SANTÉ
Le
calvaire de Sarah : erreur médicale ou
négligence parentale ?
Agée de 15 ans aujourd'hui,
cette jeune compatriote se retrouve paralysée,
au lendemain d'une intervention chirurgicale
effectuée il y a 8 ans à la Fondation Jeanne
Ebori. Aujourd'hui, ses parents réclament
réparation du préjudice.
SARAH Ester Ondo Manfoula,
une jeune compatriote de 15 ans, est aujourd'hui
paralysée, alors qu'A y a 8 ans, elle marchait
sur ses deux pieds. Cette paralysie est survenue
au lendemain d'une intervention chirurgicale
effectuée à la Fondation Jeanne Ebori par le Pr
Paul-Marie Louembet, neurochirurgien, alors que
peu avant cette opération, "le docteur Jean
Koumba au service duquel avait été admise la
fillette était rassurant", a précisé la mère
de la fillette, Mme Ondo née Aminata Brigitte
Ndjomba, au cours d'une conférence de presse
samedi dernier.
En effet, a raconté cette
dernière, "Sarah avait 7 ans lorsqu'elle
avait été amenée chez les médecins, parce que
traînant légèrement son pied gauche'".
Devant la probabilité d'une opération, les
parents avaient proposé au médecin une
évacuation sanitaire dans un pays mieux équipé.
En réponse, le docteur Koumba, spécialisé dans
la rééducation, aurait suggéré plutôt que
l'intervention se déroule sur place, et qu"'à
l'issue de l'opération, l'enfant restera
allongée pour permettre à l'os déboîté de se
raffermir et que trois mois après, l'enfant
retrouvera son état normal". Ce que les
parents auraient accepté.
Mais, contrairement aux
assurances du médecin, l'enfant ne se relèvera
pas. Ce qui a contraint le Dr Koumba à confier à
sa famille que "votre enfant sera paralysée à
vie".
Toute chose qui amène les
parents aujourd'hui à se poser les questions
suivantes : "à l'époque, le Pr Louembe
était-il qualifié pour intervenir dans ce genre
de pathologie de neurochirurgie infantile. Les
médecins ont-ils tenu conseil pour un échange de
points de vues entre praticiens, puisqu'ils
affirment aujourd'hui que c'était un cas
désespéré? A-t-il prescrit un corset ou une
ceinture pour maintenir droit le buste de
l'enfant, avant ou après l'opération?...".
A toutes ces questions, la
réponse des parents reste négative. Et la mère
de poursuivre: "des mois et des années sont
passés. Malgré toutes nos réclamations visant à
prendre connaissance du dossier médical de
l'enfant, le Dr Koumba entretient le doute, de
faux espoirs et le quiproquo, alors que dans le
même temps, huit ans durant, l'état de santé de
Sarah se dégrade. Elle est paralysée sur un
tricycle et souffre d'une incontinence des
selles et d'urines".
Dans l'optique d'une
évacuation de l'enfant vers l'étranger, il a été
ordonné à la CNSS, poursuit la mère, de
communiquer le dossier médical aux parents par
injonction du tribunal de première instance de
Libreville. Les parents qui ne comprennent pas
ce qui est arrivé à leur enfant ont demandé à la
CNSS et à ses deux médecins de prendre toutes
leurs responsabilités, afin de faciliter la vie
de leur fille dans les meilleurs délais.
Toutefois, ils ont
interpellent le vice-Premier ministre chargé des
Droits de l'Homme et la ministre d'Etat en
charge de la Santé publique, pour que la
négligence soit désormais éradiquée du milieu
médical gabonais.
Ils ont également interpellé
l'Ordre des médecins et le procureur de la
République pour que des sanctions disciplinaires
et pénales soient prises à l'encontre des deux
médecins et tous ceux qui exposent, chaque jour,
des milliers de Gabonais aux multiples dangers
de la négligence et de l'erreur médicales.