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Le quotidien l'Union du 21 Novembre 2007

 

CHOSES VUES

Les gendarmes oubliés de la brigade de Setrag

Les agents en service dans cette entité vivent et travaillent dans des conditions exécrables.

IL est des situations qui, au-delà des mots pour les exprimer, restent inimaginables. Les conditions dans lesquelles vivent et travaillent les agents de la brigade de la gendarmerie de la Société d'exploitation du Transgabonais (Setrag), à Akournam, dépassent l'entendement. Tout est à revoir ou presque. La première chose qui retient le visiteur de passage dans le quartier est d'abord l'état du bâtiment abritant les bureaux des quelque quinze agents en service dans cette brigade de gendarmerie.

En réalité, la bâtisse ressemble plus à un grabat qu'à un espace de travail. Les murs, détruits dernièrement par l'orage, ont été montés à aide de planches de contreplaqués. Aucune couche de peinture n'est venue améliorer le décor. A l'intérieur du bureau, la situation n'est guère reluisante. La toiture est si usée qu'elle laisse suinter de l'eau. A chaque averse, les gendarmes en service à la brigade de Setrag ont les pieds dans l'eau. Pour contourner la difficulté, les intéressés sont contraints de placer des récipients au sol pour recueillir les gouttes qui suintent afin qu'elles n'y forment pas des nappes.

Pour tout dire, les différents bureaux de la brigade de gendarmerie de Setrag sont dépourvues de toutes commodités. Les climatiseurs y sont aussi rares que des merles blancs. Pour faire face aux vagues de chaleur fui sévissent ces dernières années dans le pays, les gendarmes ont recours aux ventilateurs, très souvent achetés sur fonds propres. Le comble est que ces machines ne durent pas, en raison de leur surexploitation ou de leur mauvaise qualité. Lorsqu'elles tombent en panne, les agents font contre mauvaise fortune bon coeur.

Au plus fort des vagues de chaleur, il n'est pas rare de voir ces fonctionnaires travailler presque torse nu, faute d'un système d'aération ou de climatisation. Les jours passent et leurs conditions de travail ne s'améliorent guère. Dans un corps militaire où le droit de réserve est de mise, les agents de la brigade de Setrag n'ont pas autres choix que de se murer dans un grand silence, lequel est plus bruyant que mille discours. Dans une large mesure, ils prennent la vie telle qu'elle se présente sans espoir de changement.

A y regarder de près, c'est avec un moral déjà écorché qu'ils arrivent chaque matin à leurs postes de travail. Car, leurs logements sont à l'image d'abris de fortune, souvent implantés dans les campements de pêche. Dans des habitations construites en contreplaqués, ils côtoient le sous-développement et la misère. Pour se garantir un minimum d'intimité, d'aucuns ont été contraints de compartimenter, à l'aide des planches, les maisons qu'ils partagent. Pourtant, les murs non épais laissent échapper tous les bruits venant des différentes pièces.

Source : Journal L'Union Plus du 21/11/2007

 

 



   

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