GRAND ANGLE
Intérêt
réaffirmé au plus haut niveau
LE Fonds monétaire
international (FMI) aura nouveau directeur
général au début du mois de novembre 2007.
Il s'agit de l'ancien ministre français de
l'Économie et des Finances, le socialiste
Dominique Strauss Kahn. Élu à l'unanimité la
semaine dernière, il succédera à l'Espagnol
Rodrigo de Rato, démissionnaire. Suite à cette
élection, le chef de l'Etat a félicité le promu.
«A l'heure de la
mondialisation, écrit Omar Bongo Ondimba, le
continent africain est probablement celui qui a
encore besoin d'être accompagné dans son
long processus de décollage économique et
social. L'attente des Africains est donc forte
au moment où vous accédez à ce poste
stratégique. Ayant eu à connaître les pays de la
Zone Franc et singulièrement le Gabon où vous
étiez venu comme membre du gouvernement, vous
aurez, je le souhaite, le désir de renforcer et
d'adapter les relations entre votre institution
et l'ensemble des pays membres, à commencer par
les États africains... »
Ce geste du président de la
République est plein de symboles. En ce sens
qu'il traduit, une fois de plus, l'intérêt e le
"doyen" des chefs d'état africains, accorde au
partenariat entre le FMI et le continent
africain en général et le Gabon en particulier.
Il y a lieu de reconnaître que l'importance que
la plus haute autorité gabonaise accorde à cette
institution de Bretton Woods va croissante
depuis le début du millénaire. Notamment en 2004
avec une visite que le chef de l'?tut a effectué
au siège de cet organisme financier
international. Lequel se trouve à Washington aux
États-Unis.
A cette occasion, notre pays
signait d'ailleurs un accord stand-by avec
ladite institution. Lequel venait après
plusieurs mois voire des années de négociations.
Il faut rappeler que depuis la si nature de cet
accord le président Omar Bongo Ondimba n'a de
cesse rappeler aux différents gouvernements
gabonais la nécessité pour notre pays de soigner
son partenariat avec le FMI. Et depuis lors il a
pris sur lui de montrer l'exemple.
Dans ce cadre, on notera les
deux visites qu'a effectuées, à Libreville le
directeur général du Fonds sortant, M. Rodrigo
de Rato, à l'invitation du chef de l'Etat. La
première en 2004 et la secondé en janvier
dernier. Au cours de ces séjours, le patron du
FMI a meure eu des échanges directs avec les
chefs d'État de la Communauté économique et
monétaire de l'Afrique centrale (Cémac).Chacun a
pu exprimer clairement ses attentes du
partenariat entre son pays et le Fonds monétaire
international.
En ce qui concerne le Gabon
proprement dit, on soulignera que le président
Omar Bongo Ondimba a décidé d'impulser une
nouvelle dynamique à la collaboration entre le
FMI et le Gabon. Cela depuis l'obtention de
l'accord de confirmation pour un programme de 14
mois. On se souviendra de ce que le numéro un
gabonais lui-même ne ratait aucune occasion pour
instruire le gouvernement sur la nécessité de
poursuivre les réformes engagées dans le sens de
ce programme qui courait jusqu'en 2005.
PARTENAIRE OBLIGÉ. C'est
donc grâce à l'implication personnelle du chef
de l'État que les experts du FMI avaient jugé
que l'exécution du programme stand-by a été
globalement satisfaisante. Une satisfaction qui
a sans doute contribué à la conclusion d'un
accord triennal en mai dernier.
En instruisant le
gouvernement sur le prix qu'il attache aux
réformes initiées en collaboration avec le
Fonds, le chef de l'Etat veut amener les uns et
les autres à comprendre que cette institution
est un partenaire sûr et obligé susceptible
d'aider le Gabon à remettre ses finances
publiques sur une trajectoire irréversible de
soutenabilité à long terme, à promouvoir la
diversification de son économie, et accélérer
les progrès vers la réduction de la pauvreté.
L'un des objectifs cruciaux du présent programme
pour lequel une mission du FMI séjourne
actuellement à Libreville est de s'assurer que
les dépenses publiques soient définies dans le
budget et que la dette publique qui, par le
passé, a représenté un lourd fardeau pour les
finances publiques et a constitué un facteur de
vulnérabilité financière, soit significativement
réduite et gérée prudemment dans le futur...
L'un des avantages non
négligeables du présent accord est d'avoir
permis, comme souhaité par le chef de l'Etat, la
négociation d'un traitement plus souple de notre
dette extérieure. Et dans ce cadre, on
rappellera qu'en juillet dernier le Gabon a
obtenu du Club de Paris, le principe du paiement
anticipé de sa dette extérieure. Ce qui
permettra à notre pays d'aérer à court et moyen
terme son budget d'investissement et ouvrir la
voie au renforcement de la lutte contre la
pauvreté chez nous.
En somme, les actes posés par
le chef de l'Etat concernant le partenariat
entre le Gabon et le FMI montrent à suffisance
qu'il attache du prix à cette collaboration dans
l'intérêt de notre pays. Il revient à chaque
dépositaire de l'autorité de l'État d'en prendre
conscience et de se comporter en conséquence.