GABON-CLUB DE PARIS
Paiement anticipé de la dette
gabonaise
L'Assemblée nationale soutient l'opération
Au cours d'une séance plénière
tenue dernièrement au palais Léon Mba, Guy
Nzouba Ndama et les siens ont adopté un texte de
loi dans ce sens. Celui-ci y avait été présenté
et défendu quelques jours plus tôt par le
ministre d'État en charge des Finances, Paul
Toungui.
LE Gabon maintient toujours
intacte sa volonté de payer par anticipation sa
dette au niveau du Club de Paris. Dernièrement
encore, après le Conseil des ministres qui a
adopté deux projets de lois dans ce sens, les
députés lui ont emboîté le pas. Au cours d'une
séance plénière tenue au palais Léon Mba, Guy
Nzouba Ndama et ses collègues ont adopté les
textes de loi autorisant le gouvernement à
contracter deux emprunts obligataires.
Respectivement sur le marché des capitaux de la
zone Cémac (100 milliards de F CFA) et sur le
marché international des capitaux (1 milliard de
dollars US).
La séance plénière des élus
est intervenue quelques jours après l'audition
du ministre d'Etat en charge de l'Economie, des
Finances, du Budget et de la Privatisation, Paul
Toungui par les élus membres de la Commission
des Finances, du Budget et de la Comptabilité
publique. À cette occasion, le patron des
Finances avait, dans son propos liminaire,
indiqué que le gouvernement poursuit depuis
plusieurs années une politique « ferme et
déterminée» d'assainissement de gestion plus
performante des finances publiques. Et de
nombreuses mesures ont été pries afin
d'améliorer la soutenabilité de la dette
publique. Il en est de même dé la mise en place
du "Club de Libreville" . Lequel a permis
une « gestion partagée, transparente et efficiente
de la dette publique interne ».
Dans cette perspective, le
gouvernement a déposé une requête de rachat
anticipé de sa dette auprès du Club de Paris
moyennant une décote de 33%. «Cette démarche,
a expliqué M. Toungui, permettra à notre
pays de mettre un frein aux rééchelonnement
incessants et à terme d'alléger ainsi le poids
de la dette de l'Etat aggravé par de multiples
rééchelonnements».
Le ministre d'État a par
ailleurs précisé que le Club de Paris a accepté
le principe du rachat anticipé, mais à hauteur
de 15%, suite à l'implication personnelle du
chef de l'État, Omar Bongo Ondimba, et de son
intervention auprès des autorités françaises et
certains membres dudit Club. La France a accordé
une annulation supplémentaire de 5% à travers le
mécanisme de "conversion annulation".
Paul Toungui a relevé que les
pays membres du Club de Pans ayant accepté de
participer à l'opération qui représente 86% de
l'encours dé la dette de l'État. Ce qui équivaut
à une somme de 1 milliard cinq cent millions de
dollars US que notre pays doit mobiliser pour
éteindre l'encours considéré.
« Par conséquent, a
souligné l'hôte des députés, l'État gabonais
devrait financer partiellement cette opération
sur fonds propres pourpres de30bmillions de
dollars US, et pour une autre partie en
recourant à un emprunt obligataire sur le marché
international des capitaux pour un
montant de 1 milliard dollars US d'une part, et
sur le marché des capitaux de la zone Cémac pour
un montant de deux cent millions de dollars US
d'autre part. ».
Au cours du débat qui a
suivi, les préoccupations des députés ont tourné
entre autres autour du choix du traitement de la
dette des créanciers membres du Club de Paris et
non celle du Club de Londres, l'importance
accrue de la dette multilatérale de l'État, etc.
INSUFFISANCES. Dans ses
réponses, le ministre d'État a fait remarquer
que la dette du Gabon auprès des créanciers
membres du Club de Paris découle des propres
insuffisances gabonaises dont la conséquence a
toujours été les multiples rééchelonnements de
celle-ci auprès dudit Club. Il a ensuite
mentionné que les engagements de l'État
vis-à-vis du Club de Paris courent jusqu'en
2019.
Voilà pourquoi, pour éviter
les rééchelonnements répétitifs ayant pour
conséquence l'alourdissement de la dette de
l'État, le gouvernement a sollicité un rachat
anticipé pour 33%. Dans cette démarche, la
France, pour des raisons politiques, a accepté
d'accompagner l'opération moyennant une décote
de 20%, après un consensus fait autour d'une
décote de 15% pour l'ensemble des créanciers.
Quant aux 5% restants, la Fiancé a estimé qu'ils
serviraient à la reconversion pour la protection
de l'environnement dans le secteur forestier.
S'agissant de la dette
contractée auprès du Club de Londres, Paul
Toungui a dit que celle-ci était complètement
épongée. Et en ce qui concerne la dette
multilatérale, il a rappelé son importance, Elle
permet à l'État de réaliser les infrastructures
de développement. « Depuis 2004, a ajouté
le patron des Finances, le Gabon bénéficie de
conditions acceptables de prêt ».
Au terme de l'examen du
texte, l'Assemblée nationale a donc autorisé le
gouvernement à réaliser cette opération
salutaire, en ce sens qu'elle permettra au Gabon
d'aérer son budget.
Rappelons que dernièrement,
en marge de l'assemblée annuelle du Fonds
monétaire international (FMI) à Washington DC,
le ministre d'État Toungui avait déjà eu des
séances de travail avec certains groupes de
Banque dans la perspective de ces emprunts
obligataires. Notamment Citibank et JPMorgan.