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Le quotidien l'Union du 03 Octobre 2007

 

VIE DES SYNDICATS/CONFÉRENCE DE PRESSE DU SENA

Haro sur la privatisation de l'Education

Les enseignants membres du syndicat de l'Éducation nationale ont, hier, fustigé la décision du gouvernement d'envoyer les élèves officiellement admis en 6e dans les établissements privés.

LE syndicat national de l'Éducation nationale (SENA) a animé, hier, en matinée, une conférence de presse. A son siège de la Peyrie. Cet échange avec les journalistes nationaux et internationaux, qui marquait la reprise de ses activités après l'interruption des vacances, a tourné autour des problèmes liés à la rentrée scolaire.

Le porte-parole de cette structure, Fridolin Mve Messa, n'y est pas allé avec le dos de la cuillère pour dénoncer l'état patraque de notre système éducatif et la situation apocalyptique dans laquelle on la maintient depuis les années 1990. Évoquant le sempiternel problème de la construction des écoles vues comme des espaces d'acquisition du savoir, espaces de vie et de jeux. Lieu d'action privilégiée pour lutter contre la misère morale, l'ignorance et la pauvreté de la pensée.

Pour le secrétaire général du Sena, l'école au lieu d'être un milieu de formation humaine, est devenue un facteur d'aliénation. Et pour cause. La décision prise par le chef de l'État, à la demande du gouvernement, d'orienter les élèves admis au concours d'entrée en 6e, session 2007, dans les établissements privés non reconnus d'utilité publique prouve que l'Exécutif refuse d'adapter les structures d'accueil du ministère de l'Éducation nationale à l'évolution de la démographie scolaire. Il se complaît dans un pilotage à vue suicidaire pour le pays en termes de rendement interne et externe du système éducatif. Cette décision traduit la reconnaissance tacite de ces établissements décriés l'année d'avant. "'Ont-ils soudain rempli tous les critères d'acceptation exigés par le ministère de l'Education nationale ?". C'est la question qu'on a pu lire de l'intervention de Fridolin Mve Messa qui a indiqué que les réformes initiées par tous ceux qui se sont succédé à la tête du ministère - le turnover, le projet de sectorisation et l'introduction de l'approche par les compétences de base (APC), le plan d'urgence et la création des pôles d'excellence - ne sont lamais allées à leur terme. Qu'elles n'ont jamais été évaluées et n'ont rien changé au quotidien des élèves et des enseignants.

ÉPURATION. Comme si cela ne suffisait pas, aujourd'hui, on assiste à la privatisation de l'éducation, a travers, primo, l'attitude de l'Exécutif, lequel rame à contre-courant des engagements pris à Dakar, en 2000 pour donner aux Gabonais une éducation publique gratuite et de qualité pour tous d'ici 2015. Deusio, le recrutement par le gouvernement, via le ministère de l'Éducation nationale, de 250 enseignants du secondaire en provenance de la République Centrafricaine. Au moment où ce pays, à travers son département de l'Éducation nationale, procède à l'épuration dans ses. rangs, parla radiation de plus de 3000 faux diplômés. "Ce qui est totalement en inadéquationaveclapof6quedu président de la République en faveur du plein-emploi des Gabonais", a clamé Fridolin Mve Messa qui a ajouté que cela témoigne aisément de l'absence d'un plan de formation des enseignants dans un pays qui regorge de structures de formation en la matière.

Pour éviter que le système éducatif gabonais ne soit complètement englouti par le cloaque dans lequel il n'a cessé de s'enfoncer depuis des années, le Sena exhorte le président de la République, l'ensemble des membres du gouvernement et les parlementaires à un sursaut d'orgueil national et républicain. Pour y arriver, il demande, primo, l'annulation pur et simple de la décision d'orienter les élèves admis au concours d'entrée en 6e dans les établissements privés non reconnus d'utilité publique et leur réorientation dans ceux pouvant bénéficier d'extensions urgentes, en salles, sur 3 mois : Montalier, Ambaye, Diba-Diba. Grâce aux 2 milliards prévus pour la mesure et d'autres fonds disponibles à la tutelle. Deusio, l'annulation de la décision de recruter les 250 enseignants du secondaire en provenance de la Centrafrique et leur remplacement par des enseignants nationaux recrutés en urgence sur 3 mois, dans les universités et grandes écoles de la place. Ceux-ci bénéficieraient d'une bonification indiciaire dès leur intégration ou engagement. Tertio, l'adoption et a mise en place, dès janvier 2008, d'un plan d'urgence de construction d'établissements pour arriver, à court terme, à des effectifs de 35 à 40 élèves par classe. Quarto, l'adoption et la mise en place, dès janvier 2008, d'un plan d'urgence de formation des enseignants pour mettre fin au déficit actuel à court terme.

Le secrétaire général du Sena exige que les points restés en suspens, lors des négociations entre la présidence de la République et cette centrale, soient satisfaits. Pour le bon déroulement de l'année scolaire 2007-2008.

Source : Journal L'Union Plus du 03/10/2007

 

 



   

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