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Le quotidien l'Union du 16 Novembre 2007

 

EDUCATION

Les étudiants gabonais au Mali broient du noir

Leur bourse a subi de sérieuses coupes, au motif que le Gabon ne paie pas les commissions à la banque. Faute d'assurance, ils doivent eux-mêmes prendre en charge des soins de santé coûteux. Leur scolarité n'ayant pas été payée, depuis trois ans, ils n'ont pas accès aux résultats de cette fin d'année. Les diplômes sont confisqués.

AGACES par leurs conditions de vie, les étudiants gabonais au Mali menacent de descendre dans la rue pour se faire entendre, étant donne que les nombreux appels de détresse qu'ils ont lancés demeurent sans suite. Le mécontentement est monté d'un cran à cause du prélèvement de la somme de 100 000 francs sur la bourse de chaque étudiant par la banque où ils perçoivent leurs allocations, au motif que les commissions n'ont pas été payées depuis le Gabon.

"Cette situation a fragilisé le plus grand nombre, car beaucoup ne vivent que de cette aide'; font savoir 83 étudiants, dans une pétition. Le fait est d'autant lus curieux qu'il existe une paierie à ambassade du Gabon en Côte d'Ivoire, dont la juridiction couvre aussi le Mali et le Burkina Faso.

A quoi sert-elle ? 'les étudiants gabonais du Mali, du Burkina Faso et du Niger ne sont malheureusement pas gérés financièrement en dépit de l'existence d'une paierie, mais directement à partir des services financiers compétents depuis Libreville"; signale l'ambassadeur, Henri Bekalle-Akwé.

A Libreville, la Direction générale des bourses et stages (DGBS) dit ne F as être informée, dans la mesure où e paiement des allocations d'études ne relève pas de ses compétences. Pour la même raison, elle ignore l'autre mobile de la colère des étudiants: le non paiement, depuis trois ans, des frais dé scolarité de ceux qui sont inscrits à la faculté des sciences juridiques, politiques et économiques de Bamako.

Au regard des factures établies le 10 octobre 2007 par l'agent comptable de l'établissement, le montant total s'élève à 5 millions de francs. S'y ajoute une petite dette à la scolarité de la faculté des sciences et techniques de la capitale malienne, où les frais d'écolage non pas été payés intégralement.

A cause de ces arriérés, nos jeunes compatriotes, parmi lesquels on relève des sujets brillants, n'ont pas accès à leurs résultats de fin d'année. Plus grave, ceux qui ont terminé la formation se voient refuser la délivrance des diplômes.

MAIGRES MOYENS. Si la DGBS ne se sent pas concernée par le paiement de la bourse et des fais de scolarité, elle a, par contre, du mal à expliquer le refus de l'allocation d'études aux Gabonais du Mali, au départ non boursiers, mais qui accumulent les succès. Sur ce plan, les plaintes n'émanent pas seulement de Bamako.

Elles fusent partout, des grandes villes africaines et occidentales. Les Bourses et stages s'emploieront certainement à réparer les préjudices au cours des prochaines commissions.

Avec leurs maigres moyens, les étudiants doivent, faute d assurances, prendre eux-mêmes en charge des soins de santé coûteux dans une région exposée à diverses maladies. Sans oublier la bouffe et la piaule, dont le montant augmente parfois quand le commerçant ou le bailleur s'aperçoit qu'il a affaire à un ressortissant de « l'Emirat » d'Afrique centrale.

Certains enfants doivent leur survie à la bienveillante épouse malienne d'une personnalité gabonaise. Mais il arrivera un jour où "Maman Hawa" ne pourra plus s'occuper du beau monde qui transite par son domicile.

Les étudiants affirment avoir adressé des correspondances à l'ambassadeur pour que leurs conditions de vie soient améliorées. "Toute doléance collective ou individuelle a toujours automatiquement transmise à ma hiérarchie, car je suis un administratif avant tout'" rétorque M. Bekalle-Akwé.

Où le bât blesse-t-il alors ? Les supérieurs hiérarchiques de l'ambassadeur se livreraient-ils à la rétention de l'information, alors que des compatriotes souffrent hors des frontières ?

Soit! Mais l'ambassadeur doit-il en référer à la hiérarchie pour proroger les passeports des compatriotes dans sa Juridiction ?

Si les étudiants gabonais au Mali ne sont pas descendus dans la rue jusque-là c'est par égard pour les plus

hautes autorités du pays. "Mais notre patience a des limites", ajoutent-ils, toutefois.

Source : Journal L'Union Plus du 16/11/2007

 

 



   

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