FORUM SUR L'INVESTISSEMENT NON
PÉTROLIER
La Cemac
ne veut plus dépendre des matières premières
Pour y parvenir, les pouvoirs
publics de la sous-région souhaitent faire
de l'investissement privé, un des moteurs de
la diversification économique
LE ministre d'Etat, ministre
de l'Economie, des Finances, Paul Toungui, a
estimé hier, lors de la cérémonie d'ouverture du
Forum sur "La diversification et la promotion
de l'investissement non pétrolier en vue d'une
croissance forte et durable dans la Cemac'",
que cet événement arrivait "à point nommé
pour tirer les enseignements du passé et
explorer les voies et moyens d'une
diversification réussie de nos économies
respectives".
La problématique de la
diversification des économies de la sous-région
étant au centre des préoccupations des pouvoirs
publics, il convenait de faire le oint sur ces
"expériences de diversification (qui) ont
connu plusieurs formes (substitution
d'importations, promotion des exportations,
opérations de privatisation, etc)". Mal ré les
avancées comme l'industrialisation de filières
telles que le bois, "dans l'ensemble, force
est de constater que beaucoup reste à faire pour
desserrer les contraintes qui entravent l'essor
de l'investissement privé", les performances
des membres de la Cemac "étant encore
fortement tributaires de quelques
matières premières" dont le pétrole brut, le
manganèse et e bois, a reconnu M. Toungui.
Cette dépendance conjuguée
aux cours sur les marchés internationaux, rend
incertain le niveau des ressources disponibles
et perturbe la polit que budgétaire de chaque
Etat. "A titre d'exemple, la situation
macroéconomique du Gabon en 2006, a fait
ressortir un net ralentissement de l'activité
économique, imputable pour l'essentiel à la
contraction de 10,5 % de la production
pétrolière", a expliqué le ministre des
Finances.
De plus, l'ascendance du
pétrole sur les autres secteurs "est
également observée au niveau des investissements
productifs"; a avancé le gouverneur de la
BEAC, Philibert Andzembe. Ainsi,
"l'investissement pétrolier a représenté 37,4 %
de l'investissement global et 49,4 % des
investissements privés de la sous-region",
a-t-il indiqué.
Et pour éviter que le Gabon
demeure tributaire des matières premières, le
chef de l'Etat, tout en souhaitant la
diversification des activités économiques,
"met tout en oeuvre pour garantir des conditions
favorables aux investissements (privés), en
s'engageant dans la promotion de la paix, la
démocratie, l'Etat de droit et bonne gouvernance
; a déclaré M. Toungui.
Bien que le FMI ait approuvé,
le 7 mai 2007, un programme économique et
financier de trois ans (2007-2010) et que le
Gabon ait obtenu, le 18 juillet dernier, du Club
de Paris (dans le cadre de la stratégie de
désendettement et de sortie du Club de Paris) un
accord de principe relatif au rachat de sa
dette, les pouvoirs publics entendent s'appuyer
sur la restructuration des entreprises
publiques, l'amélioration du cadre réglementaire
et de l'environnement du secteur financier, la
promotion et le développement de la microfinance.
Le gouverneur de la BEAC a
affirmé que la diversification touche aussi la
sphère financière, "champ d'application de la
poli6quemonétairede la Banque centrale commune-.
Pour cette raison, la BEAC a initié la
modernisation du système financier. Elle a
accompagné l'élaboration par la COBAC, d'une
réglementation prudente et adaptée à l'activité
de la micro-finance, instruit le projet
d'émission des titres publics, engagé la réforme
des systèmes et moyens de paiement et mis en
place, la Bourse régionale des valeurs
mobilières.