FAIT DIVERS
Il tue
son oncle d'un coup de calibre 12
Se fiant aux accusations d'un
"nganga"; sieur Boussougou Augustin a envoyé ad
patres son parent Jean-Pierre Nzouba à l'aide
d'un fusil de chasse volé à son patron.
LE village Kerry situé à 22
km de Lambaréné, sur la route de Fougamou, a
récemment vécu une scène digne d'un
filmd'horreur. Un des natifs de l'agglomération,
sieur Augustin Boussougou a, froidement, mis fin
aux jours de son oncle Jean-Pierre Nzouba à
l'aide d'un fusil calibre 12. L'assassin, 44
ans, atteint d'un pied-bot, aurait été poussé au
crime par les accusations d'un nganga qui
attribuait à son oncle les pratiques maléfiques
sur la personne de son neveu.
Après son forfait, le
criminel aurait menacé le reste des villageois
en promettant de réserver le même sort que celui
subi par son défunt oncle à quiconque tenterait
de le rattraper dans la brousse où il est allé
se réfugier avec son arme.
Mais, c'était sans compter
avec la bravoure et la détermination des
gendarmes basés à Lambaréné qui, à la suite de
l'ordre donné par le commandant Maud Kan chef de
la compagnie de la gendarmerie du Moyen-Ogooué,
se sont lances a la poursuite du fugitif, aidés
en par certains villageois comme guides, et lui
ont finalement mis la main au collet, à quelques
encablures du village, après une battue
systématique. L'arrestation a eu lieu au petit
matin. L'homme dormait à poings fermés. Epuisé
sans nul par une longue nuit de veille. Réveillé
en sursaut, il n'a pu esquisser le moindre geste
de défense sur le gros tronc d'arbre où il
s'était dormi, avec son fusil chargé à côté de
lui. Le "petit Mambo", comme l'ont surnommé
certains, portait également, dissimulées dans sa
culotte, deux armes blanches.
Ramené au poste de
gendarmerie, Augustin Boussougou, de coutume
mitshogo, célibataire,manoeuvre au chantier
forestier Charbonnier Didier au village Kerry
n'a pas tardé à passer aux aveux. "Depuis un
certain temps, je ne -me sentais pas bien dans
ma peau. Je suis donc allé consulter un
tradipraticien du village, sieur J1JKombé, qui
m'a assuré ,,que mon sort est entre les mains de
mes deux oncles gui m'ont fait traverser
l'arc-en-ciel et m'ont lancé un mauvais sort. Il
fallait donc laver le corps en faisant une
cérémonie rituelle avec tout ce que cela
comporte comme dépenses ,(argent, boisson, poule
blanche...)" a t-il déclaré.
Et de poursuivre "Avant de
prendre congé du nganga, il m'a aussi révélé que
l'un de mes oncles convoitait ma femme et lui
proposait de sortir avec lui parce qu'il a des
attributs plus volumineux que les miens et q'une
fois qu'elle y aurait goûté, elle
m'abandonnerait pour lui. Tout ceci m'a troublé
et après réflexion, de retour à la maison j'ai
demandé à mes oncles Antoine Ndimbirit et
Jean-Pierre Nzouba ce qu'ils pensaient des
révélations du tradipraticien. Et mon état de
santé ne s'améliorait toujours pas."
"Du temps a passé et un jour
j'ai décidé d'en finir avec eux et de me donner
après la mort. C'est ainsi que j'ai volé le
calibre 12 de mon patron avec les munitions en
son absence et j'ai foncé chez mon oncle Antoine
Ndimbirit. En me voyant arriver avec l'arme à la
main, il a pris la fuite. Voyant cela Je me suis
dirigé chez le deuxième oncle Nzouba que j'ai
abattu, car il n'a pas eu le temps de fuir comme
l'autre." a conclu l'assassin.
Convoqué et ramené à la
gendarmerie, le nganga incriminé, JB Kombé, a
reconnu avoir consulté le criminel. Il a
également reconnu avoir dit à son "patient"
qu'il a traversé la corde et l'arc-en-ciel et
que l'un de ses oncles a convoité sa femme.
Sieur Augustin Boussougou et
son complice seront présentés au parquet pour
répondre du crime odieux qui leur est reproché,
car, nul n'a le droit de mettre fin à la vie
d'un autre homme. Surtout à la suite des
accusations non fondées d'un nganga.