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Le quotidien l'Union du 02 Octobre 2007

 

RENTRÉE JUDICIAIRE

Pour une justice plus performante et plus juste

Face aux critiques pour le moins récurrentes dont elle est l'objet, la hiérarchie judiciaire s'est livrée hier à un exercice d'explication dont on retiendra pour l'essentiel que plusieurs récriminations formulées contre l'institution résulteraient de l'ignorance

LE prétoire de la Cour d'assises de Libreville a été, une fois de plus, le théâtre de la cérémonie solennelle de rentrée judiciaire 2007-2008 à laquelle ont pris part les plus hautes autorités de l'Etat en tête desquelles le président de la République et président du Conseil supérieur de la magistrature, Omar Bongo Ondimba.

La rentrée judiciaire de cette année n'a pas dérobé à la tradition qui veut du un thème susceptible d'éclairer l'opinion publique soit développe à l'occasion de cette rentrée solennelle. C'est le commissaire général à la loi près du Conseil d'Etat, Hilarion Nkoulou, qui a planché sur le thème retenu cette année: "l'opinion publique et la justice".

Sujet de grande importance, sans aucun doute, si l'on s'en tient au fait que de plus en plus de voix de justiciables s'élèvent pour dénoncer, très souvent à raison, un certain nombre de maux, pour le moins récurrents, qui minent le système judiciaire. La liste qu'en a établie le commissaire général à la loi près le Conseil d'Etat est loin d'être exhaustive. Il cite néanmoins : "La complexité du système judiciaire, la lenteur, l'allégeance aux politiques, l'imprévisibilité des décisions, l'affairisme ..."

C'est au regard de tous ces maux et de ''bien d'autres encore", tant décriés que l'opinion publique a, semble-t-il, fini par vouer aux gémonies ceux-là même qui ont la charge de nous juger. Ainsi de la complexité du système judiciaire, caractérisée par la profusion des lois, ordonnances, décrets et autres arrêtés, qui aux yeux de l'opinion publique constituent un maquis impénétrable, un labyrinthe indéchiffrable. Pour le citoyen en tout cas, la loi n'est pas suffisamment claire, lisible, compréhensible pour tous. Ce manque de clarté laisse perplexes bien de justiciables qui doutent même du caractère indépendant de la justice. En plus du fait qu'ils la soupçonnent d'être instrumentalisée par les politiques, etc.

ECLAIRCISSEMENTS• Sinon comment expliquer, s'interrogent les citoyens, qu'une procédure en référé puisse durer un an, ou qu'une détention préventive en matière correctionnelle se prolonge plus d'un an? Autant d'interrogations qui font que certains citoyens hésitent à recourir à la justice, parce que pour eux l'issue d'un procès leur paraît d'autant plus aléatoire, qu'ils ont le sentiment que les causes sont jugées d'avance.

Pour le commissaire général, "la justice serait complexe en raison de ses nombreux compartiments. Une situation qui procède du bon sens au regard des diverses matières que les juges sont appelés à examiner''. Tout en déclinant les différents ordres de l'appareil judiciaire, - à savoir l'ordre constitutionnel qu'incarne la Cour constitutionnelle, l'ordre administratif attribué au Conseil d'Etat, l'ordre judiciaire qui examine les affaires de droit commun représenté au sommet par la Cour de cassation et l'ordre financier relevant quant à lui de la Cour des comptes – Hilarion Nkoulou a fait part aux uns et aux autres de ce que l'allégeance des juges au pouvoir politique relève à bien des égards, d'une simple vue de l'esprit". Citant la loi fondamentale, le haut magistrat a tenu à faire savoir que les juges dans l'exercice de leurs fonctions sont soumis à l'autorité de la loi. Expliquant l'influence des politiques, ou mieux leur intrusion du seul fait qu'étant pour la plupart des élus, ils entendent souvent intervenir dans les procès pour défendre leurs électeurs en mauvaise posture, soit en vue de sauvegarder leurs multiples intérêts dans les affaires pendantes devant les juges. Mais pour le haut magistrat, en dépit de cela, la justice ne s'en laisse pas conter. Comme en témoignent les nombreuses condamnations prononcées suite aux turpitudes des hommes politiques.

RESPECT DES PRINCIPES• Manifestement, le premier président du Conseil d'Etat, Martin Akendengué a la même approche. Lui qui considère que de nombreux griefs formulés à l'encontre de la justice résultent essentiellement de l'ignorance réelle des citoyens des mécanismes qui sous-tendent le fonctionnement de la justice. Et pour fixer définitivement l'opinion, il a fait savoir que si le juge dit quel est le droit applicable, il ne lui échoit pas à titre principal de définir les choix majeurs de la société qui incombent par leur nature même au législateur, pour ne pas dire au Parlement et dans une moindre mesure au gouvernement.

Martin Akendengué a du reste rappelé à ses collègues magistrats que les missions de service public assignées à la justice impliquent que celle-ci respecte certains principes : l'égalité de tous les citoyens devant l'institution, la continuité, le droit d'accès de tous à la justice, de façon à parvenir à "une justice plus performante et plus juste." Ce qui n'est pas toujours le cas.

Source : Journal L'Union Plus du 02/10/2007

 

 



   

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