AU LENDEMAIN DE LA RENTRÉE
JUDICIAIRE
Offrir
une justice fiable et crédible
LA reprise des activités des
Cours et Tribunaux pour l'année judiciaire
2007-008 est effective depuis avant-hier, lundi
1er octobre 2007 après la cérémonie solennelle
de rentrée qui s'est tenue dans la salle
d'apparat du palais de justice de Libreville, en
présence du président du Conseil supérieur de la
Magistrature, le président de la République,
chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba.
Que retenir de ladite
cérémonie ? Si ce n'est qu'une fois encore, il y
a eu comme un son de déjà entendu. Une fois
encore, la famille judiciaire, dans ses
différentes interventions,s'est interrogée, -à
juste titre d'ailleurs- sur le regard très
critique que les Gabonais portent sur le système
judiciaire, évoquant, pêle-mêle, les différents
maux qui le minent: magouilles, combines,
injustices et 'bien d'autres"...
Comme lors des précédentes
audiences solennelles, avant-hier, on a encore
ressassé les mêmes blocages qui empêchent le bon
fonctionnement du système judiciaire national:
complexité du système, lenteur dans le
traitement des dossiers, allégeance aux
politiques, imprévisibilité des décisions,
affairisme et tutti canti. Toutes choses qui
font qu'aujourd'hui, et demain également si rien
n'est fait, l'opinion nationale croira de moins
en moins à son pouvoir judiciaire qui perd
chaque jour un peu de sa fiabilité, de sa
performance et de sa crédibilité. Des exemples
sont légion. Dire que le système judiciaire
gabonais se trouve aujourd'hui au creux de la
vague est un doux euphémisme.
En 2004, le président de la
République, Omar Bongo Ondimba a pris la
décision d'élever la justice au rang des
priorités du pays. Depuis lors, des juridictions
ont pu être équipées en matériels et en
ordinateurs. Des bâtiments administratifs ont
également été construits ou sont en train de
l'être. Des salles d'audiences et d'archives ont
vu le jour au Conseil d'Etat et à la Cour des
Comptes.
EFFORTS, INVITE ET VOEU •
S'agissant particulièrement des juridictions
relevant de l'ordre financier, les
efforts du gouvernement, inestimables,
sont palpables. C'est en effet, grâce à
l'application des recommandations du
Conseil supérieur de la magistrature et
aux instructions fermes du chef de l'Etat
quelques locales financières
locales ont été édifiées: Mouila avec
juridiction sur les provinces de la Nyanga et du
Moyen-Ogooué, et celle de Franceville dont la
compétence s'étendra jusque dans l'Ogooué-Lolo
et l'Ogooué-lvindo, ont pu être lancées il y a
quelques années. Prouvant, si besoin en était
encore la sensibilité du président de la
République, chef de l'Etat, à asseoir une
politique de décentralisation qui s'inscrit dans
le droit fil de la mise en place d'une
«justice de proximité», conformément aux
consignes édictées lors des états généraux de la
justice organises en 2003, devant se poursuivre
avec l'implantation des autres juridictions
financières à compétence locale.
Cette volonté ainsi
manifestée en amont par le président du Conseil
supérieur de la magistrature, doit-elle donc
être répercutée de fort belle manière par les
justiciables en aval en se soumettant à la seule
autorité de la loi et du respect de l'éthique
professionnelle et déontologique.
Les magistrats sont dès lors
invités à mettre leur formation de base et leur
expertise au service des populations et des
concitoyens, pour un système judiciaire fiable,
plus performant et plus crédible animé par des
juges intègres et compétents.