EDUCATION
Les
étudiants gabonais au Mali broient du noir
Leur bourse a subi de
sérieuses coupes, au motif que le Gabon ne paie
pas les commissions à la banque. Faute
d'assurance, ils doivent eux-mêmes prendre en
charge des soins de santé coûteux. Leur
scolarité n'ayant pas été payée, depuis trois
ans, ils n'ont pas accès aux résultats de
cette fin d'année. Les diplômes sont
confisqués.
AGACES par leurs conditions
de vie, les étudiants gabonais au Mali menacent
de descendre dans la rue pour se faire entendre,
étant donne que les nombreux appels de détresse
qu'ils ont lancés demeurent sans suite. Le
mécontentement est monté d'un cran à cause du
prélèvement de la somme de 100 000 francs sur la
bourse de chaque étudiant par la banque où ils
perçoivent leurs allocations, au motif que les
commissions n'ont pas été payées depuis le
Gabon.
"Cette situation a fragilisé
le plus grand nombre, car beaucoup ne vivent que
de cette aide'; font savoir 83 étudiants,
dans une pétition. Le fait est d'autant lus
curieux qu'il existe une paierie à ambassade du
Gabon en Côte d'Ivoire, dont la juridiction
couvre aussi le Mali et le Burkina Faso.
A quoi sert-elle ? 'les
étudiants gabonais du Mali, du Burkina Faso et
du Niger ne sont malheureusement pas gérés
financièrement en dépit de l'existence d'une
paierie, mais directement à partir des services
financiers compétents depuis Libreville";
signale l'ambassadeur, Henri Bekalle-Akwé.
A Libreville, la Direction
générale des bourses et stages (DGBS) dit ne F
as être informée, dans la mesure où e paiement
des allocations d'études ne relève pas de ses
compétences. Pour la même raison, elle ignore
l'autre mobile de la colère des étudiants: le
non paiement, depuis trois ans, des frais dé
scolarité de ceux qui sont inscrits à la faculté
des sciences juridiques, politiques et
économiques de Bamako.
Au regard des factures
établies le 10 octobre 2007 par l'agent
comptable de l'établissement, le montant total
s'élève à 5 millions de francs. S'y ajoute une
petite dette à la scolarité de la faculté des
sciences et techniques de la capitale malienne,
où les frais d'écolage non pas été payés
intégralement.
A cause de ces arriérés, nos
jeunes compatriotes, parmi lesquels on relève
des sujets brillants, n'ont pas accès à leurs
résultats de fin d'année. Plus grave, ceux qui
ont terminé la formation se voient refuser la
délivrance des diplômes.
MAIGRES MOYENS. Si la
DGBS ne se sent pas concernée par le paiement de
la bourse et des fais de scolarité, elle a, par
contre, du mal à expliquer le refus de
l'allocation d'études aux Gabonais du Mali, au
départ non boursiers, mais qui accumulent les
succès. Sur ce plan, les plaintes n'émanent pas
seulement de Bamako.
Elles fusent partout, des
grandes villes africaines et occidentales. Les
Bourses et stages s'emploieront certainement à
réparer les préjudices au cours des prochaines
commissions.
Avec leurs maigres moyens,
les étudiants doivent, faute d assurances,
prendre eux-mêmes en charge des soins de santé
coûteux dans une région exposée à diverses
maladies. Sans oublier la bouffe et la piaule,
dont le montant augmente parfois quand le
commerçant ou le bailleur s'aperçoit qu'il a
affaire à un ressortissant de « l'Emirat »
d'Afrique centrale.
Certains enfants doivent leur
survie à la bienveillante épouse malienne d'une
personnalité gabonaise. Mais il arrivera un jour
où "Maman Hawa" ne pourra plus s'occuper du beau
monde qui transite par son domicile.
Les étudiants affirment avoir
adressé des correspondances à l'ambassadeur pour
que leurs conditions de vie soient améliorées.
"Toute doléance collective ou individuelle a
toujours automatiquement transmise à ma
hiérarchie, car je suis un administratif avant
tout'" rétorque M. Bekalle-Akwé.
Où le bât blesse-t-il alors ?
Les supérieurs hiérarchiques de
l'ambassadeur se livreraient-ils à la rétention
de l'information, alors que des compatriotes
souffrent hors des frontières ?
Soit! Mais l'ambassadeur
doit-il en référer à la hiérarchie pour proroger
les passeports des compatriotes dans sa
Juridiction ?
Si les étudiants gabonais au
Mali ne sont pas descendus dans la rue jusque-là
c'est par égard pour les plus
hautes autorités du pays.
"Mais notre patience a des limites",
ajoutent-ils, toutefois.