ASECNA/ MÉDIATION DU GABON
POUR LE RETOUR DU SÉNÉGAL
Le
Sénégal suspend son retrait après médiation du
chef de l'Etat
Le 15 novembre dernier, le
Sénégal annoncait officiellement après celui
de Madagascar, son retrait de l'Agence
pour la sécurité de la navigation aérienne en
Afrique et à Madagascar (Asecna). Une décision
qui a suscité un vif émoi au sein de l'Agence.
La réaction de certains pays, notamment le Gabon
qui assure la présidence du Comité des ministres
de tutelle de l'Agence et la France, a amené le
Sénégal à reconsidérer sa décision.
SELON le porte-parole de la
présidence de la République sénégalaise, les
médiations "amicales" du Gabon notamment celle
du président Omar Bong Ondimba, et de la France
(seul membre non-africain de l'Asecna) ont
contribué à la décision du président Abdoulaye
Wade de suspendre le retrait de son pays, un des
membres fondateurs de l'Asecna en 1959.
En effet, en ouvrant la
séance du Conseil des ministres, le chef de l'Etat
sénégalais, a abordé les problèmes de l'Asecna
en affirmant qu'il a été très sensible aux
demandes qui lui ont été adressées par le Gabon,
le président de l'Union économique et monétaire
ouest-africaine (Uemoa) et la France, pour que
le Sénégal reste dans l'ASecna et recherche avec
ses partenaires, des solutions internes aux
problèmes qu'il a soulevés notamment les
insuffisances dans la gestion que dénoncent les
autorités sénégalaises. En matière de gestion
financière, une grande partie des redevances
perçues par les 17 pays africains membres (avec
Madagascar et la France) est versé à l'Asecna
qui les répartit ensuite à ses membres. Et c'est
certainement parce que le Sénégal n'y trouve pas
son compte que le président Wade, en acceptant
de réintégrer la famille, a alors ordonné à son
ministre des transports terrestres et aériens,
M. Farba Senghor de solliciter un audit
international indépendant de l'Asecna, sur une
période aussi longue que possible afin de
déterminer entre autres, l'apport de chaque Etat
membre aux ressources de l'organisation, par la
gestion de son aéroport et de son espace dans
les Firs océaniques et terrestres, les
conditions d'une gestion transparente mettant en
évidence la contribution de chaque pays à
l'intérieur de sa Fir et parallèlement, les
dépenses dont il a bénéficié, etc.
COORDINATION • Toutefois,
selon des sources proches de l'Asecna, le retour
au bercail du Sénégal doit être considéré comme
définitif parce que la sécurité en navigation
aérienne nécessite une coordination qui ne peut
se faire qu'au sein d'un organisme comme l'Asecna
et conformément aux recommandations de l'OACI.
Partant, l'Asecna première concernée par la
mesure de retrait du Sénégal, a réuni à Dakar
(siège de l'Agence), les 21 et 22 novembre et
sur convocation du président du Conseil
d'administration, en session extraordinaire pour
examiner principalement, les décisions notifiées
par Madagascar et le Sénégal de dénoncer la
Convention de Dakar portant création de l'Asecna
et les principes fondateurs de l'Agence,
notamment la gestion coopérative de l'espace
aérien et l'esprit de solidarité qui doivent
prévaloir par-dessus tout, afin de préserver
l'instrument unique et reconnu d'intégration
aéronautique et de coopération Sud-Sud et
Nord-Sud (la France membre de l'UE) que
représente l'Asecna au service de la sécurité du
ciel africain. Par conséquent, le Conseil a
marqué sa confiance en l'Agence tout en
demandant à la direction générale de prendre en
compte les préoccupations des Etats membres et
d'y apporter des réponses appropriées. En sus,
le Conseil a fait appel à la sagesse et à
l'implication des ministres de tutelle, des
chefs d'Etat, en particulier du président El
Hadj Omar Bongo Ondimba, président en exercice
de I'Asecna pour éviter le départ définitif du
Sénégal et de Madagascar. Fort heureusement le
président Omar Bongo Ondimba a mis à
contribution toute sa sagesse pour convaincre
son homologue et frère Abdoulaye Wade qui a
compris le bien-fondé de cette démarche
salutaire pour les intérêts de l'Afrique et a
fini par suspendre le retrait de son pays de
l'Agence.
La prochaine étape de cette
démarche diplomatique sera Madagascar. Par
ailleurs, le Conseil s'est félicité de
l'initiative du Gabon, de réunir à Libreville,
le 14 décembre prochain, le comité des ministres
de tutelle en session extraordinaire, en vue
d'examiner la situation liée aux décisions des
deux Etats membres, de dénoncer la convention de
Dakar.