VIE DES SYNDICATS/CONFÉRENCE
DE PRESSE DU SENA
Haro sur
la privatisation de l'Education
Les enseignants membres du
syndicat de l'Éducation nationale ont, hier,
fustigé la décision du gouvernement d'envoyer
les élèves officiellement admis en 6e dans les
établissements privés.
LE syndicat national de
l'Éducation nationale (SENA) a animé, hier, en
matinée, une conférence de presse. A son siège
de la Peyrie. Cet échange avec les journalistes
nationaux et internationaux, qui marquait la
reprise de ses activités après l'interruption
des vacances, a tourné autour des problèmes liés
à la rentrée scolaire.
Le porte-parole de cette
structure, Fridolin Mve Messa, n'y est pas allé
avec le dos de la cuillère pour dénoncer l'état
patraque de notre système éducatif et la
situation apocalyptique dans laquelle on la
maintient depuis les années 1990. Évoquant le
sempiternel problème de la construction des
écoles vues comme des espaces d'acquisition du
savoir, espaces de vie et de jeux. Lieu d'action
privilégiée pour lutter contre la misère morale,
l'ignorance et la pauvreté de la pensée.
Pour le secrétaire général du
Sena, l'école au lieu d'être un milieu de
formation humaine, est devenue un facteur
d'aliénation. Et pour cause. La décision prise
par le chef de l'État, à la demande du
gouvernement, d'orienter les élèves admis au
concours d'entrée en 6e, session 2007, dans les
établissements privés non reconnus d'utilité
publique prouve que l'Exécutif refuse d'adapter
les structures d'accueil du ministère de
l'Éducation nationale à l'évolution de la
démographie scolaire. Il se complaît dans un
pilotage à vue suicidaire pour le pays en termes
de rendement interne et externe du système
éducatif. Cette décision traduit la
reconnaissance tacite de ces établissements
décriés l'année d'avant. "'Ont-ils soudain
rempli tous les critères d'acceptation
exigés par le ministère de l'Education nationale
?". C'est la question qu'on a pu lire de
l'intervention de Fridolin Mve Messa qui a
indiqué que les réformes initiées par tous ceux
qui se sont succédé à la tête du ministère - le
turnover, le projet de sectorisation et
l'introduction de l'approche par les compétences
de base (APC), le plan d'urgence et la création
des pôles d'excellence - ne sont lamais allées à
leur terme. Qu'elles n'ont jamais été évaluées
et n'ont rien changé au quotidien des élèves et
des enseignants.
ÉPURATION. Comme si cela
ne suffisait pas, aujourd'hui, on assiste à la
privatisation de l'éducation, a travers, primo,
l'attitude de l'Exécutif, lequel rame à
contre-courant des engagements pris à Dakar, en
2000 pour donner aux Gabonais une éducation
publique gratuite et de qualité pour tous d'ici
2015. Deusio, le recrutement par le
gouvernement, via le ministère de l'Éducation
nationale, de 250 enseignants du secondaire en
provenance de la République Centrafricaine. Au
moment où ce pays, à travers son département de
l'Éducation nationale, procède à l'épuration
dans ses. rangs, parla radiation de plus de 3000
faux diplômés. "Ce qui est totalement
en inadéquationaveclapof6quedu président de la
République en faveur du plein-emploi des
Gabonais", a clamé Fridolin Mve Messa qui a
ajouté que cela témoigne aisément de l'absence
d'un plan de formation des enseignants dans un
pays qui regorge de structures de formation en
la matière.
Pour éviter que le système
éducatif gabonais ne soit complètement englouti
par le cloaque dans lequel il n'a cessé de
s'enfoncer depuis des années, le Sena exhorte le
président de la République, l'ensemble des
membres du gouvernement et les parlementaires à
un sursaut d'orgueil national et républicain.
Pour y arriver, il demande, primo, l'annulation
pur et simple de la décision d'orienter les
élèves admis au concours d'entrée en 6e dans les
établissements privés non reconnus d'utilité
publique et leur réorientation dans ceux pouvant
bénéficier d'extensions urgentes, en salles, sur
3 mois : Montalier, Ambaye, Diba-Diba. Grâce aux
2 milliards prévus pour la mesure et d'autres
fonds disponibles à la tutelle. Deusio,
l'annulation de la décision de recruter les 250
enseignants du secondaire en provenance de la
Centrafrique et leur remplacement par des
enseignants nationaux recrutés en urgence sur 3
mois, dans les universités et grandes écoles de
la place. Ceux-ci bénéficieraient d'une
bonification indiciaire dès leur intégration ou
engagement. Tertio, l'adoption et a mise en
place, dès janvier 2008, d'un plan d'urgence de
construction d'établissements pour arriver, à
court terme, à des effectifs de 35 à 40 élèves
par classe. Quarto, l'adoption et la mise en
place, dès janvier 2008, d'un plan d'urgence de
formation des enseignants pour mettre fin au
déficit actuel à court terme.
Le secrétaire général du Sena
exige que les points restés en suspens, lors des
négociations entre la présidence de la
République et cette centrale, soient satisfaits.
Pour le bon déroulement de l'année scolaire
2007-2008.