FRONT SOCIAL
Menace
de grève à la mairie de Libreville
Le non aboutissement du
dossier CNSS/Mairie de Libreville sur les
prestations sociales dont la pension de retraite
auxquels n'ont pas droit les agents municipaux
constitue la principale revendication.
EN cette fin d'année, le
climat social s'assombrit à nouveau à la mairie
de Libreville, avec la menace brandie jeudi
dernier par le collectif des syndicats des
agents municipaux, d'observer une grève
d'avertissement de 3 jours, le mois prochain.
Motif : le non aboutissement du dossier de la
Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
En effet, réunis pour la
première fois en assemblée général conjointe
jeudi dernier, les=t national des fonctionnaires
territoriaux (Synafonte), Syndicat national de
la fonction publique locale (Syna-FPL), l'Action
pour le renouveau municipal (Arm) auxquels s'est
]ointe une tendance du Syndicat des
municipalités gabonaises. (Solidarité, en proie
actuellement une crise interne de leadership)
ont décidé d'entrer en grève dès le 3 décembre
2007 si aucune solution n'est apportée à leur
principale revendication : l'aboutissement du
dossier de la CNSS auquel est assujettie la
prise en compte des. agents municipaux par la
sécurité sociale en matière de pensions de
retraite et d'autres prestations familiales
comme la layette.
A cet effet, les responsables
des quatre organisations syndicaIes sus-citées,
à savoir Léon Mebiame Evoung (Synafonte), Bruno
Fiocca Soungue (Syna-FPL), Olui Nzue Memine (Arm)
et Fabien Ndong Nguema (Solidarité) devraient
déposer un préavis de grève ce jeudi 15 novembre
2007. Lors de l'assemblée générale, ils ont
longuement expliqué les raisons de ce nouvel
accès de colère par le mépris affiché par le
patronat. vis-à-vis de leurs préoccupations.
Notamment celle relative aux prestations
sociales, principalement la pension de retraite
auxquels les agents municipaux n'ont pas droit,
alors qu'ils payent régulièrement leurs
cotisations à la CNSS.
A en croire les syndicats, le
problème viendrait de la mairie de Libreville
qui ne paie pas sa part patronale qui est de
l'ordre de 20,1 %. Seuls les 2,5%o issus des
cotisations des agents sont reversés à la
Sécurité sociale. D'où le refus de la CNSS
d'assurer ces prestations. Conséquence : les
agents municipaux retraités meurent sans
percevoir leur pension de retraite. Ceux qui
restent en vie vivent dans une précarité
désespérante.
A noter que la dette de la
mairie vis-à-vis de la CNSS se chiffrait en juin
dernier à plus de 9 milliards 407 millions de
frs. En décembre prochain, elle s'élèvera à 10
milliards de frs cfa, prédisent les partenaires
sociaux.
Pourtant, lors des
concertations antérieures, un plan d'apuration
progressive de cette dette avait été élaboré. La
mairie de Libreville et ses partenaires sociaux
avait signé, sous la férule de l'ancien édile
André-Dieudonné Berre, un protocole d'accord
dans lequel il était question d'augmenter le
budget de l'institution municipale, de 14 à 15,6
milliards de frs cfa. Soit un rajout de 1,6
milliard de frs à solliciter auprès de l'Etat.
Cette décision, approuvée par
le Conseil municipal, n'avait pas; cependant,
été entérinée par les ministères de tutelle
(Intérieur et Finances), qui fixent les plafonds
budgétaires des collectivités locales. Le budget
2007 de la mairie de Libreville n'ayant pas pris
en compte ce protocole d'accord.
Se sentant floués, les agents
municipaux, conscients qu'il est de leur devoir
de "sauver notre avenir et celui de nos
enfants"; ont décidé de se faire entendre
des pouvoirs publics, afin de trouver une
solution idoine à ce problème.
La grève d'avertissement
annoncée pour le 3 décembre prochain s'inscrit
donc dans cette logique. A moins que la période
couvrant le préavis de grève soit mise à profit
par les deux parties pour ramener la sérénité au
sein de l'institution municipale qui, selon ses
agents, sont "l'Acte de naissance et l'Acte
de décès" de la cité.