due deux bandits vont surgir et barrer le chemin à l'aide d'un véhicule de marque Toyota Corolla avant de s emparer du sac contenant près de cinquante-deux millions de francs. Après leur forfait, les malfrats se sont évanouis dans la nature.

Ce hold-up a pénalisé les quelque deux cent quatre vingt agents de la sécurité pénitentiaire. Jusqu'à ce jour, des intéressés ne sont pas encore entrés en possession de leurs salaires. Or, il s'agit pour la plupart de fières et mères de familles, qui ont des enfants à scolariser. Devant cette situation très gênante, la tutelle s'évertue à trouver une solution palliative pour y faire face. Le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, André Mba Obame - que nous avons joint hier par téléphone - a saisi son collègue du ministère des Finances afin de débloquer des fonds qui permettraient de payer les salaires des agents.

"Nous avons saisi le ministère des Finances pour que les salaires des agents soient payés dans l'immédiat Le dossier est en bonne voie. Nous n'allons pas pénaliser des personnes innocentes. Ce sont pères et mère de familles qui ont des responsabilités à assumer, surtout en cette période de rentrée scolaire (...) Une enquête a été ouverte et elle suit son cours pour retrouver les auteurs et commanditaires de ce hold up", nous a –t-il confié hier.

Source : Journal L'Union Plus du 04/10/2007

 

 



   

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