FAIT DIVERS / HOLD-UP PRÈS DE
LA PRISON CENTRALE DE LIBREVILLE
Plus de
50 millions de francs emportée par des bandits
Le 24 septembre dernier, deux
individus non encore identifiés, armés de fusils
d'assaut, se sont attaqués, peu après le feu
tricolore de Gros-Bouquet, à l'ambulance de la
prison centrale de Libreville qui transportait
une somme de cinquante deux millions de francs
destinée aux salaires d'une partie des agents de
la sécurité pénitentiaire. Les malfrats ont
délesté le billeteur et deux autres agents de
"Sans Famille" qui regagnaient la prison après
avoir récupéré les fonds au Trésor public.
EN ce début de mois précédant
la rentrée scolaire, les nouvelles ne sont pas
bonnes pour une partie des agents de la sécurité
pénitentiaire. En effet, deux individus non
encore identifiés, armés jusqu'aux dents, se
sont emparés d'une somme de prés de cinquante
deux millions de francs destinée aux salaires
des matons. Les malfrats se sont attaqués au
véhicule à usage d'ambulance qui transportait
les fonds du Trésor public vers le pénitencier.
Une source proche de la
prison centrale de Libreville indique que c'est
le billeteur, Paul Mitombo, par ailleurs
directeur du personnel par intérim, qui était
allé récupérer les salaires des agents de la
sécurité pénitentiaire au Trésor public. Il
était accompagné de deux agents en civil qui ne
disposaient d'aucune arme dissuasive. Il s'agit
de l'agent de liaison nommé Jean-Félix Ndemba et
du maton Boniface Bangonivou. A ce qu'il semble,
les deux Jeunes gens avaient été appelés in
extremis pour aller à la rencontre du billeteur
à sa sortie du Trésor public.
C'est au moment où les trois
fonctionnaires tentaient de rallier la prison
centrale de Libreville avec les fonds que deux
malfrats leur auraient tendu un guet-opens entre
les feux tricolores de Gros-Bouquet et la base
de la Sécurité pénitentiaire. La question que
tout le monde se pose est de savoir comment es
bandits ont su que l'ambulance transportait des
fonds alors qu'il s'agit d'une voiture à
vocation sanitaire. En fait, les autorités
judiciaires ne s'embarrassent pas
d'interrogations: un agent de la prison centrale
ou du Trésor public a dû vendre la mèche aux
bandits.
Dès l'annonce du hold-up, la
Police judiciaire (PJ) a d'ailleurs procédé à
l'interpellation du billeteur Paul Itombo, du
chauffeur Jean-Félix Ndemba et de l'agent
Boniface Bangonievou. Les fonctionnaires sont
actuellement gardés à vue dans les locaux de la
PJ pour nécessité d'enquête. De toute évidence,
l'entité chargée de constater les infractions à
la loi et d'en rechercher les auteurs considère
le billeteur comme suspect numéro un du fait
qu'il était le seul à savoir la date et l'heure
exactes de la transaction financière. Selon une
source autorisée, l'agent de liaison Jean-Félix
Ndemba et son compagnon Boniface Bangonievou
n'avaient été informés de la mission qu'au
moment où ils ont été appelés pour aller à la
rencontre du billeteur.
SOLUTION PALLIATIVE •
D'après nos investigations, Paul Mitombo s'était
rendu en matinée au Trésor public dans la plus
stricte discrétion. A prés avoir récupéré le
magot, l'intéressé joint par téléphone le
directeur de la prison centrale de Libreville,
Joseph-Maudin Boukoungou, pour lui demander
d'envoyer un véhicule de liaison. Aussitôt, son
interlocuteur fait diligence en appelant à son
tour Jean-Félix Ndemba, un agent de liaison à
qui il a l'habitude de confier de telles tâches.
Ce lundi 24 septembre 2007, l'agent de la
sécurité est de repos.
Il se trouve à son domicile
de Derrière-la-prison. M. Boukoungou le joint
alors par téléphone et lui demande de vite
rallier la base. Lorsque Jean-Félix Ndemba y
arrive, son supérieur lui demande de prendre un
véhicule et d'aller à la rencontre du billeteur
qui se trouve au Trésor public depuis le matin.
Ndemba prend les clés de l'ambulance de la
prison et démarre aussitôt pour aller à la
rencontre de celui qui tient les cordons de la
bourse. Lorsqu'il arrive au portail, le
chauffeur aperçoit son collègue Boniface
Bangonievou, de repos aussi. II le supplie de
l'accompagner. Le jeune homme accepte
volontiers.
Une fois au Trésor public,
les agents embarquent le billeteur Paul Mitombo
et le sac d'argent destiné au salaire d'une
partie du personnel de la sécurité
pénitentiaire. Il est un peu plus de treize
heures. Sur le Boulevard du bord de mer, la
circulation est dense. La voiture qui transporte
les fonds fait la queue comme les autres
véhicules qui tentent de quitter le centre-ville
pour rallier la périphérie. L ambulance qui
avance à l'allure d'escargot emprunte la route
qui mené au quartier Louis.
Devant l'embouteillage du feu
tricolore de Gros-Bouquet, le chauffeur décide
de bifurquer par la petite artère qui part de
Plaine Orety pour déboucher à la route
Derrière-la-prison. C'est sur cette bretelle due
deux bandits vont surgir et barrer le chemin à
l'aide d'un véhicule de marque Toyota Corolla
avant de s emparer du sac contenant près de
cinquante-deux millions de francs. Après leur
forfait, les malfrats se sont évanouis dans la
nature.
Ce hold-up a pénalisé les
quelque deux cent quatre vingt agents de la
sécurité pénitentiaire. Jusqu'à ce jour, des
intéressés ne sont pas encore entrés en
possession de leurs salaires. Or, il s'agit pour
la plupart de fières et mères de familles, qui
ont des enfants à scolariser. Devant cette
situation très gênante, la tutelle s'évertue à
trouver une solution palliative pour y faire
face. Le ministre d'Etat, ministre de
l'Intérieur, André Mba Obame - que nous avons
joint hier par téléphone - a saisi son collègue
du ministère des Finances afin de débloquer des
fonds qui permettraient de payer les salaires
des agents.
"Nous avons saisi le
ministère des Finances pour que les salaires des
agents soient payés dans l'immédiat Le dossier
est en bonne voie. Nous n'allons pas pénaliser
des personnes innocentes. Ce sont pères et mère
de familles qui ont des responsabilités à
assumer, surtout en cette période de rentrée
scolaire (...) Une enquête a été ouverte
et elle suit son cours pour retrouver les
auteurs et commanditaires de ce hold up",
nous a –t-il confié hier.