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Le quotidien l'Union du 13 Novembre 2007

 

SUSPENSION DE LA CARTE NATIONALE D'IDENTITE / REACTION DE L'UGDD

L'Union Gabonaise pour la Démocratie et le Développement (UGDD) marque son étonnement et son indignation sur les décisions du dernier conseil des ministres relative à la carte nationale d'identité. Le conseil estime en effet que pour se conformer aux dispositions constitutionnelles, il suspend la carte nationale d'identité sous sa forme numérisée et recourt à l'ancienne méthode pour la délivrance des nouvelles cartes. Toutefois, il affirme la validité, à titre transitoire, des cartes d'identités numérisées en cours d'utilisation.

L'UGDD relève les contradictions flagrantes d'une telle construction. Elle considère que la suspension de la carte nationale d'identité aurait dû avoir pour conséquence de priver d'effets celles qui sont déjà établies comme contraires aux principes constitutionnels que le gouvernement prétend respecter pour mieux en affirmer l'irrégularité. Si la carte numérisée est contraire aux libertés individuelles, ses détenteurs actuels peuvent craindre pour eux-mêmes la violation de tel droit tant les éléments illégalement prélevés et fichés sur supports informatiques peuvent être utilisés sans se préoccuper des limitations prévues par la constitution.

Quant au retour aux méthodes anciennes, il est rétrograde, difficile à mettre en oeuvre et inadapté aux préoccupations supposées du gouvernement. Les textes en cause sont abrogés et commandent la confection de nouveaux textes qui reprendraient les dispositions anciennes. Or, celles-ci faisaient déjà une large place à la photo et aux empreintes digitales qui motivent les reculs du gouvernement. Ainsi, l'article 4 alinéa 2 de l'arrêté n°00141/PR/MF/MJ du 12 août 1978 prévoyant que « le gendarme relèvera les empreintes digitales ainsi que les autres éléments anthropométriques tandis que le photographe fera poser les personnes à identifier » et l'article 7 du même texte qui dispose notamment que l'un des exemplaires de la fiche anthropométrique établie est « transmis au commandant en chef des forces de police nationale (service central d'identification) ». Par ailleurs, les techniques photographiques ayant évolué, les photos des cartes seraient établies par des appareils numériques.

L'UGDD insiste sur ce que l'intégration des éléments de la biométrie dans la loi électorale crédibiliserait la liste électorale en l'expurgeant des inscriptions multiples et, en conséquence du taux d'abstention factice qui en est le corollaire. Cela réduirait la fraude dont les manifestations sont chaque jour de plus en plus flagrantes et inadmissibles.

L'UGDD affirme que, selon la Constitution , utiliser cet outil moderne de travail n'est pas conditionné à l'existence d'une loi sur l'usage de l'informatique. Elle prévoit simplement que c'est la loi qui en fixe les limites. Ainsi, si le gouvernement en reconnaît l'utilité, il devrait se préoccuper d'en concevoir le cadre comme l'y invite le texte fondamental depuis 1991.

L'UGDD assure le peuple gabonais de sa détermination, avec l'ensemble des forces du changement, à n'épargner aucun effort en vue de l'alternance par la voie démocratique.

Source : Journal L'Union Plus du 13/11/2007

 

 



   

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