ASSEMBLÉE NATIONALE
L'ordonnance extirpée de la biométrie ratifiée
par les députés
Le texte modifiant certaines
dispositions de la loi électorale au terme de la
concertation politique, sera envoyé au Sénat.
LES députés ont adopté, hier
lundi 19 novembre 2007 dans l'après-midi en
séance plénière au palais Léon Mba, l'ordonnance
portant modification de certaines dispositions
de la loi sur les élections politiques dans
notre pays soumise à ratification. D'autres
textes, notamment, la loi organique relative à
l'élection des sénateurs, l'ordonnance portant
création et délimitation des périmètres urbains
des communes du Cap Estérias et de Ndzomoé,
ainsi que deux projets de loi autorisant l'Etat
gabonais à contracter des emprunts obligatoires
sur le marché des capitaux de la zone Cémac et
sur le marché international des capitaux, ont
également été approuvés.
L'ordonnance sur les
élections politiques débattu d'abord au sein de
la commission des Lois, des Affaires
administratives et des Droits de l'Homme avant
la plénière, a été pris à la suite de la
concertation de la classe politique nationale
qui a eu lieu du 24 au 31 juillet 2007 autour du
président Omar Bongo Ondimba. Il portait des
réaménagements sur les articles 37 et 48 pour
permettre à l'administration de procéder à la
révision des listes électorales par le biais de
la biométrie. Ainsi que sur les articles 161,
57, 124 et 127 liés à l'organisation des
services de la Commission électorale nationale
autonome et permanente (CENAP), et ses missions,
à la durée du traitement du contentieux
électoral et à la reprise du scrutin en cas
d'annulation.
DEBAT HOULEUX Ce nouveau
dispositif juridique pris pendant la période
d'intersession parlementaire, comportait des
dispositions transitoires rendant inopérantes
pour cette année 2007, les dispositions de
l'article 44 de loi 07/96 du 12 mars 1996
consacrée à la révision de la liste électorale
de 21 jours. Alors que pour le ministre d'Etat,
ministre de l'Intérieur, André Mba Obame, qui a
défendu le texte au nom du gouvernement devant
les députés, cette révision de 21 jours ne peut
être faite en année électorale que si la
révision ordinaire a, elle-même, eu lieu au
cours du 1er semestre de l'année. Ce qui n'a pas
été le cas en raison de l'attente de la tenue du
dialogue politique.
Un long et houleux débat a
été ouvert entre le ministre d'Etat André Mba
Obame et les députés. Il a porté sur de
nombreuses préoccupations exprimées par les
membres de ladite commission, notamment, la non
prise en compte du passeport parmi les documents
requis pour l'inscription sur les listes
électorales, la reprise de l'établissement de la
carte nationale d'identité, la révision des
listes électorales 2007, la réduction des délais
de révision l'utilisation de la biométrie,
l'absence d'une loi devant garantir les libertés
des citoyens et la protection des données
biométriques.
Pour autant que les réponses
apportées par l'hôte des députes ont été
convaincantes et permis d'édifier les uns et les
autres sur les modalités de mise en oeuvre de la
biométrie dont le principe avait été admis lors
de la concertation majorité-opposition réunies
sous l'égide du président de la République, en
vue de parfaire l'outil électoral et de garantir
la transparence, l'examen au fond de
l'ordonnance a débouché sur des conclusions.
Lesquelles ont été approuvées par la plénière au
cours de laquelle de députés responsables de
partis politiques pourtant très engagés dans le
débat sur la biométrie durant les discussions de
la classe politique ont, à nouveau, brillé par
leur absence.
Effectivement, l'article 48
au centre de la controverse sur les éléments de
biométrie (empreinte digitale et photo) inscrits
dans la première mouture, a été extirpé des
mentions photo et empreintes digitales contenues
à l'avant-dernier alinéa de cette disposition.
Ce qui confirme bien leur rejet par la
Représentation nationale, qui y a maintenu les
autres mesures et apporté des changements dans
d'autres sur. des aspects relatifs aux modalités
d'inscription sur la liste électorale d'une
circonscription, ou d'une section.
Les prétentions des députés
de l'opposition, principalement, Zacharie Myboto
et Jules Aristide Ogouliguendé n'ont pas été
prises en compte. Ces deux élus, leaders
respectifs de l'Union gabonaise de la démocratie
et le développement (UGDD) et du Congrès pour la
démocratie et la justice (CDJ) ont donc émis de
fortes réserves lors des débats en commission
sur la non prise en compte dans leur totalité
des résolutions issues de la dernière
concertation politique, la présence de la photo
dans les documents à fournir lors de la
constitution du dossier de candidature à toutes
les élections.
BLOCAGE. La plénière a
donc adopté l'Ordonnance conformément à
l'orientation prise durant les débats en
commission. Le tour revient dorénavant aux
sénateurs de .plancher sur ce texte, dont la
ratification est très attendue pour la poursuite
du processus et l'organisation des opérations
électorales. Laquelle est bloquée par
l'opposition gabonaise qui n'a toujours pas
désigné ses représentants au sein de la Cénap, à
cause du refus de la majorité de maintenir la
biométrie en raison des motifs invoqués durant
les débats. Une attitude qui, à deux mois de
l'échéance butoir du 15 janvier 2008, renforce
bien le sentiment répandu dans plusieurs milieux
et états-majors politiques que les opposants
oeuvrent pour le report du renouvellement des
assemblées municipales et départementales. Et
font de la surenchère pour amener l'Exécutif à
rouvrir avec eux de nouvelles discussions sur
les élections et leur corollaire.