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Le quotidien l'Union du 22 Novembre 2007

 

REPRÉSENTATION NATIONALE

Le nombre des sénateurs passe de 91 à 102

La proposition de loi a été adoptée il y a quelques jours par l'Assemblée nationale qui y a souscrit aux arguments émis par son président Guy Nzouba Ndama, justifiant celle-ci pour prendre en compte les deux départements nouvellement créés et les capitales provinciales existantes sous-représentées.

LE nombre des sénateurs est porté à 102 contre 91 actuellement à la suite de l'adoption par l'Assemblée nationale d'une proposition de loi tendant à l'article 2 de la loi organique relative à l'élection des députes, des la fin des mandats en cours prévus en février 2009.

Cette augmentation des membres de la Chambre haute du Parlement gabonais qui existe depuis dix ans aujourd'hui, se justifie, selon le président de la chambre des députés Guy Nzouba Ndama, qui a détendu la proposition de loi devant ses collègues de la Commission des Lois, des Affaires administratives et des Droits de l'Homme, par le souci de prendre en compte les deux départements nouvellement créés (Cap Estérias et Ndzomoe) dans l'Estuaire, ainsi que les capitales provinciales existantes et qui étaient sous-représentées au sein de cette institution parlementaire. Une opportunité, a-t-il dit, de pourvoir toutes les communes d'un siège au Sénat.

Loin d'être linéaire ou formelle, a assuré Guy Nzouba Ndama, celle-ci trouve sa justification fondamentale avec la décentralisation mise en oeuvre tardivement et encore incomplète, en réponse aux préoccupations exprimées par les députés. Pour lui, cet accroissement de l'effectif du Sénat apparaît manifestement indispensable pour renforcer son efficacité et sa capacité contributive au travail parlementaire, tout en préservant équilibre institutionnel du pays. Le rôle dévolu à cette institution par la Constitution est le vote de la loi, le consentement de l'impôt et le contrôle de l'action gouvernementale. Elle s'est depuis lors bien acquittée de celui-ci, tout en jouant un rôle de pondération, de modération dans le jeu institutionnel gabonais.

Depuis l'avènement de la Chambre des sénateurs qui assure constitutionnellement la représentation des Collectivités, à travers celles-ci, le Gabon dans sa diversité géographique, l'idée de l'augmentation des élus n'avait cessé d'être énoncée à plusieurs niveaux du corps politique national. Nombreux sont ceux qui estimaient, ces derniers temps, que la démocratie de proximité et son pendant, la décentralisation, n'étaient pas totalement effectives tant que plusieurs circonscriptions territoriales se trouvaient en marge de cette instance. Il faut reconnaître qu'à travers la décentralisation, l'objectif était d'assurer un trait d'union entre le pouvoir central et les communes, départements et villages, en vue d'une meilleure prise en compte des réalités quotidiennes. Le Sénat y joue un rôle déterminant. Déjà, bien avant son avènement, le président Omar Bongo Ondimba, inspirateur de la réforme constitutionnelle ayant abouti à la création du Sénat, a toujours milité pour une meilleure représentation de toutes les composantes de la communauté nationale.

QUESTION FINANCIERE• Si le débat autour de l'intérêt de cette chambre du Parlement n'est guère plus d'actualité d'autant que ceux des acteurs politiques gabonais qui s'y opposaient farouchement se sont résous à admettre son rôle, son importance, et que les sénateurs eux-mêmes, par leur riche expérience en ont fait la démonstration, la modification intervenue dans la loi sur les élections des sénateurs s'inscrit dans la droite li ne de la vision qui est celle du président de la République. Pour autant, au-delà des raisons techniques et politiques invoquées pour justifier cette évolution conséquente du nombre des sénateurs, on note qu'en dépit de la pertinence des interrogations des députés durant l'audition lundi 29 octobre 2007 au palais Léon Mba du président Guy Nzouba Ndama, la question du coût financier qu'entraînerait cette augmentation n'a guère été évoquée à la lecture du rapport des travaux de la Commission des Lois soumis à l'approbation de la dernière plénière. Est-ce un oubli ou une volonté délibérée de cacher au peuple gabonais ce qui peut paraître comme un sujet fâcheux ? Comme qui dirait: "l'argent n'aime pas le bruit".

Au demeurant, l'on cerne bien depuis l'initiative une forte agitation dans plusieurs localités et circonscriptions dans la perspective du renouvellement des assemblées municipales et départementales, les uns et autres postulants tentant de se positionner sur les listes. La présence au sein des Conseils étant un passage obligé pour accéder au siège de sénateur au terme d'un scrutin indirect. Dans tous les cas, il reste aux sénateurs d'examiner et d'adopter la proposition de loi.

Source : Journal L'Union Plus du 22/11/2007

 

 



   

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