CHOSES VUES
Les
gendarmes oubliés de la brigade de Setrag
Les agents en service dans
cette entité vivent et travaillent dans des
conditions exécrables.
IL est des situations qui,
au-delà des mots pour les exprimer, restent
inimaginables. Les conditions dans lesquelles
vivent et travaillent les agents de la brigade
de la gendarmerie de la Société d'exploitation
du Transgabonais (Setrag), à Akournam, dépassent
l'entendement. Tout est à revoir ou presque. La
première chose qui retient le visiteur de
passage dans le quartier est d'abord l'état du
bâtiment abritant les bureaux des quelque quinze
agents en service dans cette brigade de
gendarmerie.
En réalité, la bâtisse
ressemble plus à un grabat qu'à un espace de
travail. Les murs, détruits dernièrement par
l'orage, ont été montés à aide de planches de
contreplaqués. Aucune couche de peinture n'est
venue améliorer le décor. A l'intérieur du
bureau, la situation n'est guère reluisante. La
toiture est si usée qu'elle laisse suinter de
l'eau. A chaque averse, les gendarmes en service
à la brigade de Setrag ont les pieds dans l'eau.
Pour contourner la difficulté, les intéressés
sont contraints de placer des récipients au sol
pour recueillir les gouttes qui suintent afin
qu'elles n'y forment pas des nappes.
Pour tout dire, les
différents bureaux de la brigade de gendarmerie
de Setrag sont dépourvues de toutes commodités.
Les climatiseurs y sont aussi rares que des
merles blancs. Pour faire face aux vagues de
chaleur fui sévissent ces dernières années dans
le pays, les gendarmes ont recours aux
ventilateurs, très souvent achetés sur fonds
propres. Le comble est que ces machines ne
durent pas, en raison de leur surexploitation ou
de leur mauvaise qualité. Lorsqu'elles tombent
en panne, les agents font contre mauvaise
fortune bon coeur.
Au plus fort des vagues de
chaleur, il n'est pas rare de voir ces
fonctionnaires travailler presque torse nu,
faute d'un système d'aération ou de
climatisation. Les jours passent et leurs
conditions de travail ne s'améliorent guère.
Dans un corps militaire où le droit de réserve
est de mise, les agents de la brigade de Setrag
n'ont pas autres choix que de se murer dans un
grand silence, lequel est plus bruyant que mille
discours. Dans une large mesure, ils prennent la
vie telle qu'elle se présente sans espoir de
changement.
A y regarder de près, c'est
avec un moral déjà écorché qu'ils arrivent
chaque matin à leurs postes de travail. Car,
leurs logements sont à l'image d'abris de
fortune, souvent implantés dans les campements
de pêche. Dans des habitations construites en
contreplaqués, ils côtoient le
sous-développement et la misère. Pour se
garantir un minimum d'intimité, d'aucuns ont été
contraints de compartimenter, à l'aide des
planches, les maisons qu'ils partagent.
Pourtant, les murs non épais laissent échapper
tous les bruits venant des différentes pièces.