SUSPENSION DE LA CARTE
NATIONALE D'IDENTITE / REACTION DE L'UGDD
L'Union Gabonaise pour la
Démocratie et le Développement (UGDD) marque son
étonnement et son indignation sur les décisions
du dernier conseil des ministres relative à la
carte nationale d'identité. Le conseil estime en
effet que pour se conformer aux dispositions
constitutionnelles, il suspend la carte
nationale d'identité sous sa forme numérisée et
recourt à l'ancienne méthode pour la délivrance
des nouvelles cartes. Toutefois, il affirme la
validité, à titre transitoire, des cartes
d'identités numérisées en cours d'utilisation.
L'UGDD relève les
contradictions flagrantes d'une telle
construction. Elle considère que la suspension
de la carte nationale d'identité aurait dû avoir
pour conséquence de priver d'effets celles qui
sont déjà établies comme contraires aux
principes constitutionnels que le gouvernement
prétend respecter pour mieux en affirmer
l'irrégularité. Si la carte numérisée est
contraire aux libertés individuelles, ses
détenteurs actuels peuvent craindre pour
eux-mêmes la violation de tel droit tant les
éléments illégalement prélevés et fichés sur
supports informatiques peuvent être utilisés
sans se préoccuper des limitations prévues par
la constitution.
Quant au retour aux méthodes
anciennes, il est rétrograde, difficile à mettre
en oeuvre et inadapté aux préoccupations
supposées du gouvernement. Les textes en cause
sont abrogés et commandent la confection de
nouveaux textes qui reprendraient les
dispositions anciennes. Or, celles-ci faisaient
déjà une large place à la photo et aux
empreintes digitales qui motivent les reculs du
gouvernement. Ainsi, l'article 4 alinéa 2 de
l'arrêté n°00141/PR/MF/MJ du 12 août 1978
prévoyant que « le gendarme relèvera les
empreintes digitales ainsi que les autres
éléments anthropométriques tandis que le
photographe fera poser les personnes à
identifier » et l'article 7 du même texte
qui dispose notamment que l'un des exemplaires
de la fiche anthropométrique établie est «
transmis au commandant en chef des forces de
police nationale (service central d'identification)
». Par ailleurs, les techniques photographiques
ayant évolué, les photos des cartes seraient
établies par des appareils numériques.
L'UGDD insiste sur ce que
l'intégration des éléments de la biométrie dans
la loi électorale crédibiliserait la liste
électorale en l'expurgeant des inscriptions
multiples et, en conséquence du taux
d'abstention factice qui en est le corollaire.
Cela réduirait la fraude dont les manifestations
sont chaque jour de plus en plus flagrantes et
inadmissibles.
L'UGDD affirme que, selon la
Constitution , utiliser cet outil moderne de
travail n'est pas conditionné à l'existence
d'une loi sur l'usage de l'informatique. Elle
prévoit simplement que c'est la loi qui en fixe
les limites. Ainsi, si le gouvernement en
reconnaît l'utilité, il devrait se préoccuper
d'en concevoir le cadre comme l'y invite le
texte fondamental depuis 1991.
L'UGDD assure le peuple
gabonais de sa détermination, avec l'ensemble
des forces du changement, à n'épargner aucun
effort en vue de l'alternance par la voie
démocratique.