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Le quotidien l'Union du 26 Novembre 2007

 

ASECNA/ MÉDIATION DU GABON POUR LE RETOUR DU SÉNÉGAL

Le Sénégal suspend son retrait après médiation du chef de l'Etat

Le 15 novembre dernier, le Sénégal annoncait officiellement après celui de Madagascar, son retrait de l'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna). Une décision qui a suscité un vif émoi au sein de l'Agence. La réaction de certains pays, notamment le Gabon qui assure la présidence du Comité des ministres de tutelle de l'Agence et la France, a amené le Sénégal à reconsidérer sa décision.

SELON le porte-parole de la présidence de la République sénégalaise, les médiations "amicales" du Gabon notamment celle du président Omar Bong Ondimba, et de la France (seul membre non-africain de l'Asecna) ont contribué à la décision du président Abdoulaye Wade de suspendre le retrait de son pays, un des membres fondateurs de l'Asecna en 1959.

En effet, en ouvrant la séance du Conseil des ministres, le chef de l'Etat sénégalais, a abordé les problèmes de l'Asecna en affirmant qu'il a été très sensible aux demandes qui lui ont été adressées par le Gabon, le président de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et la France, pour que le Sénégal reste dans l'ASecna et recherche avec ses partenaires, des solutions internes aux problèmes qu'il a soulevés notamment les insuffisances dans la gestion que dénoncent les autorités sénégalaises. En matière de gestion financière, une grande partie des redevances perçues par les 17 pays africains membres (avec Madagascar et la France) est versé à l'Asecna qui les répartit ensuite à ses membres. Et c'est certainement parce que le Sénégal n'y trouve pas son compte que le président Wade, en acceptant de réintégrer la famille, a alors ordonné à son ministre des transports terrestres et aériens, M. Farba Senghor de solliciter un audit international indépendant de l'Asecna, sur une période aussi longue que possible afin de déterminer entre autres, l'apport de chaque Etat membre aux ressources de l'organisation, par la gestion de son aéroport et de son espace dans les Firs océaniques et terrestres, les conditions d'une gestion transparente mettant en évidence la contribution de chaque pays à l'intérieur de sa Fir et parallèlement, les dépenses dont il a bénéficié, etc.

COORDINATION • Toutefois, selon des sources proches de l'Asecna, le retour au bercail du Sénégal doit être considéré comme définitif parce que la sécurité en navigation aérienne nécessite une coordination qui ne peut se faire qu'au sein d'un organisme comme l'Asecna et conformément aux recommandations de l'OACI. Partant, l'Asecna première concernée par la mesure de retrait du Sénégal, a réuni à Dakar (siège de l'Agence), les 21 et 22 novembre et sur convocation du président du Conseil d'administration, en session extraordinaire pour examiner principalement, les décisions notifiées par Madagascar et le Sénégal de dénoncer la Convention de Dakar portant création de l'Asecna et les principes fondateurs de l'Agence, notamment la gestion coopérative de l'espace aérien et l'esprit de solidarité qui doivent prévaloir par-dessus tout, afin de préserver l'instrument unique et reconnu d'intégration aéronautique et de coopération Sud-Sud et Nord-Sud (la France membre de l'UE) que représente l'Asecna au service de la sécurité du ciel africain. Par conséquent, le Conseil a marqué sa confiance en l'Agence tout en demandant à la direction générale de prendre en compte les préoccupations des Etats membres et d'y apporter des réponses appropriées. En sus, le Conseil a fait appel à la sagesse et à l'implication des ministres de tutelle, des chefs d'Etat, en particulier du président El Hadj Omar Bongo Ondimba, président en exercice de I'Asecna pour éviter le départ définitif du Sénégal et de Madagascar. Fort heureusement le président Omar Bongo Ondimba a mis à contribution toute sa sagesse pour convaincre son homologue et frère Abdoulaye Wade qui a compris le bien-fondé de cette démarche salutaire pour les intérêts de l'Afrique et a fini par suspendre le retrait de son pays de l'Agence.

La prochaine étape de cette démarche diplomatique sera Madagascar. Par ailleurs, le Conseil s'est félicité de l'initiative du Gabon, de réunir à Libreville, le 14 décembre prochain, le comité des ministres de tutelle en session extraordinaire, en vue d'examiner la situation liée aux décisions des deux Etats membres, de dénoncer la convention de Dakar.

Source : Journal L'Union Plus du 26/11/2007

 

 



   

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