REPRÉSENTATION NATIONALE
Le
nombre des sénateurs passe de 91 à 102
La proposition de loi a été
adoptée il y a quelques jours par l'Assemblée
nationale qui y a souscrit aux arguments émis
par son président Guy Nzouba Ndama, justifiant
celle-ci pour prendre en compte les deux
départements nouvellement créés et les capitales
provinciales existantes sous-représentées.
LE nombre des sénateurs est
porté à 102 contre 91 actuellement à la suite de
l'adoption par l'Assemblée nationale d'une
proposition de loi tendant à l'article 2 de la
loi organique relative à l'élection des députes,
des la fin des mandats en cours prévus en
février 2009.
Cette augmentation des
membres de la Chambre haute du Parlement
gabonais qui existe depuis dix ans aujourd'hui,
se justifie, selon le président de la chambre
des députés Guy Nzouba Ndama, qui a détendu la
proposition de loi devant ses collègues de la
Commission des Lois, des Affaires
administratives et des Droits de l'Homme, par le
souci de prendre en compte les deux départements
nouvellement créés (Cap Estérias et Ndzomoe)
dans l'Estuaire, ainsi que les capitales
provinciales existantes et qui étaient
sous-représentées au sein de cette institution
parlementaire. Une opportunité, a-t-il dit, de
pourvoir toutes les communes d'un siège au
Sénat.
Loin d'être linéaire ou
formelle, a assuré Guy Nzouba Ndama, celle-ci
trouve sa justification fondamentale avec la
décentralisation mise en oeuvre tardivement et
encore incomplète, en réponse aux préoccupations
exprimées par les députés. Pour lui, cet
accroissement de l'effectif du Sénat apparaît
manifestement indispensable pour renforcer son
efficacité et sa capacité contributive au
travail parlementaire, tout en préservant
équilibre institutionnel du pays. Le rôle dévolu
à cette institution par la Constitution est le
vote de la loi, le consentement de l'impôt et le
contrôle de l'action gouvernementale. Elle s'est
depuis lors bien acquittée de celui-ci, tout en
jouant un rôle de pondération, de modération
dans le jeu institutionnel gabonais.
Depuis l'avènement de la
Chambre des sénateurs qui assure
constitutionnellement la représentation des
Collectivités, à travers celles-ci, le Gabon
dans sa diversité géographique, l'idée de
l'augmentation des élus n'avait cessé d'être
énoncée à plusieurs niveaux du corps politique
national. Nombreux sont ceux qui estimaient, ces
derniers temps, que la démocratie de proximité
et son pendant, la décentralisation, n'étaient
pas totalement effectives tant que plusieurs
circonscriptions territoriales se trouvaient en
marge de cette instance. Il faut reconnaître
qu'à travers la décentralisation, l'objectif
était d'assurer un trait d'union entre le
pouvoir central et les communes, départements et
villages, en vue d'une meilleure prise en compte
des réalités quotidiennes. Le Sénat y joue un
rôle déterminant. Déjà, bien avant son
avènement, le président Omar Bongo Ondimba,
inspirateur de la réforme constitutionnelle
ayant abouti à la création du Sénat, a toujours
milité pour une meilleure représentation de
toutes les composantes de la communauté
nationale.
QUESTION FINANCIERE• Si
le débat autour de l'intérêt de cette chambre du
Parlement n'est guère plus d'actualité d'autant
que ceux des acteurs politiques gabonais qui s'y
opposaient farouchement se sont résous à
admettre son rôle, son importance, et que les
sénateurs eux-mêmes, par leur riche expérience
en ont fait la démonstration, la modification
intervenue dans la loi sur les élections des
sénateurs s'inscrit dans la droite li ne de la
vision qui est celle du président de la
République. Pour autant, au-delà des raisons
techniques et politiques invoquées pour
justifier cette évolution conséquente du nombre
des sénateurs, on note qu'en dépit de la
pertinence des interrogations des députés durant
l'audition lundi 29 octobre 2007 au palais Léon
Mba du président Guy Nzouba Ndama, la question
du coût financier qu'entraînerait cette
augmentation n'a guère été évoquée à la lecture
du rapport des travaux de la Commission des Lois
soumis à l'approbation de la dernière plénière.
Est-ce un oubli ou une volonté délibérée de
cacher au peuple gabonais ce qui peut paraître
comme un sujet fâcheux ? Comme qui dirait:
"l'argent n'aime pas le bruit".
Au demeurant, l'on cerne bien
depuis l'initiative une forte agitation dans
plusieurs localités et circonscriptions dans la
perspective du renouvellement des assemblées
municipales et départementales, les uns et
autres postulants tentant de se positionner sur
les listes. La présence au sein des Conseils
étant un passage obligé pour accéder au siège de
sénateur au terme d'un scrutin indirect. Dans
tous les cas, il reste aux sénateurs d'examiner
et d'adopter la proposition de loi.