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Le quotidien l'Union du 03 Octobre 2007

 

FORUM SUR LA DIVERSIFICATION ET LA PROMOTION L'INVESTISSEMENT NON PÉTROLIER EN VUE D'UN CROISSANCE FORTE ET DURABLE DANS LA CEMAC

Diagnostic accablant !

Les participants au forum CEMAC de Libreville poursuivent leurs travaux à l'hôtel Intercontinental Okoumé Palace, par des débats fort intéressants et des observations et propositions pertinentes, notamment une matrice d'action à soumettre aux chefs de d'Etat de la sous-région. Et si la volonté politique fait défaut, il sera difficile de construire l'espace économique de la CEMAC, malade de ses contractions.

LE Forum sur la diversification et la promotion de l'investissement non pétrolier en vue d'une croissance forte et durable dans la Cemac" qui prend fin aujourd'hui, s'est poursuivi lundi dernier et r par des débats fort enrichissants et des constats pertinents et accablants sur l'état de la politique économique et d'intégration des pays de la sous-région. Les économies de la Cemac se caractérisent par un faible niveau de diversification de la base productive et des exportations. De fait, les expériences de diversification en zone Cemac diffèrent en fonction des pays, mais, de manière générale, la plupart des pays n'ont pas réussi à orienter les exportations classiques vers de nouveaux secteurs plus dynamiques et plus porteurs; les retombées des efforts de diversification ont atteint leur maximum en 1988 et ont été suivies d'un mouvement de concentration des économies si l'on en juge par le redressement des indices jusqu'en 2006. Le développement du secteur non pétrolier de la Cemac dans un contexte de "Dutch disease" ou syndrome hollandais et une intégration régionale encore faible nécessitent une forte amélioration du climat des affaires et de l'infrastructure physique et de services sociaux. Les données disponibles indiquent que la performance de la Cemac est en moyenne en dessous de celles de l'UEMOA et de l'Afrique subsaharienne. Or en matière d'intégration, l'Afrique centrale avait plusieurs longueurs d'avance sur l'Afrique de l'ouest qui aujourd'hui, a rattrapé son retard et est en avance a travers l'UEMOA sur la Cemac. En définitive, en ce qui concerne l'infrastructure physique et les services sociaux, malgré certaines améliorations durant la dernière décennie, les pays de la Cemac apparaissent en dessous de la moyenne de l'Afrique subsaharienne et de l'UEMOA sur plusieurs indicateurs. Il s'agit notamment du niveau de l'infrastructure routière, des dépenses d'éducation et de santé par rapport au PIB (le PIB de la Cemac se chiffre à 28.131 milliards de F alors que celui par habitant est de 1507 de nos francs), et de scolarisation.

DYNAMISME ET CONTREPERFORMANCES• Rappelons que la Cemac est un espace géographique qui compte 37,5 millions d'habitants répartis sur 3 millions de km2. Un ensemble formé par six États regroupés pour promouvoir leurs intérêts communs qui reposent sur d'immenses potentialités en ressources naturelles, notamment les hydrocarbures, les mines, l'économie forestière et la pêche, le tourisme, etc. Toutefois, c'est le pétrole qui confère à la Cemac une certaine cohérence puisque cinq des six États membres en sont producteurs. Mais en apparence seulement dans la mesure où les retombées n'ont pas toujours eu les effets escomptés au cours de ces deux dernières décennies.

En 2006, le dynamisme des uns a contrasté avec les contre performances des autres, en particulier de la Centrafrique en situation de post-conflit tire la croissance globale de la zone vers le bas à 3,3% contre 4% en 2005. La croissance du Cameroun s'est établie à 3,5% contre 8,2% pour la Guinée Équatoriale et 7,1% pour le Congo. Elle n'était que de 1,3% au Tchad, 1,2% au Gabon et 0,9% en Centrafrique. Bien plus, il y a aussi des distorsions par rapport aux critères de convergence notamment l'obligation de présenter un solde budgétaire positif ou nul, un taux d'inflation annuel maximal de 3%, un taux d'endettement public inférieur à 70% du PIB, et la non accumulation d'arriérés de paiement. En 2005, seuls trois pays(Cameroun, Guinée Equatoriale et Gabon) ont rempli trois critères sur quatre, et la Centrafrique n'en a respecté aucun. En définitive, la Communauté est aujourd'hui, une entité économique et monétaire qui ne répond pas aux aspirations de sa population. Seule la toute puissante Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) a bien résisté au temps et partant, s'est adaptée a la considérable évolution des objectifs d'intégration et aux poids respectifs des uns et des autres. En effet, si le Cameroun et le Gabon ont longtemps fait figure de piliers de d'organisation, la Guinée Equatoriale(auparavant membre marginal) est aujourd'hui, le troisième pays producteur de pétrole au sud du Sahara et a enregistré depuis une décennie, des taux de croissance faramineux (il a même atteint 91% en 1997) et bénéficie d'un afflux de devises inédit dont a besoin la BEAC. Ses avoirs ont atteint 1578 milliards de nos francs à la fin de 2006 (en hausse de 26,7% par rapport à 2005) soit environ le tiers des avoirs extérieurs de la Cemac. Le Tchad aussi est entré dans le cartel des pays producteurs de l'or noir de la Communauté.

Force est de constater qu'une telle évolution de ses membres ne peut qu'accroître des divergences déjà existantes(chacun cherchant à mieux se positionner) notamment au niveau même du fonctionnement de l'organisation et des projets d'intégration tels que la compagnie aérienne Air Cemac, la création et l'attribution du siège de la Bourse des valeurs mobilières d'Afrique centrale (BVMAC) dont la mission est d'appuyer la capitalisation des entreprises et le développement de l'investissement de Portefeuille de la sous-région, représentativité de ses membres au sein de ses institutions, l'ouverture des frontières aux ressortissants de la communauté(le Tchad et le Cameroun expérimentent déjà la libre circulation des personnes sans incident majeur).

In fine, les États membres ne sont pas encore prêts à abandonner certaines de leurs prérogatives au profit de la Communauté. En refusant de transférer une partie de leur souveraineté, ils bloquent le processus d'intégration. Il est aussi vrai que cette même réaction a prévalu dans l'évolution des autres communautés comme l'UE mais qui a été surmonté par des mécanismes institutionnels. et par la recherche du consensus entre les membres. C'est pourquoi, il est appelé à la volonté politique affirmée des chefs d'Etat de la Cemac de lever les obstacles réels à (attraction des investisseurs et d'investir toute leur bonne foi au véritable décollage de la Cemac en transférant progressivement les pouvons à la Commission qui remplacera le secrétariat exécutif finir une bonne harmonisation de la politique d'intégration en Afrique centrale.

Source : Journal L'Union Plus du 03/10/2007

 

 



   

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