Pour moi quoi...
Mes chers et nombreux frères
Makaya piétons, je ne suis pas ingénieur des
ponts et chaussées, ni urbaniste. Mais
d'après ce que m â appris le neveu du cousin du
frère de la tante de ma "bonamie", c'est-à-dire
mon propre "mougoye", qui, lui, en connaît un
bon bout sur la question, la route n'est pas
constituée de la seule chaussée. On compte aussi
les trottoirs, les accotements et (quand il y en
a) les caniveaux.
Ce que je ne comprends pas
dans notre Gabon des m'as-tu-vu-quand
je-me-fâche-là, c'est cette tendance qu'ont les
pseudo-patrons qui viennent nous serrer dans les
petits quartiers semi-bourgeois - on se demande
d'ailleurs pourquoi ils ne sont pas installés à
la Sablière comme les autres - cette tendance,
disais-je, qu'ils ont à tout ramener à eux. Et à
penser que le trottoir qui passe devant leur
barrière et leur portail, c'est le leur. Au
point qu'aucun piéton ne doit passer par là, et
encore moins un automobiliste y garer sa
voiture. Et, si j'ose dire, pour définitivement
couper l'herbe sous les pieds des passants, ils
se donnent la liberté d'y planter de la pelouse,
des fleurs, des arbustes, et pourquoi pas des
arbres.
Conséquence: les piétons sont
obligés de marcher sur la chaussée.
C'est à croire que le
trottoir ne relève plus du domaine public, mais
de leur domaine privé. C'est à croire que
les bornes que les pauvres agents du cadastre
implantent aux quatre coins des parcelles pour
préciser les limites des uns et des autres,
c'est du pipeau.
L'autre jour, j'ai assisté à
une scène qui m'a laissé perplexe. Pour réaliser
des constructions dans des matitis, une
dame avait déversé du sable sur le trottoir
dans un de ces quartiers semi-intégrés là.
Quelle n'a pas été sa surprise de voir le
propriétaire de la maison dans la barrière,
utiliser ce sable pour les travaux personnels.
Explication : "C'est à l'extérieur de mon
mur, sur mon trottoir, que vous avez
versé votre sable" !
Mes chers frères Makaya,
c'est comme ça que les problèmes commencent:
... Makaya